RDP–PAT at­tire peu les im­mi­grants fraî­che­ment ar­ri­vés

L'Informateur - - GRANDE LIQUIDATION -

L’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière-des-Prai­ries–Poin­teaux-Trembles (RDP–PAT) at­tire net­te­ment moins d’im­mi­grants que d’autres ar­ron­dis­se­ments de l’est.

Tan­dis qu’à Saint-Léo­nard, plus de 5400 im­mi­grants se sont ins­tal­lés entre 2001 et 2006, et que 6530 autres ont élu do­mi­cile à Mon­tréalNord, seuls 1855 ont choi­si RDP–PAT, se­lon les pro­fils so­cio­dé­mo­gra­phiques pu­bliés par la Ville de Mon­tréal.

Pour­tant, l’ar­ron­dis­se­ment compte dé­jà une im­por­tante po­pu­la­tion im­mi­grante : quelque 20 840 per­sonnes s’y sont ins­tal­lées, soit 20 % de la po­pu­la­tion to­tale.

Mais cette po­pu­la­tion est his­to­ri­que­ment le fait de flux mi­gra­toires qui se sont ta­ris de­puis : l’im­mi­gra­tion ita­lienne a, par­tout, net­te­ment ra­len­ti de­puis au moins une qua­ran­taine d’an­nées, tan­dis que celle en pro­ve­nance d’Haïti se concentre do­ré­na­vant ailleurs. Et contrai­re­ment à ce que l’on constate à Saint-Léo­nard et à Mon­tréal-Nord, l’im­mi­gra­tion en pro­ve­nance des pays du Maghreb a été, jus­qu’à main­te­nant, re­la­ti­ve­ment ti­mide à RDP–PAT.

LES GRANDES VAGUES MI­GRA­TOIRES : ITA­LIENS…

L’ar­ron­dis­se­ment est de­meu­ré long­temps un lieu d’ac­cueil pri­vi­lé­gié pour les im­mi­grants ita­liens, ce qui trans­pa­raît en­core dans les chiffres. La pre­mière vague d’im­mi­gra­tion ita­lienne au Québec date du dé­but du ving­tième siècle, prin­ci­pa­le­ment de la Mo­lise, une ré­gion agri­cole pauvre du centre du pays, et de sa ca­pi­tale, Cam­po­bas­so.

Une se­conde vague, plus im­por­tante, suit la Se­conde Guerre mon­diale. Elle est com­po­sée, dans plu­sieurs cas, de membres des fa­milles d’ori­gine mo­li­sane dé­jà ins­tal­lées au Ca­na­da.

Au­jourd’hui, plus de 7300 im­mi­grants ita­liens sont éta­blis à RDP-PAT. La plu­part sont au Québec de­puis au moins 50 ans et ont d’abord vé­cu à Saint-Léo­nard, Mon­tréal-Nord ou Ville­ray–Saint-Mi­chel–Parc-Ex­ten­sion avant de dé­mé­na­ger à RDP-PAT.

En ef­fet, se­lon l’or­ga­nisme Ac­cueil aux im­mi­grants de l’est, RDP-PAT at­tire sur­tout des im­mi­grants d’autres ar­ron­dis­se­ments, éta­blis à Mon­tréal de­puis plu­sieurs an­nées, et très peu les nou­veaux ar­ri­vants – ce qui ex­plique que l’im­mi­gra­tion magh­ré­bine y soit si basse. Après tout, l’ar­ron­dis­se­ment offre moins de lo­ge­ments abor­dables qu’ailleurs, tout en étant moins ac­ces­sible pour qui­conque n’a pas de vé­hi­cule.

«Il n’y pas de com­merce Ha­lal à RDP-PAT, pas de mos­quée, es­time Azi­za An­hi­chem, in­ter- ve­nante à l’Ac­cueil aux im­mi­grants de l’est. Les Magh­ré­bins sont at­ta­chés à ces choses-là. Pour trou­ver ces ser­vices, il faut al­ler à Saint-Léo­nard. Or, les im­mi­grants qui ar­rivent n’ont pas de voi­ture, ni les moyens de s’ins­tal­ler à RDP-PAT. Les Magh­ré­bins qui ont com­men­cé à s’y ins­tal­ler sont des gens qui viennent d’ailleurs et qui ont main­te­nant les moyens, une voi­ture, etc. Ce ne sont pas des gens qui s’y in­tallent di­rec­te­ment en ar­ri­vant au pays.»

…PUIS HAÏ­TIENS

Ce sont les Haï­tiens qui ont en­suite élu le plus sou­vent RDP-PAT comme lieu de ré­si­dence. L’im­mi­gra­tion haï­tienne, plus tar­dive, date prin­ci­pa­le­ment des an­nées 1960 et 1970. À l’époque, des mil­liers d’Haï­tiens fuient le ré­gime ré­pres­sif des Du­va­lier.

On dé­nombre au­jourd’hui plus de 5700

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