Mois­son Mon­tréal a faim

L'Informateur - - ACTUALITÉS - > Guillaume Pi­card

La crise éco­no­mique fait mal à Mois­son Mon­tréal qui constate une hausse si­gni­fi­ca­tive de la de­mande au sein des 211 or­ga­nismes mon­tréa­lais qu’elle des­sert, alors que du même coup, les dons alimentaires des en­tre­prises ont chu­té de 20 % au cours des 10 der­niers mois.

De plus, l’or­ga­nisme qui souf­flait 25 bou­gies cette an­née fait face à un manque à ga­gner de 300 000 $ par rap­port à la si­tua­tion fi­nan­cière qui pré­va­lait un an plus tôt. Ce­la com­plique d’au­tant l’opé­ra­tion vi­sant la confec­tion de 35 000 re­pas de Noël qui se­ront ache­mi­nés aux or­ga­ni­sa­tions ser­vant un re­pas chaud à leur clien­tèle dé­fa­vo­ri­sée, en dé­cembre.

À l’oc­ca­sion des fêtes, Mois­son Mon­tréal achète ex­cep­tion­nel­le­ment des den­rées, ce qui l’obli­ge­ra à faire des mi­racles d’ici le 24 dé­cembre. Elle confec­tion­ne­ra aus­si 15 000 pa­niers de Noël – 3000 de plus qu’en 2008 –, et conti­nue­ra, en dé­cembre, comme à chaque mois, à nour­rir quelque 115 000 Mon­tréa­lais.

DE PLUS EN PLUS DE TRA­VAILLEURS ONT BE­SOIN D’AIDE

Les tra­vailleurs oc­cu­pant un em­ploi pré­caire, à temps par­tiel ou mal ré­mu­né­ré, comptent de plus en plus sur l’aide ali­men­taire pour joindre les deux bouts. À elle seule, cette tranche de la clien­tèle a bon­di de 78 % en 2009 et compte main­te­nant pour en­vi­ron 10 à 15 % de tous les bé­né­fi- ciaires des banques alimentaires et autres or­ga­ni­sa­tions vouées à mettre du pain et du beurre sur la table.

« Plus de 3000 per­sonnes ont joint les rangs des per­sonnes ayant be­soin des groupes com­mu­nau­taires pour man­ger, confie Jo­hanne Thé­roux, di­rec­trice gé­né­rale de Mois­son Mon­tréal. C’est beau­coup de monde et on sait que ce n’est que la pointe de l’ice­berg, car il y a des gens qui se re­tiennent et sont gê­nés de ve­nir frap­per à notre porte. À l’ap­proche de Noël, on voit des de­mandes tar­dives pro­ve­nant d’in­di­vi­dus ou de fa­milles qui n’ont pas l’ha­bi­tude de faire ap­pel à de l’aide et qui sont mal à l’aise. Plu­sieurs sonnent l’alarme à la der­nière mi­nute quand ils ne voient plus d’al­ter­na­tive. C’est pour­quoi nous de­meu­re­rons ou­verts jus­qu’au 23 dé­cembre. »

TOUT DON EST LE BIEN­VE­NU

Mois­son Mon­tréal a be­soin non seu­le­ment des dons des en­tre­prises qui ont res­ser­ré leur pro­duc­tion et ré­duit leurs in­ven­taires, mais aus­si de l’ap­port des par­ti­cu­liers.

« Nous in­vi­tons les gens à contri­buer aux dif­fé­rentes col­lectes qui sont or­ga­ni­sées un peu par­tout, ain­si qu’à la Grande Gui­gno­lée des mé­dias du 10 dé­cembre. Ils peuvent aus­si or­ga­ni­ser des col­lectes dans leur mi­lieu de tra­vail, une bouée de sau­ve­tage pour nous, car c’est très ef­fi­cace. Nous leur de­man­dons de ve­nir por­ter les den­rées re­cueillies à nos ins­tal­la­tions sur Côte-de-Liesse, in­dique Mme Thé­roux.

Suite sur www.lin­for­ma­teurrdp.com

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.