Ita­liens et course au­to­mo­bile vont de paire

EN­TRE­VUE AVEC ALEXANDRE TA­GLIA­NI

L'Informateur - - SPORTS - > Phi­lippe Bois­vert

Ga­nas­si, An­dret­ti, Fran­chet­ti, Fer­ra­ri, As­ca­ri, Ma­se­ra­ri… Ta­glia­ni! Les noms à ré­son­nance ita­lienne sont très pré­sents dans le mi­lieu de la course au­to­mo­bile.

Par­ler course au­to­mo­bile à un Ita­lien, c’est un peu comme par­ler ho­ckey avec un Ca­na­dien.

Le pi­lote Alex Ta­glia­ni, pré­sen­te­ment au 13e rang de la sé­rie amé­ri­caine In­dycar, est na­tif de La­che­naie, sur la Rive-Nord. Mais comme son nom l’in­dique, Ta­glia­ni a des ra­cines ita­liennes: son père et sa mère viennent du pays en forme de botte.

Pour Tag, la course au­to­mo­bile a tou­jours été une his­toire de fa­mille. Au­jourd’hui âgé de 37 ans, Tag re­con­naît la chance qu’il a eue d’être éle­vé dans ce moule bien spé­cial.

«En Italie, la course prend une grande place dans le coeur des gens, c’est un peu comme une re­li­gion», ex­plique d’en­trée de jeu le pi­lote qué­bé­cois, qui était de pas­sage dans la Pe­tite Italie au cours de la fin du week-end pour par­ti­ci­per à un concours d’ar­rêts aux puits, or­ga­ni­sé dans le cadre de la Se­maine ita­lienne de Mon­tréal.

Mais gran­dir en Italie ou avoir un nom ita­lien ne suf­fit pas, avance le vé­té­ran cou­reur au­to­mo­bile.

«Ma pas­sion pour la course, pour les mo­teurs, pour les voi­tures m’est ve­nue tout na­tu­rel­le­ment, dit-il. Mon grand-père pa­ter­nel fai­sait des mo­teurs de course lors­qu’il est dé­mé­na­gé au Québec. Mon père et ma mère l’ont im­mé­dia­te­ment sui­vi. J’ai gran­di dans un ga­rage de ban­lieue et j’avais tout le temps les mains dans la graisse. Je me compte vrai­ment chan­ceux fi­na­le­ment. Car je me de­mande com­ment j’au­rais pu dé­ve­lop­per cette pas­sion avec une fa­mille d’avo­cats mont­réa­lais par exemple.»

Même si les mo­teurs et les bo­lides de course ont tou­jours fait par­tie in­té­grale de son en­vi­ron­ne­ment, c’est vé­ri­ta­ble­ment à l’âge de 10 ans que la pi­qûre du pi­lo­tage le frappe lors d’un voyage en Italie chez son grand-père, re­tour­né chez lui en rai­son de pro­blèmes de san­té.

«Mon grand-père m’a ra­mas­sé à l’aé­ro­port et la pre­mière chose qu’on a fait, c’est d’al­ler ache­ter un go-kart!», se rap­pelle Tag avec fer­veur. J’ai pas­sé l’été à faire des al­lers et re­tours entre chez lui, et mes autres grands-pa­rents, qui eux, n’étaient pas trop mé­ca­niques. Je crois que je leur ai don­nés quelques maux de tête!», se sou­vient-il en riant.

En Italie, le jeune Alexandre a éga­le­ment ap­pris à par­ler Ita­lien, une langue qu’il maî­trise même da­van­tage que l’an­glais. Sur­pre­nant quand même, pour quel­qu’un qui ré­side do­ré­na­vant à In­dia­na­po­lis, aux États-Unis.

UN RÊVE DE TOUS LES JOURS

Après son for­mi­dable été en Italie, Tag fait ra­pi­de­ment pres­sion sur ses pa­rents pour par­ti­ci­per à des courses de kar­ting. Son kart est aus­si­tôt en­voyé par ba­teau en di­rec­tion de Mon­tréal.

«La course, c’est un mode de vie. Lorsque tu baignes de­dans de­puis tou­jours, di­sons que c’est dif­fi­cile d’en sor­tir. Mon père a été le pre­mier en Amé­rique à im­por­ter des karts d’Italie. On en re­ce­vait des boîtes et des boîtes de pièces dé­ta­chées à son ga­rage de Mon­tréal-Nord. Et après, il fal­lait les as­sem­bler de A à Z… Des heures de plai­sir!», se rap­pelle-t-il.

Alex Ta­glia­ni est d’ac­cord, il vit quo­ti­dien­ne­ment le rêve de mil­liers d’ama­teurs de course au­to­mo­bile, qu’ils soient Ita­liens, Qué­bé­cois, ou de toute autre na­tio­na­li­té.

Une se­maine il est au Bré­sil, puis en Flo­ride, puis en Ca­li­for­nie. En­suite vient le Texas, l’Ohio, l’Il­li­nois, le Ja­pon et le Ca­na­da. Voi­là quelques unes des des­ti­na­tions de l’équipe FAZZT Race Team en 2010.

Les pneus et le vrom­bis­se­ment des mo­teurs le suivent donc cons­tam­ment. Le 8 août, à MidO­hio, Tag a réa­li­sé sa meilleure per­for­mance de la sai­son en me­nant la course pen­dant 30 tours et en ter­mi­nant fi­na­le­ment au 4e rang.

Le mé­tier de cou­reur au­to­mo­bile est loin d’être re­po­sant. Il est stres­sant et re­quiert une ex­cel­lente condi­tion phy­sique. Il faut cons­tam­ment voya­ger, les temps libres sont plu­tôt rares.

«Je ne re­garde pas né­ces­sai­re­ment beau­coup de course au­to­mo­bile à la té­lé­vi­sion, mis à part les miennes. Il m’ar­rive ce­pen­dant d’en­re­gis­trer des grands prix de F1 lors­qu’on me dit que la course a été bonne. Mais pour re­laxer, avec ma femme, on écoute plu­tôt des émis­sions comme Top Chef, Hell’s Kit­chen et So you think you can dance», oset-il confier...

(Photos: Da­niel Mar­chand)

Le pi­lote de course Alexandre Ta­glia­ni a par­ti­ci­pé avec son écu­rie à une ac­ti­vi­té d’ar­rêt au puits dans le cadre de la Se­maine

ita­lienne.

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