Le pro­jet MI­CRO: à la dé­cou­verte du quar­tier et de soi-même

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Ines de La Cue­ta­ra re­dac­tion_est@trans­con­ti­nen­tal.ca

Le ven­dre­di 20 mai au Car­re­four Jeu­nesse Em­plois (CJE) de Ri­vière-des-Prai­ries, six jeunes ont fê­té la fin de leur par­ti­ci­pa­tion au pro­jet MI­CRO (mé­tier, in­for­mer, com­mu­ni­quer, re­cher­cher, et s’orien­ter), pro­jet per­met­tant aux jeunes d’ac­qué­rir de nou­velles com­pé­tences dans dif­fé­rents mé­tiers liés à l’au­dio­vi­suel, tout en s’in­for­mant et com­mu­ni­quant avec la population en vue de faire une re­cherche sur eux-mêmes, et ce dans un pro­ces­sus d’orien­ta­tion.

Lors de cet évè­ne­ment, les jeunes ont pré­sen­té deux pro­duc­tions mul­ti­mé­dia qu’ils avaient eux-mêmes réa­li­sées au cours de 17 se­maines dans le cadre du pro­jet.

La pre­mière vi­déo a évo­qué une par­tie de l’histoire de Ri­vière-des-Prai­ries, du temps des Iro­quois à l’ar­ri­vée des Fran­çais. Afin de réa­li­ser un do­cu­men­taire com­plet sur l’histoire de Ri­vière-des-Prai­ries, les pro­chains par­ti­ci­pants au pro­jet réa­li­se­ront la suite. Ces vi­déos se­ront conser­vées et dis­po­nibles pour tous à la So­cié­té his­to­rique de Ri­vière-des-Prai­ries.

Au pro­gramme aus­si lors de la pré­sen­ta­tion était une pro­duc­tion « Vox pop », un mon­tage de brèves en­tre­vues sur l’ar­ri­vée, le dé­ve­lop­pe­ment et les dif­fi­cul­tés aux­quelles doivent faire face les grandes com­mu­nau­tés im­mi­grantes de Ri­vière-des-Prai­ries, no­tam­ment ita­lienne et haï­tienne. Plus d’une tren­taine de ré­si­dents et de per­son­na­li­tés de Ri­vière-des-Prai­ries ont été in­ter­viewés; par­mi eux, et pré­sente à l’évè­ne­ment, Chan­tal Rou­leau, mai­resse de Ri­viè­redes-Prai­ries–Pointe-aux-Trembles.

«Le pro­jet MI­CRO per­met aux jeunes de se dé­cou­vrir des qua­li­tés, des nou­velles pers­pec­tives c’est un très beau pro­jet, a-t-elle-af­fir­mé. Ces ré­sul­tats sont très pro­fes­sion­nels, et je suis très fière d’y avoir par­ti­ci­pé.»

Le pro­jet exige de ses par­ti­ci­pants, payés au sa­laire mi­ni­mum, qu’ils se pré­sentent au CJE tous les jours pour un to­tal de 30 h par se­maine.

Sub­ven­tion­né par l’or­ga­nisme fé­dé­ral Ser­vice Ca­na­da, le pro­jet MI­CRO s’adresse aux jeunes de 16 à 30 ans, iso­lés, ne réa­li­sant pas d’études, et pré­sen­tant de fortes dif­fi­cul­tés d’in­té­gra­tion sur le mar­ché du tra­vail. Chaque can­di­dat sé­lec­tion­né doit alors se fixer un ob­jec­tif de vie (tel que re­prendre des études, trou­ver un tra­vail) sur le­quel il tra­vaille­ra au cours du pro­jet avec l’aide de Ma­rie-France Char­le­bois, co­or­di­na­trice res­pon­sable de l’in­ser­tion so­cio­pro­fes­sion­nelle. Les jeunes étaient aus­si ai­dés par Juan Her­nan­dez, res­pon­sable du pro­jet col­lec­tif et des mul­ti­mé­dias.

« L’équipe ici était vrai­ment gé­niale, jeune, dy­na­mique, dit Obrien Na­zer, l’un des six par­ti­ci­pant. Et le pro­jet MI­CRO m’a pa­ru vrai­ment struc­tu­ré. J’ai moi-même dé­jà par­ti­ci­pé a d’autres pro­jets de ré­in­ser­tion so­cio­pro­fes­sion­nelle, mais c’était tou­jours un peu n’im­porte quoi… Il n’y avait au­cun sui­vi. Les jeunes n’y al­laient pas et se fai­saient quand même payer. »

Le pro­jet MI­CRO offre aux jeunes plus qu’une simple mé­thode d’in­té­gra­tion au mar­ché du tra­vail. Des ate­liers de sen­si­bi­li­sa­tion et de connais­sance en soi per­mettent aux jeunes de faire une vé­ri­table re­cherche sur eux-mêmes.

« Au cours du pro­jet, les jeunes prennent non seule­ment conscience de qui ils sont, mais aus­si de l’im­pact et in­fluence de leur ré­seau, leurs amis, et leur fa­mille », ex­plique Ma­rie-France Char­le­bois.

L’un des par­ti­ci­pants ajoute que l’équipe de CJE l’a aus­si gran­de­ment ai­dé au ni­veau per­son­nel, en l’ai­dant à dé­bu­ter le pro­ces­sus pour de­man­der un par­don et faire ef­fa­cer son dos­sier cri­mi­nel.

À la suite de la pré­sen­ta­tion des vi­déos, Juan Her­nan­dez et Ma­rie-France Char­le­bois ont re­mis à chaque élève un cer­ti­fi­cat. Un à un, les jeunes ont été alors fé­li­ci­té pour leur contri­bu­tion unique au pro­jet et pour cer­taines qua­li­tés in­di­vi­duelles; lea­der­ship, créa­ti­vi­té, ou en­core per­sé­vé­rance face à de nom­breuses épreuves de vies.

Obrien Na­zer, 27 ans, tra­vaillait avant en tant que mé­ca­ni­cien. Grâce au pro­jet MI­CRO, il a dé­ci­dé de se ré­orien­ter en soins mé­di­caux. « J’ai dé­cou­vert qu’il existe d’autres mé­tiers qui me res­semblent plus… C’est comme si j’étais de­ve­nu une nou­velle per­sonne! »

« Le CJE a fait plus que rem­plir sa mis­sion, c’est de­ve­nu un peu comme une grande fa­mille, conclut un autre par­ti­ci­pant JeanYves Mé­ri­lan, sou­riant. Si je tré­buche un jour, je sais que je pour­rais tou­jours re­ve­nir ici. Le CJE se­ra tou­jours là pour m’ai­der ».

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