Le re­nou­vel­le­ment des contrats de six hauts fonc­tion­naires sur la glace

L'Informateur - - QUESTIONduNET - > Yvan For­tin for­ti­ny@trans­con­ti­nen­tal.ca

L’ar­ron­dis­se­ment veut se don­ner du temps avant de re­nou­ve­ler le contrat de de ses six plus hauts fonc­tion­naires, contrats qui viennent à ex­pi­ra­tion le 31 dé­cembre pro­chain.

C’est au cours d’une séance ex­tra­or­di­naire le mar­di 29 juin, au ma­tin, que six des sept élus du conseil d’ar­ron­dis­se­ment ont vo­té une ré­so­lu­tion de non-re­nou­vel­le­ment, une me­sure qui se­rait tem­po­raire. Seule la conseillère Ma­ria Cal­de­rone a vo­té contre; l’autre élu d’Union Mon­tréal, Gio­van­ni Ra­panà, ayant vo­té avec ceux de Vi­sion Mon­tréal.

Pierre San­ta­ma­ria, di­rec­teur gé­né­ral de l’ar­ron­dis­se­ment, Da­ny Bar­beau, di­rec­trice du bu­reau d’ar­ron­dis­se­ment, Marie-France Fri­gon, di­rec­trice de l’amé­na­ge­ment ur­bain et des ser­vices aux en­tre­prises, Martin Cou­tu, di­rec­teur de la culture, des sports, des loi­sirs et du dé­ve­lop­pe­ment so­cial, Gaé­tan Bé­gin di­rec­teur des tra­vaux pu­blics, et Jacques Pro­vost, di­rec­teur des ser­vices ad­mi­nis­tra­tifs sont les cadres af­fec­tés.

Mme Rou­leau a rap­pe­lé au cours d’une en­tre­vue qu’elle avait été as­ser­men­tée le 14 juin et, qu’en ver­tu de la Po­li­tique de ré­mu­né­ra­tion des cadres de la Ville de Mon­tréal, une dé­ci­sion sur le re­nou­vel­le­ment des man­dats de­vait être prise avant le 1er juillet 2010, soit six mois avant l’échéance de contrats. Voi­là pour­quoi la ré­so­lu­tion ne pou­vait pas être pré­sen­tée à la séance ré­gu­lière du conseil d’ar­ron­dis­se­ment qui au­ra lieu ce 6 juillet, 19h, au Centre ré­créa­tif Ri­viè­redes-Prai­ries.

« Dans l’op­tique d’éva­luer le tra­vail de cha­cun des di­rec­teurs concer­nés et de prendre des dé­ci­sions éclai­rées, le conseil d’ar­ron­dis­se­ment a dé­ci­dé, à la ma­jo­ri­té, de se don­ner une marge de ma­noeuvre. À la suite des élec­tions, une nou­velle équipe est en poste avec de nou­velles orien­ta­tions et une nou­velle op­tique de trans­pa­rence et de concer­ta­tion. Nous al­lons ren­con­trer les cadres afin d’éta­blir les bases d’une nou­velle col­la­bo­ra­tion », sou­ligne Mme Rou­leau, rap­pe­lant qu’un conseiller d’Union Mon­tréal a ap­puyé for­mel­le­ment cette pro­cé­dure.

Mme Rou­leau in­dique qu’elle a ren­con­tré au len­de­main de son as­ser­men­ta­tion Pierre San­ta­ma­ria, di­rec­teur gé­né­ral de l’ar­ron­dis­se­ment. Ce der­nier lui a fait part de sa vo­lon­té de prendre sa re­traite à l’échéance de son contrat. « M. San­ta­ma­ria a as­su­ré sa col­la­bo­ra­tion pleine et en­tière jus­qu’à la fin de son man­dat, afin d’as­su­rer une bonne pas­sa­tion des dos­siers. »

PAS D’AC­CORD

Par com­mu­ni­qué, Union Mon­tréal a dé­non­cé cette me­sure. Mme Cal­de­rone et la can­di­date dé­faite à la mai­rie de RDP-PAT, Bar­ba­ra Pi­sa­ni, ont par­lé res­pec­ti­ve­ment « de gaspillage de l’ar­gent des contri­buables » et de « dé­cons­truc­tion ».

