Plus d’ins­tal­la­tions spor­tives, moins de bé­né­vo­lat

DES RÉ­PER­CUS­SIONS DIA­MÉ­TRA­LE­MENT OP­PO­SÉES

L'Informateur - - SPORTS - > Thier­ry Bour­deau

C’est beau avoir la pas­sion, pos­sé­der du ta­lent, mais le dé­ve­lop­pe­ment des jeunes ath­lètes dé­pend prin­ci­pa­le­ment de l’en­ca­dre­ment dont ils bé­né­fi­cient. Les en­traî­neurs bé­né­voles et la qua­li­té des in­fra­struc­tures forment la pierre an­gu­laire de cet ap­pren­tis­sage. Or, ces deux fac­teurs sont in­fluen­cés de fa­çon dif­fé­rente lorsque sur­vient une pé­riode de ra­len­tis­se­ment éco­no­mique.

D’une part, les per­sonnes ca­pables d’in­ves­tir du temps gra­tui­te­ment pour les jeunes ne courent plus les rues. D’ailleurs, cer­taines don­nées peuvent en faire fré­mir quelques-uns. Chez les Cou­gars de Saint-Léo­nard, on parle de 300 heures d’en­ca­dre­ment of­fert à chaque jeune de l’or­ga­ni­sa­tion. Mul­ti­plier ce chiffre par six équipes, fois 40 joueurs, c’est du foot­ball à re­vendre!

« Le nombre de nos heures d’en­ca­dre­ment est phé­no­mé­nal, mais ça fait par­tie de la pas­sion qu’on a pour le foot­ball. Nos gens sont fi­dèles à l’or­ga­ni­sa­tion », dit le pré­sident de l’or­ga­ni­sa­tion, An­to­nio Ia­de­lu­ca.

Au ho­ckey, la si­tua­tion com­mence à « ti­rer de la patte ». Se­lon le pré­sident de l’As­so­cia­tion de ho­ckey mi­neur de Pointe-aux-Trembles, Stéphane Ro­bi­taille, les en­traî­neurs n’af­fluent plus comme à l’époque. « C’est de plus en plus dif­fi­cile de trou­ver des per­sonnes prêtes à s’in­ves­tir. Au­pa­ra­vant, nous avions de quatre à six can­di­dats pour di­ri­ger une équipe. Main­te­nant, c’est juste un, si­non il faut en trou­ver nous-mêmes, re­marque-t-il. Éven­tuel­le­ment, nous de­vrons peut-être payer nos en­traî­neurs au ni­veau doubles lettres. »

Au ba­se­ball, on est en mode sur­vie. Le nombre d’équipes (sur­tout ju­nior) a consi­dé­ra­ble­ment di­mi­nué de­puis le dé­part des Ex­pos. Cer­taines for­ma­tions sont dis­pa­rues en rai­son d’un manque d’en­traî­neurs et/ou d’or­ga­ni­sa­tion.

Évi­dem­ment, le ra­len­tis­se­ment éco­no­mique n’a fait qu’em­pi­rer la si­tua­tion. Plu­sieurs fu­sions ont été né­ces­saires pour re­lan­cer cer­taines conces­sions. Mais qui dit fu­sion, dit ter­ri­toire plus large. Avec le prix de l’es­sence ac­tuel, c’est moins at­trayant de jouer à l’ex­té­rieur de Mon­tréal pour un match de sai­son ré­gu­lière.

(Texte com­plet sur In­ter­net)

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