GI­NETTE SI­MARD: DES PRE­MIERS SOINS AUX PRE­MIERS PAS EN MU­SIQUE

L'Informateur - - C HA NLEGEMONOSNDE - Pierre Lus­sier lus­sierp@trans­con­ti­nen­tal.ca

Gi­nette Si­mard est in­fir­mière auxi­liaire, une pro­fes­sion qu’elle a choi­sie en 1975 en pen­sant à tous ces gens mo­destes qui pro­diguent des soins et de l’at­ten­tion aux ma­lades comme ce fut le cas pour son père. Mère de trois jeunes adultes à qui elle a in­cul­qué le goût d’ai­der les autres, Gi­nette Si­mard a été pen­dant deux ans, pré­si­dente du Club Ri­che­lieu - Ver­dun. Elle se consacre main­te­nant à l’Har­mo­nie-Ri­che­lieu qui ap­prend aux jeunes à jouer d’un ins­tru­ment de mu­sique au sein d’un or­chestre.

In­fir­mière auxi­liaire à l’em­ploi d’un centre d’ac­cueil pour re­li­gieuses, Gi­nette Si­mard a su­bi un lock-out d’un an qui l’a conduite à re­voir son orien­ta­tion pro­fes­sion­nelle en 1998. À 42 ans, Gi­nette a créé avec l’aide du CLD-Ver­dun, sa propre en­tre­prise spé­cia­li­sée dans la vente de trousses de pre­miers soins et de cours de se­cou­riste, sous le nom de San­té-Sé­cu­ri­té Si­mard. Celle-ci a réus­si à se faire un nom dans ce ser­vice très spé­cia­li­sé où la ré­pu­ta­tion du four­nis­seur est sou­vent la seule ré­fé­rence. Des trousses de pre­miers soins, Gi­nette en pré­pare et en vend pour les chan­tiers de construc­tion, pour de grandes en­tre­prises et des ins­ti­tu­tions comme Bom­bar­dier, les Forces ar­mées du Ca­na­da, le mi­nis­tère du Tou­risme du Qué­bec et les com­mis­sions sco­laires. «J’ai eu jus­qu’à trois ins­truc­teurs et une ad­jointe ad­mi­nis­tra­tive sous ma res­pon­sa­bi­li­té», pré­cise Gi­nette Si­mard en rap­pe­lant une anec­dote émou­vante à pro­pos de son fils, qui a réus­si à sau­ver les trois doigts sec­tion­nés d’un col­lègue lors d’un ac­ci­dent sur son lieu de tra­vail. Le fils de Gi­nette, Jean-François avait sui­vi les en­sei­gne­ments de sa mère.

De­ve­nue femme d’af­faires, Gi­nette n’a rien per­du de son em­pa­thie pour la com­mu­nau­té. «Du bé­né­vo­lat, on n’en a tou­jours fait avec mes filles et mon gar­çon», as­sure Gi­nette Si­mard. La fa­mille de Gi­nette a donc pour­sui­vi son en­ga­ge­ment à la So­cié­té Saint-Vincent-de-Paul en par­ti­ci­pant à la cueillette de den­rées et de dons pour la gui­gno­lée. Par la suite, il y a cinq ans, Gi­nette Si­mard adhé­rait au Club Ri­che­lieu-Ver­dun, dont elle a été pré­si­dente pen­dant deux ans. Par­mi les oeuvres du Club fi­gure le camp de va­cances pour les jeunes et l’Har­mo­nie.

L’al­truisme de Gi­nette Si­mard la condui­ra d’ailleurs à s’oc­cu­per ac­ti­ve­ment de l’Har­mo­nie, dont elle est vice-pré­si­dente. Fon­dée en 1989 pour per­mettre aux jeunes peu for­tu­nés des écoles de Ver­dun, de faire de la mu­sique et de par­ti­ci­per à un or­chestre, l’Har­mo­nie a sus­ci­té des pas­sions, a fait dé­cou­vrir des ta­lents pour la mu­sique et par­fois même, a fait naître des couples au­jourd’hui ma­riés. «Sans l’Har­mo­nie, des élèves du se­con­daire au­raient dé­cro­ché», in­siste la vice-pré­si­dente.

Vivre se­lon nos moyens

Adeptes de la sim­pli­ci­té vo­lon­taire, Gi­nette et son ma­ri Ro­bert, in­fir­mier de pro­fes­sion, par­tagent une voi­ture et ha­bitent un mo­deste lo­ge­ment qui sert éga­le­ment de bu­reau. Pour Gi­nette, le fait de cueillir des fleurs dans sa cour et d’en don­ner à la voi­sine ou de trou­ver les sous pour rem­pla­cer la cla­ri­nette bri­sée d’une mu­si­cienne de l’Har­mo­nie, «c’est la pe­tite goutte de bon­heur parce que quand tu es content, les autres le de­viennent».

«On change le monde, un geste après l’autre», a-t-elle ré­pé­tée à quelques re­prises dans l’en­tre­vue. Se­lon Gi­nette Si­mard, de jeunes mu­si­ciens de l’Har­mo­nie is­sus de fa­milles aux moyens fi­nan­ciers très li­mi­tés, qui ont re­çu en ca­deau des billets de spec­tacle ou des af­fiches de ci­né­ma, se sont sen­tis vrai­ment com­blés. De tels gestes font plai­sir à voir et à vivre.

Gi­nette Si­mard

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