« Pour­quoi Mme Rou­leau n’a-t-elle pas an­non­cé ses in­ten­tions de cou­per dans l’ad­mi­nis­tra­tion de l’ar­ron­dis­se­ment lors de la cam­pagne ? Ce­la s’est fait si vite après l’élec­tion, ce­la pour­rait por­ter à croire que l’in­ten­tion était dé­jà là. Pen­dant toute la cam­pagne, les ci­toyens n’ont pas prio­ri­sé le congé­die­ment de cadres de l’ar­ron­dis­se­ment », a af­fir­mé Mme Pi­sa­ni.

PAS UN CONGÉ­DIE­MENT

La mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment, Chantal Rou­leau, a vou­lu re­mettre les pen­dules à l’heure face à cette dé­marche.

« Contrai­re­ment à ce que vé­hi­cule Union Mon­tréal, il n’y a pas de mise au bal­lo­tage, ni de li­mo­geage, ni de coup de ba­lai, ni de congé­die­ment en bloc des di­rec­teurs dans l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière-des-Prai­ries–Pointe-auxT­rembles. Nous dé­si­rons sim­ple­ment être pru­dents et prendre tout le temps né­ces­saire à une prise de dé­ci­sion juste et éclai­rée », pré­cise-t-elle.

« J’ai énor­mé­ment de res­pect pour la fonc­tion pu­blique mu­ni­ci­pale et pour nos di­rec­teurs. Ces gens là sont des pro­fes­sion­nels qui tra­vaillent fort ». Mme Rou­leau sou­tient que tous les cadres de di­rec­tion ont sa pleine confiance et celle du conseil d’ar­ron­dis­se­ment et qu’ils pour­sui­vront leur tra­vail en toute lé­gi­ti­mi­té.

La mai­resse avance que « (…) pré­su­mer pu­bli­que­ment de l’ave­nir des di­rec­teurs est ir­res­pon­sable et ir­res­pec­tueux. Ceux-ci pour­suivent leur tra­vail avec pro­fes­sion­na­lisme, com­pé­tence et dé­voue­ment et ne mé­ritent pas d’être la cible d’at­taques po­li­tiques par­ti­sanes. Ce sont eux qui font les frais de cette dés­in­for­ma­tion mal­hon­nête et ce­la me dé­sole. »

CONTRE LA MÉ­THODE

Mme Cal­de­rone, de son cô­té, trouve que cette pro­cé­dure est in­cor­recte. Elle main­tient que si on veut évi­ter l’ar­bi­traire lors d’une éva­lua­tion, il est es­sen­tiel de connaître les cri­tères d’éva­lua­tion, ce qui ne se­rait pas le cas ac­tuel­le­ment.

Après vé­ri­fi­ca­tion, la conseillère de ville du dis­trict Ri­vière-des-Prai­ries af­firme qu’il au­rait été pos­sible de re­nou­ve­ler les contrats pour un an, ce qui au­rait don­né du temps pour une éva­lua­tion en vue de l’ob­ten­tion de man­dats à plus long terme.

Ma­ria Cal­de­rone fait re­mar­quer que sur le conseil d’ar­ron­dis­se­ment, cinq des sept élus sont « (…) flam­bants neufs. Les hauts fonc­tion­naires pos­sèdent une grande gamme d’ex­pé­riences et une for- ma­tion des plus per­ti­nentes, les­quelles pour­raient être très utiles. Nous avons tout avan­tage à tra­vailler avec eux. »

En ce qui a trait au vi­rage « trans­pa­rence » ex­pri­mé par l’ad­mi­nis­tra­tion Rou­leau – Vi­sion de Mon­tréal, Mme Cal­de­rone af­firme que les hauts fonc­tion­naires « ont tou­jours été ou­verts à don­ner des in­for­ma­tions quand les élus le leur de­man­daient. Ils sont là pour nous ai­der. »

(Photo: Pa­trick Deschamps)

La mai­resse, Chantal Rou­leau.

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