Un de­si­gn adap­té aux… pois­sons

L'Informateur - - LE PONT DE L’AUTOROUTE 25 - Na­tha­lie Ville­neuve na­tha­lie.ville­neuve@trans­con­ti­nen­tal.ca Les hau­bans du cô­té de La­val sont plus qu’une co­quet­te­rie: ils per­mettent à la struc­ture de ne pas em­pié­ter dans une aire d’ali­men­ta­tion de l’es­tur­geon jaune.

RLes py­lônes de la struc­ture avoi­sinent une fosse na­tu­relle au fond de l’eau, si­tuée à quelque 25 mètres de la rive la­val­loise. Cette dé­pres­sion consti­tue une aire d’abris et d’ali­men­ta­tion pour l’es­tur­geon jaune, une es­pèce me­na­cée.

Cette fosse est elle-même si­tuée en aval d’une frayère im­por­tante, lo­ca­li­sée au pied de la cen­trale hy­dro­élec­trique de la ri­vière des Prai­ries.

Ha­bi­tat du pois­son

La pré­sence de la fosse a jus­ti­fié la de­mande du gou­ver­ne­ment fé­dé­ral de mo­di­fier le concept ar­chi­tec­tu­ral du pont de la 25, afin qu’il n’em­piète pas de fa­çon né­faste dans l’ha­bi­tat du pois­son.

Ré­sul­tat: la struc­ture com­porte une longue tra­vée sus­pen­due, du cô­té de La­val. «La dis­tance ec­ti­ligne du cô­té mon­tréa­lais, la struc­ture longue de 1,2 km éblouit, à l’ap­proche de La­val, avec ses hau­bans qui conso­lident une tra­vée de 280 mètres, entre les deux prin­ci­paux py­lônes. Cette sil­houette asy­mé­trique n’est pas une co­quet­te­rie, mais un moyen de li­mi­ter les im­pacts sur l’es­tur­geon jaune. entre les deux [py­lônes] est d’en­vi­ron 280 mètres et a pour but prin­ci­pal de pro­té­ger adé­qua­te­ment la fosse à es­tur­geons, ex­pli­quait France Bouf­fard, de Conces­sion A-25, en mars 2008. Ce­la était une condi­tion à rem­plir dès l’étape de l’ap­pel de pro­po­si­tions.»

Course contre la montre

En plus d’avoir in­fluen­cé la concep­tion du pont, l’es­tur­geon jaune, tout comme les autres pois­sons de la ri­vière, ont im­po­sé un échéan­cier ser­ré au construc­teur, au prin­temps 2008. En rai­son de la pé­riode de frai, les tra­vaux dans le lit­to­ral étaient in­ter­dits entre le 1er avril et le 1er août. Les au­to­ri­sa­tions des gou­ver­ne­ments pro­vin­cial et fé­dé­ral étaient ob­te­nues en fé­vrier et au dé­but de mars. Il fal­lait donc pro­cé­der, en quelques se­maines, à l’amé­na­ge­ment d’une je­tée tem­po­raire du cô­té de La­val et à la construc­tion des fon­da­tions du py­lône si­tué le plus près de l’île Jé­sus.

À cette course contre la montre s’ajou­tait la pres­sion exer­cée par la Coa­li­tion contre le pro­lon­ge­ment de l’A-25, com­po­sée de plu­sieurs or­ga­nismes et mi­li­tants en­vi­ron­ne­men­taux. La Coa­li­tion a sol­li­ci­té, sans suc­cès, une in­jonc­tion au­près de la Cour su­pé­rieure, pour faire sus­pendre les tra­vaux. Elle était dé­bou­tée par le même tri­bu­nal en juin, après avoir ten­té d’in­va­li­der le dé­cret mi­nis­té­riel qui avait don­né le feu vert au pro­jet.

(Pho­to: Ala­rie Pho­tos)

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