Un tra­vail de prio­ri­sa­tion en vue pour les élus de RDP–PAT

L'Informateur - - LA UNE - > Yvan Fortin

Àla suite de l’adop­tion au con­seil mu­ni­ci­pal du bud­get de la Ville de Mon­tréal le 25 jan­vier der­nier, les élus de Ri­vière-desP­rai­ries–Pointe-aux-Trembles de­vront s’at­te­ler à un tra­vail de prio­ri­sa­tion et re­voir le Pro­gramme trien­nal d’im­mo­bi­li­sa­tions adop­té avant la pé­riode des fêtes.

Il res­sort du bud­get 2010 que les pro­prié­taires de ré­si­dence uni­fa­mi­liale et d’édi­fice do­mi­ci­liaire de cinq lo­ge­ments et moins su­bi­ront une hausse moyenne de 5,8 % de leur compte de taxes fon­cières. « Ce­la fai­sait huit ou neuf ans qu’il n’y avait pas eu de ré­ajus­te­ment ma­jeur de la taxe fon­cière. Les aug­men­ta­tions dans notre ar­ron­dis­se­ment se com­parent à celles de cer­taines villes de ban­lieue ou d’autres quar­tiers de la mé­tro­pole », sou­ligne le maire de l’ar­ron­dis­se­ment, Joe Ma­gri.

« De­puis la fin de 2008, l’éco­no­mie n’est pas à son meilleur. Ce­la a eu un im­pact sur les taxes ve­nant des en­tre­prises. De plus, les ren­de­ments des pla­ce­ments de la Ville ont été très bas en 2009. Ces fac­teurs font en sorte que Mon­tréal doit vivre avec un gros manque à ga­gner. »

Même si les ar­ron­dis­se­ments voient leur quote-part à ver­ser à l’ag­glo­mé­ra­tion aug­men­ter de 1,1 % à 2,4 %, une en­ve­loppe de 12 M$ se­ra à la dis­po­si­tion de l’en­semble de ceux-ci. Tou­te­fois, les règles tou­chant à sa ré­par­ti­tion res­tent en­core à dé­fi­nir. « Une com­mis­sion ou un co­mi­té se­ra créé et des cri­tères de ré­par­ti­tion se­ront mis de l’avant. Pro­ba­ble­ment que chaque ar­ron­dis­se­ment s’y pré­sen­te­ra avec un ou deux pro­jets prio­ri­taires », pense M. Ma­gri.

La dé­ci­sion prise par l’ad­mi­nis­tra­tion du maire Gé­rald Trem­blay de pra­ti­que­ment ge­ler les pro­jets tou­chant aux in­fra­struc­tures au­ra un im­pact sur les pro­jets d’im­mo­bi­li­sa­tion de l’ar­ron­dis­se­ment.

« Au ni­veau de l’ar­ron­dis­se­ment, 40 % du PTI se­ra re­por­té. Il fau­dra s’as­seoir pour re­voir nos prio­ri­tés pour 2010 et 2011. S’il y avait une forte re­prise éco­no­mique, cette dé­ci­sion pour­rait être chan­gée par la suite. » Cer­tains en­ga­ge­ments pris du­rant les élec­tions par l’un ou l’autre des deux par­tis mu­ni­ci­paux pré­sents à la table de l’ar­ron­dis­se­ment de­vront être re­por­tés de quelques an­nées. « Nous de­vrons dis­cu­ter entre élus et prendre des dé­ci­sions. Cer­tains pro­jets de­vront être prio­ri­sés par rap­port à d’autres. La mise en ap­pli­ca­tion du bud­get 2010 exi­ge­ra une ges­tion bien ser­rée afin de dé­ga­ger des marges de ma­noeuvre. Nous de­vrons tra­vailler sur les prio­ri­tés iden­ti­fiées sans tou­cher à la qua­li­té des ser­vices, la­quelle de­vrait de­meu­rer au ni­veau ac­tuel.

Rap­pe­lons que le bud­get mon­tréa­lais a été pré­sen­té le 14 jan­vier et qu’il a été adop­té 11 jours plus tard.

« Il y a eu plus de dis­cus­sions que d’ha­bi­tude. Main­te­nant, cha­cun des trois par­tis mu­ni­ci­paux gère di­rec­te­ment un ou plu­sieurs ar­ron­dis­se­ments, ce­la donne des dis­cus­sions plus ani­mées. Les élus de chaque ar­ron­dis­se­ment ont pré­sen­té leurs de­mandes et ont dé­bat­tu afin de ti­rer le maxi­mum des en­ve­loppes dis­po­nibles » , de men­tion­ner M. Ma­gri. La conseillère de ville et mai­resse sup­pléante à l’ar­ron­dis­se­ment, Su­zanne Dé­ca­rie, dé­plore ce qu’elle juge comme un double lan­gage de l’équipe d’Union Mon­tréal.

