Des as­so­cia­tions spor­tives souffrent pen­dant que d’autres sou­rient

L'Informateur - - SPORTS - > Thier­ry Bour­deau

Le ra­len­tis­se­ment éco­no­mique qui s’est ma­ni­fes­té de­puis 2008 a tou­ché bien des do­maines, y com­pris ce­lui des as­so­cia­tions spor­tives. Cer­taines se sont bien ti­rées d’af­faire, d’autres moins. La po­pu­la­ri­té du sport a joué un rôle im­por­tant dans la des­ti­née fi­nan­cière de ces or­ga­nismes à but non lu­cra­tif.

Pre­nons par exemple l’As­so­cia­tion de ba­se­ball de Pointe-aux-Trembles. Le pré­sident Sylvain Martin af­firme que son or­ga­ni­sa­tion connaît une hausse d’ins­crip­tions de­puis les trois der­nières an­nées, ce qui est plu­tôt éton­nant pour un sport en dé­clin dans la mé­tro­pole. No­tons tou­te­fois que l’As­so­cia­tion de ba­se­ball de Ri­vière-des-Prai­ries a ces­sé ses ac­ti­vi­tés, l’an der­nier, afin de s’as­so­cier avec son voi­sin. Au­jourd’hui, toutes les ca­té­go­ries se main­tiennent à flot. Les joueurs de 4 à 7 ans connaissent une as­cen­sion, eux qui sont deux fois plus nom­breux qu’au­pa­ra­vant. Pointe-auxT­rembles est l’un des en­droits de balle les plus « en forme » au Québec.

Or, le nou­veau dé­fi est de main­te­nir le cap fi­nan­ciè­re­ment. « Nous avons per­du en­vi­ron 40 % de nos com­man­di­taires », dit Sylvain Martin.

Ce der­nier or­ga­nise pour­tant l’un des évé­ne­ments les plus po­pu­laires sur les lo­sanges, soit les championnats pro­vin­ciaux. Et ce, sans comp­ter la pré­sen­ta­tion des tour­nois an­nuels mous­tique et mid­get. Mal­gré tout, il de­vra éla­bo­rer d’autres moyens pour sou­te­nir son or­ga­ni­sa­tion.

« Il y a une pos­si­bi­li­té d’aug­men­ter les ta­rifs d’ins­crip­tion, mais moi-même je suis contre, ad­met-il. On va pro­ba­ble­ment haus­ser les frais de res­tau­ra­tion et le par­ty des bé­né­voles ne se­ra plus gra­tuit. »

UN AUTRE MONDE

Le soc­cer connaît une si­tua­tion com­plè­te­ment op­po­sée. La po­pu­la­ri­té du bal­lon rond ne cesse de s’ac­croître et les com­man­di­taires sont lo­gi­que­ment por­tés da­van­tage à choi­sir ce mar­ché. D’au­tant plus que les in­fra­struc­tures se mul­ti­plient à un rythme ef­fa­rant (voir autre texte), ce qui as­sure la pros­pé­ri­té de cette dis­ci­pline.

Quant au foot­ball et au ho­ckey, deux autres sports en san­té, les dif­fi­cul­tés se font moins sen­tir qu’au ba­se­ball. Les Cou­gars de Saint-Léo­nard (foot­ball) ne su­bissent pas les mêmes contre­coups du ra­len­tis­se­ment éco­no­mique. En réa­li­té, les com­man­di­taires sont tou­jours au ren­dez-vous, mais la prin­ci­pale source de re­ve­nus a éco­pé il y a quelques an­nées. « La loi sur le ta­bac a af­fec­té notre salle de bin­go. Nous avons per­du 40 % de notre clien­tèle », in­dique An­to­nio Ia­de­lu­ca, pré­sident d’une or­ga­ni­sa­tion de plus de 320 joueurs.

Scé­na­rio dif­fé­rent pour les Jeunes Spor­tifs Ho­che­la­ga, pour qui l’Om­nium de golf Fran­cis Bouillon est un « atout in­croyable », se­lon Pierre La­voie, pré­sident de cette as­so­cia­tion de ho­ckey.

« Mal­gré la ré­ces­sion, le nombre de com­man­di­taires et de re­ve­nus a at­teint notre ob­jec­tif. Je di­rais même qu’il a été dé­pas­sé », dit-il.

Même son de cloche pour Stéphane Ro­bi­taille, pré­sident de l’As­so­cia­tion de ho­ckey mi­neur de Pointe-aux-Trembles. « Nous avons des com­man- dites qui se sont ajou­té cette sai­son. C’est quand même ex­cep­tion­nel. »

Les cam­pagnes de fi­nan­ce­ment sont un autre moyen de sub­ve­nir aux be­soins propres de chaque équipe. À ce su­jet, une for­ma­tion no­vice poin­te­lière a usé d’ori­gi­na­li­té cette sai­son. « L’équipe a te­nu une soi­rée de vi­sion­ne­ment d’un match du Ca­na­dien au centre Roussin. Il y avait plus de 250 per­sonnes », rap­porte M. Ro­bi­taille, ajou­tant que cette ac­ti­vi­té re­vien­dra au me­nu l’an pro­chain.

Ce­la dit, le ho­ckey mi­neur est tou­ché d’une autre fa­çon par le ra­len­tis­se­ment éco­no­mique. La pro­blé­ma­tique se si­tue de­vant le fi­let. Non pas car les gar­diens sont mau­vais, mais parce qu’ils de­viennent une den­rée plus rare.

« Le gros pro­blème dans un ave­nir rap­pro­ché, c’est le nombre de gar­diens. L’équi­pe­ment coûte ex­ces­si­ve­ment cher et les pa­rents ne veulent plus trop in­ves­tir. On le res­sent sur­tout au ni­veau simple lettre. C’est un phé­no­mène ré­pan­du par­tout à Mon­tréal », af­firme Stéphane Ro­bi­taille.

Se­lon ce der­nier, il y a eu un in­té­rêt no­table lorsque Jo­sé Théo­dore a ef­fec­tué des prouesses de­vant la cage du Tri­co­lore lors de ses belles an­nées. De­puis ce temps, la ten­dance a consi­dé­ra­ble­ment di­mi­nué. M. Ro­bi­taille es­père main­te­nant que la magie de Ja­ro­slav Halak sau­ra ré­ani­mer la pas­sion chez les jeunes et le dé­sir d’in­ves­tir chez les pa­rents.

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