Poste Bout-de-l’île : l’en­vi­ron­ne­ment au coeur des dis­cus­sions

L'Informateur - - BLACK & DECKER - Daph­née Tran­che­mon­tagne daph­née.tran­che­mon­tagne@trans­con­ti­nen­tal.ca

Le Bu­reau des au­diences pu­bliques sur l’en­vi­ron­ne­ment (BAPE) te­nait la pre­mière au­dience pu­blique sur le Pro­jet d’évo­lu­tion du ré­seau de trans­port du nord-est d’Hy­dro-Qué­bec TransÉ­ner­gie, le 25 mai. L’en­vi­ron­ne­ment était au coeur des dis­cus­sions.

De la ving­taine de ci­toyens pré­sents à la ren­contre, au­cun n’est in­ter­ve­nu au mi­cro pour dis­cu­ter du pro­jet. La pré­si­dente de la com­mis­sion, Anne-Ma­rie Parent et le com­mis­saire François La­fond, quant à eux, n’ont pas hé­si­té à po­ser des ques­tions au su­jet du poste Bout-de-l’île, si­tué dans le sec­teur in­dus­triel Ar­mand-Cha­put, à RDP.

Pre­mière pré­oc­cu­pa­tion : l’im­pact du nou­veau tra­cé sur la sau­ve­garde du mi­lieu na­tu­rel. En ef­fet, l’agran­dis­se­ment du poste ac­tuel né­ces­site des tra­vaux de dé­boi­se­ment et l’ac­qui­si­tion d’un ter­rain de la Ville de Montréal où se trouve un mi­lieu hu­mide.

« Cette ligne-là tra­ver­se­rait l’au­to­route 40. Un pre­mier py­lône né­ces­si­te­rait po­ten­tiel­le­ment un peu de dé­boi­se­ment », sou­tient Guy Cô­té, porte-pa­role et char­gé de pro­jet pour Hy­dro-Qué­bec TransÉ­ner­gie. Ce­lui-ci pré­cise, par la même oc­ca­sion, que deux autres py­lônes se­raient construits sur le ter­rain de la so­cié­té d’État.

Se­lon Da­niel Hod­der, de la Di­rec­tion des grands parcs et du ver­dis­se­ment de la Ville de Montréal, ce pro­jet ne « contre­vient pas à la réa­li­sa­tion des ob­jec­tifs de l’éco­ter­ri­toire de la trame verte de l’Est», dans le­quel il est si­tué.

« Le sec­teur où se trouve le pro­jet Bout-del’île est iden­ti­fié comme ayant une cer­taine va­leur, mais il n’est pas un élé­ment né­vral­gique du plan concept de l’éco­ter­ri­toire.

« On veut conso­li­der des es­paces verts au nord et au sud de l’au­to­route 40. L’es­pace pré­vu pour le poste Bout-de-l’île n’est pas com­pris dans les grandes zones de prio­ri­té de cet éco­ter­ri­toire », sou­tient-il.

Afin de com­pen­ser la perte du mi­lieu hu­mide, Hy­dro-Qué­bec s’en­gage à réa­li­ser des amé­na­ge­ments fau­niques et flo­ris­tiques et créer une ser­vi­tude de conser­va­tion d’une du­rée de 25 ans, soit le mi­ni­mum re­quis pour qu’elle soit re­con­nue comme ré­serve na­tu­relle pro­té­gée. Ces ter­rains de­meu­re­ront la pro­prié­té de la so­cié­té d’État.

« Être pro­prié­taire de ter­rains qui ne de­vien­dront pas des parcs ajoute au far­deau de la Ville. Ce n’est pas parce que c’est pro­té­gé que ça de­vient né­ces­sai­re­ment une pro­prié­té mu­ni­ci­pale. La res­pon­sa­bi­li­té de la pro­tec­tion de la bio­di­ver­si­té est celle de tous les pro­prié­taires », sou­tient M. Hod­der.

