Les cy­be­rin­ti­mi­da­teurs sont par­fois par­mi nous...

| POSTE 45

L'Informateur - - ACTUALITÉS -

On les voit sa­ge­ment as­sis à l’or­di, en grande conver­sa­tion vir­tuelle avec 500 amis, via Fa­ce­book. On les croit bien à l’abri alors qu’un drame se vit peut-être. On ne parle pas ici de cyberprédation où un adulte tente d’at­ti­rer des proies fa­ciles dans ses fi­lets, mais bien d’in­ti­mi­da­tion faite à un jeune, par un autre jeune. Et des cas, la po­li­cière Ch­ris­tine Cayouette en voit toutes les se­maines.

La cy­be­rin­ti­mi­da­tion, elle en a fait son che­val de ba­taille. De­puis quelques an­nées, elle pré­sente, sur de­mande, des ate­liers dans les écoles pri­maires et se­con­daires, no­tam­ment dans le quar­tier Ville­ray où elle tra­vaille, et dans les centres jeu­nesse de Mon­tréal.

« C’est mon da­da, dit l’agente Cayouette. J’ai dé­ve­lop­pé cet ou­til à par­tir de ma­té­riel de dif­fé­rents corps de po­lice et je l’ai adap­té aux be­soins du Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal. »

Car, se­lon que l’on s’adresse aux adultes, aux plus jeunes ou aux ados, l’ap­proche change. On ne parle pas des mêmes choses. Avec les adultes comme pour les jeunes de troi­sième, qua­trième et cin­quième se­con­daire, on aborde la por­no­gra­phie sur le Net, donne-t-elle en exemple.

« C’est un be­soin, il faut pré­ve­nir les jeunes et leurs pa­rents, car on n’ima­gine pas, mais toutes les se­maines, on me rap­porte des cas. »

Et leur nombre pro­gresse au rythme de la po­pu­la­ri­té crois­sante des mé­dias so­ciaux. Pour elle, avoir une adresse Fa­ce­book à 10 ans, c’est ou­vrir la porte aux pro­blèmes. « Fa­ce­book n’est pas une gar­dienne. Il faut re­gar­der ce que les jeunes y ont, à qui ils parlent et bien sur­veiller tout chan­ge­ment de com­por­te­ment », in­dique-t-elle.

À quoi s’ex­pose-t-on? « In­ti­mi­da­tion via Fa­ce­book, créa­tion d’un faux compte à par­tir de photos té­lé­char­gées sur un site, taxage, me­naces... », énu­mère l’agente Cayouette.

Mais que ce soit pour faire une mau­vaise blague, comme lan­cer sur Youtube la photo d’un co­pain prise au mo­ment où il tombe dis­gra­cieu­se­ment sur une plaque de glace, ou as­sou­vir une ven­geance per­son­nelle, le jeune est pas­sible de pour­suites.

« Par exemple, un jeune a ré­pan­du la ru­meur sur In­ter­net qu’il avait cou­ché avec son ex-pe­tite amie. »

Le mot s’est ré­pan­du à vi­tesse grand V. « La vic­time en a été pro­fon­dé­ment bles­sée. Que ce soit vrai ou non, elle se di­sait que tout le monde à l’école le sa­vait et peut-être aus­si à la mai­son. Elle était dé­vas­tée. Les in­ter­ve­nants de l’école m’ont con­tac­tée pour que j’in­ter­vienne au­près de la vic­time et l’agres­seur. »

Et comme c’est pra­ti­que­ment tou­jours le cas, l’ex-pe­tit ami n’avait pas réa­li­sé qu’il s’ex­po­sait lui-même à un re­cours ni de l’im­pact de son geste sur la jeune fille.

« Il igno­rait qu’il avait com­mis un acte de cy­be­rin­ti­mi­da­tion et que c’est cri­mi­nel », ré­sume la po­li­cière.

Dans ce dos­sier, l’agres­seur a fait preuve de re­mords. Il a été sanc­tion­né par l’école et l’af­faire s’est ar­rê­tée là. Mais qu’il ne s’avise pas de re­com­men­cer, pré­vient Ch­ris­tine Cayouette. « On pri­vi­lé­gie de ne pas ju­di­cia­ri­ser pour rien, sauf dans le cas de ré­ci­dive. Là, on agi­ra. »

Car, si­tôt que la po­lice in­ter­vient et met les choses au clair, le jeune prend conscience de la gra­vi­té de son geste et cesse son pe­tit ma­nège, constate-t-elle.

UN JEUNE ROS­SÉ PAR UNE BANDE

Dans la ma­ti­née du 13 fé­vrier, les po­li­ciers ont ré­pon­du à un ap­pel si­gna­lant qu’une ving­taine de jeunes mal­me­nait un ado­les­cent au coin de l’ave­nue Élie-Beau­re­gard et du bou­le­vard Per­ras.

