À UN CHE­VEU DU BON­HEUR!

L'Informateur - - C HA NLEGEMONOSNDE -

Toutes les femmes vous le di­ront : elles en­tre­tiennent une re­la­tion amour-haine avec leurs che­veux. Celles qui les ont longs les vou­draient courts et celles qui les ont fri­sés les vou­draient raides. Mais lorsque la ma­la­die, le stress ou l’âge viennent à bout de leur cri­nière, elles sont prêtes à tout pour re­trou­ver leur che­ve­lure de jeune fille. Ka­thy Roy et Syl­vie Bour­get, pro­prié­taires du sa­lon de coif­fure « Les anges de la coif­fure », ont com­pris leur dé­tresse et se sont don­né pour mis­sion d’ai­der ces femmes à se sen­tir belles à nou­veau. Coif­feuses de for­ma­tion et de pro­fes­sion, les deux femmes ont dé­ci­dé de se lan­cer dans la réa­li­sa­tion de pro­thèses ca­pil­laires. « Ayant vé­cu de près une si­tua­tion sem­blable – ma mère a souf­fert de can­cer – je sais que ce n’est pas évident. Je connais les ap­pré­hen­sions de ces femmes », ex­plique Mme Bour­get. En­core au­jourd’hui, le cli­ché de la « mou­moute » fait peur à plu­sieurs et le su­jet de­meure ta­bou. Se­lon elles, il ar­rive que la fa­mille im­mé­diate ne soit pas au cou­rant du fait qu’elles portent une pro­thèse ca­pil­laire. L’im­pli­ca­tion des deux coif­feuses va au-de­là des soins es­thé­tiques. À coups de ci­seaux et de fer plat, elles re­mo­dèlent l’es­time de leurs clientes. « Tout le cô­té so­cial de la vie de ces femmes [qui souffrent d’alo­pé­cie, c’est-à-dire une perte de che­veux par­tielle ou to­tale] est af­fec­té. Sou­vent, elles vont s’em­pê­cher de sor­tir, de se bai­gner ou d’al­ler dans les lieux pu­blics. Elles croient que les gens ont les yeux ri­vés sur le des­sus de leur tête. Ça af­fecte aus­si leurs re­la­tions in­ter­per­son­nelles. Cer­taines ont peur que leur conjoint ne les trouve plus at­ti­rantes », ajoute Mme Roy. « Avec leurs pro­thèses, elles re­prennent le goût à la vie et le goût d’al­ler chez le coif­feur », ren­ché­rit Mme Bour­get. Alors que la pose de la pro­thèse se fait en pri­vé, la mise en plis, elle, se fait à l’avant, en com­pa­gnie des autres clientes. Les femmes peuvent alors dis­cu­ter des der­niers po­tins et de leur quo­ti­dien. « Elles vont nous ra­con­ter tout plein d’anec­dotes. On est les seules à être au cou­rant, car bien sou­vent, elles ne se sentent pas à l’aise de par­ler de ça avec les autres », es­time Mme Bour­get. Bref, une thé­ra­pie… comme chez le coif­feur!

Daph­née Tran­che­mon­tagne daph­nee.tran­che­mon­tagne@trans­con­ti­nen­tal.ca

Ka­thy Roy et Syl­vie Bour­get

Pho­to: Pa­trick Des­champs

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