Entre contrôle cen­tra­li­sé et ges­tion lo­cale

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Yvan For­tin for­ti­ny@trans­con­ti­nen­tal.ca

À la suite du con­seil mu­ni­ci­pal du 22 mars, la conseillère de ville du dis­trict Pointe-auxT­rembles, Su­zanne Dé­ca­rie a re­pro­ché à sa vis-à-vis de Ri­vière-des-Prai­rie de s’être op­po­sée à ce que les contrats des ar­ron­dis­se­ments – no­tam­ment le pa­vage des rues, la ré­fec­tion des trot­toirs et les in­fra­struc­tures re­liées à l’eau – « soient ri­gou­reu­se­ment étu­diés afin de dé­tec­ter les col­lu­sions po­ten­tielles et d’ob­te­nir une vue d’en­semble du juste prix payé. »

« En vo­tant contre l’étude des contrats des ar­ron­dis­se­ments par la com­mis­sion sur l’exa­men des contrats, Mme Cal­de­rone in­sulte les payeurs de taxe de l’ar­ron­dis­se­ment qui en veulent pour leur ar­gent. Elle laisse tom­ber les payeurs de taxe de Ri­vière-des-Prai­ries–Poin­teaux-Trembles », pré­tend la conseillère de Pointe-aux-Trembles, Su­zanne Dé­ca­rie.

Dans un com­mu­ni­qué, Mme Dé­ca­rie rap­pelle qu’il est ap­pa­ru à l’étude des contrats oc­troyés sous l’ad­mi­nis­tra­tion d’Union Mon­tréal, dans l’ar­ron­dis­se­ment RDP-PAT, que deux en­tre­prises ob­te­naient un taux de réus­site qua­li­fié de dis­pro­por­tion­né. « Une com­pa­gnie a ob­te­nu 100 % des contrats pour les­quels l’en­tre­prise a pré­sen­té une sou­mis­sion contre seule­ment 31 % ailleurs à Mon­tréal. Dans un autre cas, une en­tre­prise a ob­te­nu 100 % des contrats chez nous, mais en contre­par­tie, au­cun en dix ten­ta­tives dans un ar­ron­dis­se­ment voi­sin », pré­cise la conseillère Dé­ca­rie.

« Je suis ex­trê­me­ment per­plexe de­vant ce re­fus de la conseillère Cal­de­rone d’al­ler au fond des choses. En tant qu’élus, il est de notre res­pon­sa­bi­li­té de nous as­su­rer que les prix de nos contrats d’in­fra­struc­tures soient fixés par une vé­ri­table concur­rence. Je me de­mande pour­quoi la conseillère Cal­de­rone re­fuse que toute la lu­mière soit faite et que nos contrats soient ana­ly­sés en pro­fon­deur » se de­mande Mme Dé­ca­rie.

Pour un contrôle lo­cal

Ma­ria Cal­de­rone sou­tient s’être op­po­sé à l’étude des contrats de l’ar­ron­dis­se­ment par la com­mis­sion sur l’exa­men de la Ville-centre pour dé­fendre la dé­cen­tra­li­sa­tion des pou­voirs.

« J’ai été élue dans un ar­ron­dis­se­ment. À Union Mon­tréal, nous croyons dans la dé­cen­tra­li­sa­tion. Le par­ti de Mme Dé­ca­rie veut tout cen­tra­li­ser à la Ville-centre. Cette com­mis­sion a été créée pour étu­dier les gros contrats de la Ville-centre », ré­plique Mme Cal­de­rone.

Concer­nant la con­cen­tra­tion des contrats, Mme Cal­de­rone fait re­mar­quer que ceux-ci sont oc­troyés au plus bas sou­mis­sion­naire conforme et qu’ils res­pectent les pré­vi­sions de coûts dé­ter­mi­nés par les fonc­tion­naires mu­ni­ci­paux. « Si le prix d’une sou­mis­sion dé­passe les ba­lises fi­nan­cières, il est tou­jours pos­sible de re­je­ter les sou­mis­sions et d’en ou­vrir de nou­velles. »

Elle sou­ligne aus­si que les contrats oc­troyés font l’ob­jet de ré­so­lu­tions à la table du con­seil et que les conseillers ont tou­jours le droit de s’op­po­ser. « Si Mme Dé­ca­rie pense qu’il y a eu col­lu­sion ou tout autre forme de pro­blèmes dans les contrats, elle peut faire part de ses ap­pré­hen­sions au di­rec­teur de l’ar­ron­dis­se­ment , contac­ter le vé­ri­fi­ca­teur, ou même faire un si­gna­le­ment à l’opé­ra­tion Mar­teau. »

Concer­nant l’étude des contrats, Mme Cal­de­rone rap­pelle que «… rien n’em­pêche l’ar­ron­dis­se­ment de mettre en place son propre pro­ces­sus d’exa­men dans le res­pect des lois et de la Charte de la Ville de Mon­tréal ».

La carte de la con­cen­tra­tion ter­ri­to­riale des contrats est sur le site de Vi­sion Mon­tréal.

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