Le bon­heur des uns fait le mal­heur des autres

LA MUL­TI­TUDE DE TER­RAINS DE SOC­CER RE­POUSSE LE BA­SE­BALL DANS L’OMBRE

L'Informateur - - SPORTS - > Thierry Bour­deau

Au­tant les as­so­cia­tions de soc­cer ont la main heu­reuse, au­tant la plu­part as­so­cia­tions de ba­se­ball peinent à te­nir leur na­vire à flot. Oui, l’ab­sence du ba­se­ball ma­jeur est l’une des prin­ci­pales causes, mais le chan­ge­ment de vo­ca­tion de cer­tains parcs en est une autre.

Plu­sieurs ter­rains de balle ont dis­pa­ru de­puis quelques an­nées au pro­fit du soc­cer. On n’a qu’à pen­ser aux parcs Saint-Jean­Bap­tiste (à Pointe-aux-Trembles), SaintLaurent ( à Mon­tréal- Nord), Hé­bert ( à Saint-Léo­nard), Théo­dore et De la Bruère (dans Mer­cier—Ho­che­la­ga-Mai­son­neuve), ain­si que Mon­tréal- Est ( an­cien­ne­ment nom­mé parc Ken­ne­dy).

« C’est dur de cons­truire un ter­rain de soc­cer sans rem­pla­cer un ter­rain de ba­se­ball, car nous n’avons pas beau­coup d’es­paces verts à Mon­tréal-Nord », sou­tient Ma­rie-Pier Bou­tin, char­gée des com­mu­ni­ca­tions dans l’ar­ron­dis­se­ment.

Avec tous ces en­droits mo­di­fiés, la pro­mo­tion du ba­se­ball ver­sus celle du soc­cer res­semble au duel entre Da­vid et Go­liath.

« C’est tou­jours dé­ce­vant de voir des ter­rains de ba­se­ball dis­pa­raître et ce qui me pré­oc­cupe, c’est que je ne pense pas que nous al­lons en bâ­tir pro­chai­ne­ment, es­time Ro­bert Brous­seau, di­rec­teur des opé­ra­tions pour Ba­se­ball Qué­bec. Il y a des ter­rains dans l’est de Mon­tréal qui sont pi­toyables. Au moins, les mettre à ni­veau, ce se­rait dé­jà ça de fait. »

TOUT N’EST PAS PER­DU

Mal­gré la pous­sée ful­gu­rante du soc­cer, Ba­se­ball Qué­bec a en­re­gis­tré une lé­gère hausse des ins­crip­tions l’an der­nier, prin­ci­pa­le­ment chez les joueurs âgés de 9 ans et moins (3,3 %). Or, Mon­tréal a connu une baisse de 4 % en 2009 et il reste en­core beau­coup de che­min à par­cou­rir pour que ce sport re­trouve ses lettres de no­blesse dans la mé­tro­pole.

À cet ef­fet, cer­tains ar­ron­dis­se­ments, dont RDP— PAT, ne laissent pas leurs ins­tal­la­tions à la dé­rive.

« Nous avons re­fait les ter­rains des parcs Clé­men­tine et Da­niel- John­son au com­plet. Le parc Alexis-Car­rel aus­si. Nous avons même amé­na­gé un mi­ni ter­rain au parc Marc- Au­rèle- For­tin pour les tout­pe­tits », men­tionne Pierre Hu­bert, chef de sec­tion dans l’amé­na­ge­ment des parcs.

À Mon­tréal- Nord, le ter­rain du parc Sau­vé a éga­le­ment su­bi une cure de ra­jeu­nis­se­ment com­plète, il y a trois étés.

SUIVRE LA MODE

Ro­bert Brous­seau a in­di­qué au jour­nal que le ba­se­ball pour­rait éga­le­ment suivre la « ten­dance syn­thé­tique » au cours des pro­chaines an­nées. « Il faut par­tir une mode syn­thé­tique, dit-il. Dès qu’une ville va le faire, il pour­rait y avoir un en­chaî­ne­ment. »

Ce der­nier a pré­ci­sé que le stade de ba­se­ball de Trois-Ri­vières se­ra do­té d’un ter­rain syn­thé­tique à comp­ter de 2010. Mais est-il pos­sible de four­nir cette ins­tal­la­tion pour le ba­se­ball mi­neur de la ré­gion?

« Dans l’Est, je suis convain­cu que ça va ar­ri­ver à un mo­ment don­né. Il faut juste mettre ça dans la tête de Syl­vain Mar­tin (pré­sident de Ba­se­ball PAT) », a af­fir­mé M. Brous­seau, pince-sans-rire.

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