«Il y a un avan­tage à ce qu’Hy­dro-Qué­bec de­meure pro­prié­taire de ces ter­rains-là dans la me­sure où il va en as­su­mer la res­pon­sa­bi­li­té. On com­pren­dra aus­si que ce sont des ter­rains qui gé­nèrent un re­ve­nu fis­cal pour la Ville en fai­sant l’ob­jet de taxes an­nuelles », ra­joute son col­lègue Pierre Le­gendre.

L’échéance de la ser­vi­tude de conser­va­tion, né­go­ciée entre Hy­dro-Qué­bec et la Ville de Montréal, ne semble pas sa­tis­faire le mi­nis­tère des Res­sources na­tu­relles et de la Faune (MRNF).

« Nous, ça ne nous sa­tis­fait pas. Il faut que la ser­vi­tude soit aus­si longue que la du­rée de vie du pro­jet pour qu’il y ait une vé­ri­table com­pen­sa­tion », fait sa­voir Ka­te­ri Les­cop-Sin­clair, re­pré­sen­tante du MRNF.

« Une par­tie du ma­rais a dé­jà été of­ferte en com­pen­sa­tion pour la des­truc­tion d’un mi­lieu hu­mide. C’est un élé­ment pri­mor­dial pour nous dans le dos­sier. Il est clair pour nous que, dans ce cas-ci, la com­pen­sa­tion doit être su­pé­rieure à une com­pen­sa­tion ré­gu­lière », ra­joute Lin­da Saint-Mi­chel, du mi­nis­tère du Dé­ve­lop­pe­ment du­rable, de l’En­vi­ron­ne­ment et des Parcs.

Gre­nouilles, cou­leuvres et érables noirs

Plu­sieurs es­pèces, ani­males et vé­gé­tales, se­ront af­fec­tées par la mise en place de ce chan­tier. L’érable noir, qui est consi­dé­ré comme une es­pèce vul­né­rable, en fait par­tie. Une di­zaine de spé­ci­mens de­vraient être abat­tus afin de per­mettre la réa­li­sa­tion du poste Bout-de-l’île. Il en est de même pour d’autres es­pèces.

Sté­phane La­pointe, bio­lo­giste pour Hy­droQué­bec as­sure que des me­sures de re­boi­se­ment se­ront ap­pli­quées.

« L’érable noir, étant une es­pèce sus­cep­tible, on a la pré­oc­cu­pa­tion d’avoir un plan de com­pen­sa­tion, car la re­lo­ca­li­sa­tion flo­ris­tique est plus ou moins ga­rante de suc­cès », sou­ligne Mme Saint-Mi­chel.

Pour ce qui est des gre­nouilles et les cou­leuvres, un in­ven­taire pour­rait être de­man­dé par le MRNF afin de « une meilleure connais­sance et per­mettre une com­pen­sa­tion ci­blée », fait sa­voir Mme Les­cop-Sin­clair.

Ad­ve­nant la dé­cou­verte de cou­leuvres sur le sec­teur tou­ché, des me­sures de cap­ture et de re­lo­ca­li­sa­tion de l’es­pèce pour­raient être prises.

Pour en sa­voir plus, on consulte le site In­ter­net du BAPE au www.bape.gouv.qc.ca La deuxième phase des au­diences pu­bliques, du­rant la­quelle les ci­toyens pour­ront pré­sen­ter un mé­moire, se tien­dra le 20 juin, à 19 h, à la salle 2 de la bi­blio­thèque de Saint-Léo­nard (8420, bou­le­vard La­cor­daire). La com­mis­sion de­mande à ceux qui le dé­si­rent de l’avi­ser, avant le 6 juin, de leur in­ten­tion de pré­sen­ter un mé­moire et de leur faire par­ve­nir ce­lui-ci avant le 16 juin. Pour in­for­ma­tion, on contacte Anne-Lyne Bou­tin au 418 643-7447, poste 420.

(Pho­to : archives)

Guy Cô­té, porte-pa­role et char­gé de pro­jet chez Hy­dro-Qué­bec TransÉ­ner­gie a pré­sen­té le pro­jet d’agran­dis­se­ment du poste Bout-de-l’île.

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