Ba­taille ran­gée à la Fondation de la Pointe-de-l’île

L'Informateur - - DOSSIER – FONDATION DE LA POINTE-DE-L'ÎLE - An­toine Dion-Or­te­ga an­toine.dio­nor­te­ga@trans­con­ti­nen­tal.ca

La Fondation de la Pointe-de-l’Île est aux prises avec des ten­sions in­tes­tines telles que ses ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment même s’en trouvent me­na­cées.

L’or­ga­nisme de bien­fai­sance – qui sou­tient des pro­jets liés à la per­sé­vé­rance sco­laire sur tout le ter­ri­toire de la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’Île (CSPI) – a dé­ci­dé, cette an­née, de ne pas te­nir sa soi­rée-bé­né­fice IMAX. L’évé­ne­ment, qui en était à sa sixième édi­tion, au­rait dû avoir lieu au dé­but fé­vrier.

Or, il semble que des pro­blèmes d’or­ga­ni­sa­tion soient sur­ve­nus, for­çant la fondation à re­non­cer à sa prin­ci­pale source de fi­nan­ce­ment.

L’an der­nier, l’évé­ne­ment avait pour­tant oc­ca­sion­né des dons to­ta­li­sant 85 000 $.

Au con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la fondation, la res­pon­sable des ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment, Ga­brielle Lé­ger, a pré­fé­ré ne pas com­men­ter.

Tou­te­fois, il res­sort des comptes-ren­dus de l’or­ga­nisme que cette coû­teuse an­nu­la­tion ré­sulte di­rec­te­ment du cli­mat de ten­sion qui per­siste au sein du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion. Ce­lui-ci se­rait ef­fec­ti­ve­ment di­vi­sé sur la ques­tion de l’au­to­no­mie de l’or­ga­nisme par rap­port à la CSPI.

Tan­dis que cer­tains de ses membres per­çoivent la fondation comme une en­ti­té tout à fait in­dé­pen­dante de la CSPI et ser­vant ses propres des­seins, d’autres sont ap­pa­rem­ment plus sen­sibles aux vues de la com­mis­sion sco­laire. Des membres du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la fondation ont ad­mis avoir été « sol­li­ci­tés » par la di­rec­tion de la CSPI pour agir en ac­cord avec sa vo­lon­té.

« On ne veut pas re­con­naître que la fondation est un or­ga­nisme in­dé­pen­dant de la com­mis­sion sco­laire, au ni­veau lé­gal, a dé­cla­ré une source qui a re­quis l’ano­ny­mat. Et c’est à coup de ré­so­lu­tions, à la com­mis­sion sco­laire, qu’on veut que la fondation soit obli­gée d’ac­cep­ter. »

Un ma­laise crois­sant

La Fondation de la Pointe-de-l’Île – an­cien­ne­ment la Fondation Jé­rôme-Le Royer – a pour mis­sion de sou­li­gner les ef­forts des élèves en dif­fi­cul­té et de sou­te­nir fi­nan­ciè­re­ment des pro­jets en lien avec la lutte au dé­cro­chage sco­laire sur tout le ter­ri­toire de la CSPI.

Fon­dée en 1990 sous l’im­pul­sion d’un groupe de ges­tion­naires et de com­mis­saires sco­laires, la fondation est in­cor­po­rée au re­gistre des en­tre­prises sous la Loi sur les Cor­po­ra­tions ca­na­diennes.

« Il n’y a per­sonne qui conteste le fait que la fondation a été créée par la com­mis­sion sco­laire, il y a 20 ans, a dé­cla­ré le pré­sident de la fondation, Jacques Ba­ril. Mais comme pour toute en­tre­prise, à par­tir du mo­ment où la pre­mière as­sem­blée se réunit pour nom­mer les ad­mi­nis­tra­teurs de la so­cié­té, [celle-ci] de­vient une en­ti­té au­to­nome, pleine et en­tière, ayant ses propres res­pon­sa­bi­li­tés vis-à-vis la loi. »

Se­lon plu­sieurs té­moi­gnages, l’au­to­no­mie de la fondation consti­tue pour­tant un ir­ri­tant ma­jeur pour le pré­sident de la CSPI, Vin­cen­zo Ar­ci­re­si, ain­si que cer­tains membres de la di­rec­tion gé­né­rale. Dans l’en­tou­rage de ceux­ci, on note qu’ils ne font pas tou­jours de dis­tinc­tion claire entre les deux en­ti­tés, la fondation étant par­fois trai­tée comme une simple branche de la CSPI.

Le con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion de la fondation est com­po­sé de treize ad­mi­nis­tra­teurs, dont six membres pro­viennent de la com­mu­nau­té d’af­faires et sept autres de la CSPI, en tant que cadres ou com­mis­saires.

Se­lon nos sources, une part du « ma­laise » qui s’est em­pa­ré du con­seil d’ad­mi­nis­tra­tion à l’hi­ver 2010 pro­vient du fait que des membres is­sus de la com­mis­sion sco­laire se sont, à plus d’une re­prise, fait « souf­fler » – voire car­ré­ment dic­ter, à en croire une source – par la di­rec­tion la ma­nière dont ils de­vaient vo­ter au con­seil. Une si­tua­tion in­con­for­table qui ex­plique le si­lence en­tou­rant la fondation.

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