Rien n’est ex­clu pour équi­li­brer le bud­get 2011… même des hausses de taxes

L'Informateur - - ACTUALITÉS - > Guillaume Pi­card

Le maire Gé­rald Trem­blay a af­fir­mé, ven­dre­di, qu’il n’ex­cluait pas de pi­ger à nou­veau dans la poche des Mon­tréa­lais pour équi­li­brer le bud­get 2011 de la Ville de Mon­tréal, après qu’il eût an­non­cé, pour l’an pro­chain, une pré­vi­sion de dés­équi­libre de fonc­tion­ne­ment de 400 M$ et une ré­forme tou­chant à la pré­pa­ra­tion de l’exer­cice bud­gé­taire.

Et le trou an­ti­ci­pé de 400 M$ n’in­clut pas les in­dexa­tions des sa­laires des em­ployés dont les conven­tions col­lec­tives sont échues. Chaque aug­men­ta­tion de 0,5 %, ex­plique l’ad­mi­nis­tra­tion Trem­blay, cor­res­pond à une hausse de 10,5 M$ de ce dé­fi­cit.

Le vice-pré­sident du co­mi­té exé­cu­tif et res­pon­sable des fi­nances au co­mi­té exé­cu­tif, Alan DeSou­sa, en en­tre­vue ven­dre­di dans les bu­reaux des jour­naux lo­caux et ré­gio­naux de Mé­dias Trans­con­ti­nen­tal, a confir­mé que « tout était sur la table pour équi­li­brer le bud­get de l’an pro­chain, mais aus­si pour pré­ser­ver la qua­li­té des ser­vices et at­té­nuer l’im­pact sur la dette ».

Le maire de l’ar­ron­dis­se­ment de SaintLaurent ex­plique que la mise en place d’un nou­veau pro­ces­sus de pré­pa­ra­tion bud­gé­taire vise à ac­croître la trans­pa­rence dans la prise de dé­ci- sions et le ni­veau de res­pon­sa­bi­li­té et d’im­pu­ta­bi­li­té des élus. Les élus au­ront donc le pou­voir d’in­ter­ve­nir en amont, puis­qu’ils se­ront au coeur des dé­ci­sions, une ou­ver­ture dont s’en­or­gueillit M. DeSou­sa, par­lant de ja­mais-vu dans la gou­ver­nance de Mon­tréal.

LE POU­VOIR D’ACHAT DES MON­TRÉA­LAIS ME­NA­CÉ ?

Alors que plu­sieurs ta­rifs aug­mentent – pen­sons à l’élec­tri­ci­té, aux droits de pas­sage dans les tran­sports en com­mun et même à la TVQ, la­quelle croî­tra de 2 % en 2011 et en 2012 –, les Mon­tréa­lais au­ront vrai­sem­bla­ble­ment moins d’ar­gent pour se payer un bon re­pas au res­tau­rant ou pour re­mettre au goût du jour leur mai­son dans les an­nées à ve­nir. Sur­tout que le far­deau glo­bal des ci­toyens de la mé­tro­pole qué­bé­coise a été dé­ge­lé pour la pre­mière fois en huit ans, dans le bud­get 2010.

M. DeSou­sa dit ne pas être in­sen­sible au sort des Mon­tréa­lais, « mais ma res­pon­sa­bi­li­té est de pré­sen­ter un bud­get équi­li­bré. Avec le temps que nous al­lons in­ves­tir dans la pré­pa­ra­tion du pro­chain bud­get, on ne prend pas la si­tua­tion à la lé­gère. Les Mon­tréa­lais ont bé­né­fi­cié du fait que le far­deau glo­bal a été ge­lé pen­dant huit ans, mais nous sommes ren­dus à un point où la Ville ne peut plus ab­sor­ber la hausse des coûts de sys- tème sans ris­quer d’af­fai­blir l’or­ga­ni­sa­tion mu­ni­ci­pale et la qua­li­té des ser­vices. (…) Il s’agit d’un débat de so­cié­té. Quel genre de ville et quels ser­vices veulent les Mon­tréa­lais ? ».

Le co­mi­té exé­cu­tif de­man­de­ra au pro­chain con­seil de ville et au con­seil d’ag­glo­mé­ra­tion de man­da­ter la Com­mis­sion mu­ni­ci­pale sur les fi­nances et la Com­mis­sion d’ag­glo­mé­ra­tion sur les fi­nances pour étu­dier les ac­ti­vi­tés de cha­cun des ser­vices, leurs dé­penses et leurs re­ve­nus.

À comp­ter du 28 avril et jus­qu’à la fin du mois de mai, des pré­sen­ta­tions se­ront faites par cha­cun des ser­vices et cha­cune des di­rec­tions re­le­vant de la com­pé­tence du con­seil mu­ni­ci­pal et du con­seil d’ag­glo­mé­ra­tion, ain­si que par les prin­ci­pales so­cié­tés pa­ra­mu­ni­ci­pales.

Les élus de la com­mis­sion mu­ni­ci­pale sur les fi­nances et ceux de la com­mis­sion d’ag­glo­mé­ra­tion sur les fi­nances pro­cé­de­ront à l’ana­lyse des dé­penses et des re­ve­nus de ces uni­tés. De la fin mai jus­qu’au mi­lieu de juin, les com­mis­sions for­mu­le­ront au co­mi­té exé­cu­tif les re­com­man­da­tions qu’ils jugent per­ti­nentes et né­ces­saires pour main­te­nir l’équi­libre fi­nan­cier de la Ville de Mon­tréal en 2011.

S’il n’ex­clut rien, Alan DeSou­sa se garde bien d es so­lu­tions qui se­ront mises sur la table des deux com­mis­sions. Mais il dit que la Ville de Mon­tréal pour­rait uti­li­ser ses nou­veaux pou­voirs ha­bi­li­tants pour di­ver­si­fier ses sources de re­ve­nus. Elle l’a dé­jà fait pour taxes les sta­tion- ne­ments, aus­si elle pour­rait in­tro­duire des postes de péages sur les ponts. « Chaque an­née, en avril, il y a tou­jours un écart consi­dé­rable, mais on en ar­rive chaque fois à trou­ver un équi­libre, re­late M. DeSou­sa. La dif­fé­rence, cette fois, c’est que j’amène tout le monde sous la tente avec moi pour trou­ver des so­lu­tions. »

ET LES CI­TOYENS ?

Le pu­blic au­ra aus­si son mot à dire, af­firme M. DeSou­sa, dans la me­sure où la po­pu­la­tion pour­ra suivre l’avan­ce­ment des tra­vaux des com­mis­sions en se ren­dant dans le hall de l’hô­tel de ville de Mon­tréal ou par l’en­tre­mise du site In­ter­net de la Ville de Mon­tréal ( http:// www. ville. mon­treal. qc. ca), qui dif­fu­se­ra les séances de tra­vail des com­mis­sions en di­rect et en dif­fé­ré. Les ci­toyens pour­ront de plus for­mu­ler des com­men­taires sur les su­jets dis­cu­tés sur In­ter­net.

(Photo: archives)

Alan DeSou­sa, vice-pré­sident du co­mi­té exé­cu­tif de la Ville de Mon­tréal et res­pon­sable des

fi­nances.

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