Ar­ri­vés sur place, les agents ont consta­té qu’un jeune homme était en train de se faire battre à un ar rêt d’au­to­bus et qu’on l’as­per­geait de poivre de Cayenne. Le groupe s’étant dis­per­sé avec la ve­nue de l’au­to­pa­trouille, les po­li­ciers ont alors in­ter­pel­lé un des jeunes de la bande qui se sau­vait.

À la suite d’une fouille som­maire de l’in­di­vi­du mi­neur, ils ont trou­vé, sur lui, un poing amé­ri­cain, une arme pro­hi­bée.

Du­rant cette in­ter­ven­tion, l’un de ses amis est ar­ri­vé sur les lieux. Il s’est mon­tré très agres­sif et était in­ju­rieux, ten­tant ain­si d’in­ti­mi­der les agents. Ces der­niers ont donc dé­ci­dé d’ar­rê­ter le jeune adulte pour in­ti­mi­da­tion en­vers les po­li­ciers.

Les po­li­ciers n’ont pu re­tra­cer la vic­time, car celle-ci s’est sau­vée. Les po­li­ciers in­vitent la vic­time et les autres per­sonnes dé­te­nant des in­for­ma­tions sur cette af­faire à se bran­cher sur le site In­fo­crime. qc. ca ou à ap­pe­ler au 514 393-1133, en men­tion­nant le nu­mé­ro d’évé­ne­ment 45-100213–011. L’agente Ma­ria Di Buo­no rap­pelle que c’est « to­lé­rance zé­ro » face aux ten­ta­tives d’in­ti­mid a t i o n e nve r s les po­li­ciers. « Quand il y a une ar­res­ta­tion, les gens au­tour ne doivent pas en­tra­ver leur tra­vail, car la si­tua­tion peut dé­gé­né­rer. Les tierces per­sonnes qui tentent d’in­ti­mi­der les po­li­ciers peuvent se re­trou­ver avec des consé­quences ju­di­ciaires. » Elle pré­cise que si des per­sonnes sont

in­sa­tis­faites du dé­rou­le­ment d’une in­ter­ven­tion, elles peuvent se pré­sen­ter au poste de quar­tier 45 (8200, Mau­rice-Du­ples­sis) et par­ler avec le ser­gent en fonction.

En ce qui a trait aux jeunes vic­times d’agres­sion phy­sique ou ver­bale, elle leur conseille d’en dis­cu­ter avec une per­sonne de confiance.

« Quand un ado­les­cent est vic­time d’in­ti­mi­da­tion, il peut en par­ler avec ses pa­rents, le di­rec­teur de l’école, un membre de l’Équipe RDP ou le psy­cho­logue de l’école. Il peut aus­si en par­ler avec l’agent so­cio­com­mu­nau­taire de son école ou se rendre au poste 45. »

TEN­TA­TIVES DE VOL QUA­LI­FIÉ

Une ten­ta­tive de vol qua­li­fié est sur­ve­nue le 13 fé­vrier, vers 0 h 30, dans le parc si­tué à l’in­ter­sec­tion Per­ras et Vol­taire.

Tout com­mence quand cinq jeunes montent dans l’au­to­bus. Trois d’entre eux des­cendent peu après. Quelques coins de rue plus tard, deux jeunes pas­sa­gers des­cendent du vé­hi­cule de trans­port com­mun dans le sec­teur Ul­ric-Gra­vel et Fran­çois-Huot. Ils sont imi­tés par les deux jeunes res­tants du groupe ini­tial de cinq. L’un des deux suspects court vers les deux autres jeunes et leur de­mande l’heure.

Il agrippe alors les deux vic­times et les amènent vers son com­plice. Les deux voyous exigent que les jeunes leur re­mettent leurs cel­lu­laires ain­si que leur ar­gent et exigent qu’ils vident leurs poches. Les deux vic­times se dé­battent. L’une d’elles se li­bère et se met à cou­rir. Il crie à un au­to­mo­bi­liste d’ap­pe­ler le 9-1-1. De­vant la tour­nure des évé­ne­ments, les deux dé­lin­quants prennent la fuite les mains vides. Au­cune des deux vic­times n’a été bles­sée.

Les deux suspects sont de race noire. Ils sont âgés d’en­vi­ron 18 ans. Le pre­mier me­sure 1,72 m et pèse 68 kg. Le se­cond est plus pe­tit avec 1,67 m, pour 61 kg. Les deux por­taient des man­teaux avec ca­pu­chon noir.

Le Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal in­cite les gens ayant dé­te­nant des in­for­ma­tions sur cette ten­ta­tive de vol à se bran­cher sur le site In­fo­crime. qc. ca ou à ap­pe­ler au 514 393-1133, en men­tion­nant le nu­mé­ro d’évé­ne­ment 45–100213–001.

(Photo: Jacques Pha­rand)

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