Le dia­bète, un en­ne­mi à vaincre

L'Informateur - - VIE DE QUARTIER - > Ma­riève Trem­blay

Le 28 août 1999, à 14 h 50 pré­ci­sé­ment, Serge Bé­lisle a per­du la vue. Ce jour-là, il s’en sou­vient comme si c’était hier. On ve­nait à peine de lui diag­nos­ti­quer un dia­bète de type 2. In­ca­pable de res­ter là à s’api­toyer sur son sort, il s’est ra­pi­de­ment in­ves­ti d’une mis­sion: ten­ter de frei­ner l’évo­lu­tion de la ma­la­die, entre autres, en don­nant des confé­rences.

Le rap­port 2009 des ex­perts sur la si­tua­tion du dia­bète au Qué­bec es­time à plus de 930 000 le nombre de per­sonnes pré­dia­bé­tiques et dia­bé­tiques, soit en­vi­ron 15 % de la po­pu­la­tion. Quelque 35 000 nou­veaux cas sont diag­nos­ti­qués chaque an­née.

« Pour moi, par­ler du dia­bète, c’est pla­cer un “stop” sur ses ef­fets dé­vas­ta­teurs. C’est ré­tré­cir son champ d’ac­tion. Cette ma­la­die, elle peut te dé­truire. Ma re­cette pour ne pas la lais­ser faire? Une at­ti­tude po­si­tive, de la dis­ci­pline, des mé­di­ca­ments, une saine alimentation et de l’exer­cice. Gar­der sa ma­la­die en san­té, c’est un in­ves­tis­se­ment à long terme. Chaque jour que mon taux de sucre se re­trouve entre 4 et 7, j’ajoute deux jours sans com­pli­ca­tions à ma vie », confie le ré­sident de l’est de Mon­tréal.

Avant la ma­la­die, Serge Bé­lisle avait tout d’un gars or­di­naire. De taille et de poids moyens, il rou­lait sa bosse dans le mi­lieu de l’hô­tel­le­rie de­puis plu­sieurs an­nées, tra­vaillant sou­vent plus de 70 heures par se­maine.

En jan­vier 1999, alors à la re­cherche d’un nou­vel em­ploi, i l s’ins­cr i t à des cours en ges­tion et en in­for­ma­tique. « J’étais plus fa­ti­gué, mais je met­tais ça sur le dos du re­tour à l’école. Un jour, alors que je co­gnais des clous de­vant mon or­di­na­teur, une autre étu­diante m’a dit qu’elle s’in­quié­tait de ma san­té, puis­qu’elle avait re­mar­qué mes fré­quents dé­pla­ce­ments vers les toi­lettes. Je lui ai par­lé de ma vi­sion qui était moins bonne et c’est là qu’elle m’a dit qu’il s’agis­sait peut-être du dia­bète », ra­con­tet-il.

Ef­frayé par la si­tua­tion, M. Bé­lisle s’in­forme au­près d’un des en­traî­neurs de ho­ckey de son fils qu’il sait être dia­bé­tique. Du­rant un tour­noi à Rimouski, ce der­nier prend son taux de glu­cose qui, à ce mo­ment-là, est à 30. « Dès mon re­tour à Mon­tréal, je suis al­lé consul­ter un mé­de­cin. Ils m’ont gar­dé 12 jours à l’hô­pi­tal. Avec l’an­nonce de ce diag­nos­tic, ma vie a bas­cu­lé. »

De re­tour à la mai­son dans un état pi­toyable, l’homme a tou­te­fois dé­ci­dé de ne pas se lais­ser abattre. « J’avais le choix de res­ter de­vant un mur ou de conti­nuer à avan­cer. J’ai op­té pour le deuxième. Je me suis re­mis à l’exer­cice, j’ai ap­pris le braille, j’ai ré­ap­pri­voi­sé mon en­vi­ron­ne­ment et, sur­tout, j’ai pris le des­sus sur ma ma­la­die. Par contre, la ma­la­die ne prend ja­mais de va­cances, alors il faut tou­jours être vi­gi­lant. »

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.