« C’est aber­rant comment on peut faire par­ler les chiffres de deux ma­nières dans un dé­lai de seule­ment deux mois. Il existe une énorme dif­fé­rence entre ce que le maire Trem­blay et ses conseillers di­saient avant et après les élec­tions concer­nant les fi­nances de Mon­tréal et le bud­get 2010 », af­firme-t-elle.

L’une des quatre porte-cou­leurs de Vi­sion Mon­tréal au con­seil de l’ar­ron­dis­se­ment es­time que le far­deau fi­nan­cier im­po­sé di­rec­te­ment ou in­di­rec­te­ment aux ci­toyens de­vient en­core plus lourd.

« Il y a la hausse de la taxe fon­cière mais aus­si l’aug­men­ta­tion des frais de lo­ca­tion des équi­pe­ments spor­tifs. Ce­la pour­ra être plus dif­fi­cile pour les clubs spor­tifs et leurs fé­dé­ra­tions. De plus, le maire Trem­blay veut de­man­der à Qué­bec d’im­po­ser une nou­velle taxe sur l’essence de 15 % pour fi­nan­cer le trans­port en com­mun. À RDP-PAT, ce n’est pas évident de se dé­pla­cer en trans­port en com­mun, plu­sieurs per­sonnes n’ont pas d’autre op­tion que celle d’uti­li­ser leur au­to. »

Mme Dé­ca­rie rap­pelle que les sa­laires des Mon­tréa­lais ne suivent pas les hausses an­non­cées. D’après elle, l’aug­men­ta­tion du far­deau fi­nan­cier im­po­sée aux Mon­tréa­lais pour­rait ame­ner la re­lo­ca­li­sa­tion de plu­sieurs vers les villes de ban­lieues.

La dé­ci­sion de l’ad­mi­nis­tra­tion Trem­blay de com­pres­ser dans les pro­jets d’im­mo­bi­li­sa­tion pour­rait avoir un ef­fet né­ga­tif à court et moyen terme. Se­lon l’élue de Vi­sion Mon­tréal, ce­la re­vient à pa­ra­ly­ser la ville. « Le PTI, c’est les ré­pa­ra­tions d’in­fra­struc­tures exis­tantes et l’ajout de nou­veaux équi­pe­ments. Les pro­jets d’agran­dis­se­ment et de construc­tion de bi­blio­thèques de­vront être re­pous­sés. Ce­pen­dant, la mo­der­ni­sa­tion de l’aré­na Ro­drigue-Gil­bert de­meure dans les prio­ri­tés et pour­rait être réa­li­sée, car la dé­marche du pro­jet était plus avan­cée. »

Elle sou­ligne que dans une si­tua­tion de sor­tie de crise, les tra­vaux d’im­mo­bi­li­sa­tion contri­buent à main­te­nir l’ac­ti­vi­té éco­no­mique. Elle ajoute qu’il est im­por­tant dans ce contexte de do­ter la Ville d’une po­li­tique de vé­ri­fi­ca­tion des ap­pels d’offres et de contrôle des coûts de réa­li­sa­tion de tous les tra­vaux.

Se­lon elle, il est né­ces­saire de re­voir la ré­par­ti­tion des en­trées fi­nan­cières au sein de la struc­ture mu­ni­ci­pale. « Ac­tuel­le­ment, le dé­ve­lop­pe­ment coûte de l’ar­gent à l’ar­ron­dis­se­ment. La Ville-centre em­poche tout l’ar­gent alors que l’ar­ron­dis­se­ment, lui, doit dé­pen­ser pour of­frir les ser­vices di­rects à la po­pu­la­tion. »

(Photo: Pa­trick Des­champs)

DÉ­CEP­TION DU CÔ­TÉ DES ÉLUS DE VI­SION MON­TRÉAL Su­zanne Dé­ca­rie pense qu’il faut re­voir la ma­nière dont l’ar­gent pro­ve­nant des taxes est ré­par­ti entre la Ville-centre et les ar­ron­dis­se­ments.

(Photo: Pa­trick Des­champs)

Joe Ma­gri sou­tient que tant la Ville que l’ar­ron­dis­se­ment de­vront gé­rer de fa­çon

ser­rée.

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