Fa­ci­li­ter l’ac­cès au mar­ché du tra­vail aux im­mi­grants

L'Informateur - - ACTUALITÉS - > Guillaume Pi­card

D’ un cô­té, les en­tre­prises de l’Est peinent à re­cru­ter de la main-d’oeuvre qua­li­fiée et, de l’autre, des im­mi­grants ex­pé­ri­men­tés, de plus en plus nom­breux à cher­cher du bou­lot, n’ar­rivent pas à in­té­grer le mar­ché du tra­vail au mé­rite de leurs com­pé­tences.

Cette pro­blé­ma­tique re­vient constam­ment sur le ta­pis. C’est pour­quoi trois or­ga­nismes de l’Est, la Chambre de com­merce et d’in­dus­trie de l’Est de l’île de Mon­tréal (CCIEIM), la Cor­po­ra­tion de re­lance éco­no­mique et com­mu­nau­taire de SaintLéo­nard (CREC) et le Centre de re­cherche d’em­ploi de l’Est (CREE) unissent leurs ef­forts pour faire le pont entre cher­cheurs et don­neurs d’em­plois. Ils viennent de lan­cer le pro­jet « Le ré­seau­tage et l’ac­com­pa­gne­ment: un pas vers l’em­ploi », fi­nan­cé dans le cadre de Dé­fi Mon­tréal, une ini­tia­tive du mi­nis­tère de l’Im­mi­gra­tion et des Com­mu­nau­tés cultu­relles, en col­la­bo­ra­tion avec Em­ploi-Qué­bec et la Confé­rence ré­gio­nale des élus de Mon­tréal.

Par l’éta­blis­se­ment de pas­se­relles entre les em­ployeurs de l’Est et les or­ga­nismes re­con­nus en dé­ve­lop­pe­ment et en in­té­gra­tion de la main-d’oeuvre, on veut pour­voir les postes va­cants et per­mettre aux im­mi­grants de trou­ver l’em­ploi qui leur per­met­tra de se réa­li­ser et de de­ve­nir des ci­toyens à part en­tière de leur so­cié­té d’ac­cueil. C’est une so­lu­tion ga­gnant-ga­gnant, croit Jo­sée Bi­nette, pré­si­den­te­di­rec­trice gé­né­rale de Ré­vo­lu­tion San­té, une PME qui vient de voir le jour et qui a éta­bli ses pé­nates à Saint-Léo­nard.

« Tout le monde y gagne. Ça nous a per­mis de trou­ver une em­ployée qua­li­fiée pro­ve­nant de la Côte-d’Ivoire, tan­dis que dif­fé­rents pro­grammes d’Em­ploi-Qué­bec vi­sant l’in­té­gra­tion fi­nancent la moi­tié du sa­laire pen­dant six mois et nous donnent 3600 $ pour la mise à ni­veau et 1500 $ pour la for­ma­tion en en­tre­prise. C’est bon car le but, c’est que cette em­ployée qui est ap­pe­lée à faire du mul­ti­tâche reste au bout du compte. J’avais dé­jà eu une mau­vaise ex­pé­rience avec une em­ployée ve­nue de l’ex­té­rieur, mais je crois qu’il y avait eu des pro­blèmes de com­pré­hen­sion de part et d’autre. Avec l’aide de la CREC et du CRÉE, nous dé­mys­ti­fions les mal­en­ten­dus et les dif­fé­rences cultu­relles. »

Parce qu’il y a des pré­ju­gés te­naces, mais aus­si parce que des in­com­pré­hen­sions cultu­relles sub­sistent, les trois par­te­naires sou­haitent ar­ri­mer les be­soins en per­son­nel des en­tre­prises de l’Est à ceux des per­sonnes im­mi­grantes du ter­ri­toire, qui s’étend de la rue Saint-Laurent jus­qu’à l’ex­tré­mi­té est de l’île de Mon­tréal. Des cen­taines d’en­tre­prises et des mil­liers d’im­mi­grants sont concer­nés, mais au dé­part, les ob­jec­tifs de­meurent mo­destes, car il s’agit en quelque sorte d’un pro­jet-pi­lote à tra­vers le­quel tout reste à faire.

« On sait qu’il y a des be­soins im­por­tants en ma­tière de dis­po­ni­bi­li­té de la main-d’oeuvre, in­dique la di­rec­trice gé­né­rale de la CCIEIM, Fran­cine La­belle, qui voit plu­sieurs avan­tages pour les quelque 1100 membres qu’elle re­pré­sente. « Le pro­gramme com­porte de mul­tiples re­tom­bées pour les en­tre­prises, no­tam­ment en ce qui a trait au sou­tien dans le re­cru­te­ment, tout ça gra­tui­te­ment. Les trois par­te­naires, nous com­pris, al­lons les ac­com­pa­gner dans l’in­té­gra­tion des per­sonnes im­mi­grantes et nous al­lons faire un sui­vi pour s’as­su­rer que les can­di­dats res­tent en em­ploi. Notre but est de sen­si­bi­li­ser les em­ployeurs face aux avan­tages d’em­bau­cher des im­mi­grants qua­li­fiés, car ça amène une ri­chesse cultu­relle et ça fait tom­ber les pré­ju­gés. On sait qu’il y a une mé­con­nais­sance à l’en­droit de cer­taines cultures », dit-elle.

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