Un coup de pouce aux té­lé­soins

L'Informateur - - VIE DE QUARTIER - Phi­lippe Bois­vert phi­lippe.bois­vert@trans­con­ti­nen­tal.ca

Une en­tre­prise de Mon­tréal- Est oeu­vrant dans la trans­for­ma­tion du cuivre (Af­fi­ne­rie CCR) a don­né un sé­rieux coup de pouce au pro­gramme de té­lé­soins du CSSS de la Pointe-de-l’Île en don­nant 200 000 $ à sa fondation.

Le CSSS de la Pointe-de-l’Île, rap­pe­lonsle, des­sert les quar­tiers de Ri­vière-des-Prai­ries, Mer­cier-Est, An­jou, Pointe-aux-Trembles et Ville de Mon­tréal-Est, soit une po­pu­la­tion de près de 200 000 per­sonnes,

L’usine mont­réa­les­toise per­met­tra à l’éta­blis­se­ment de san­té d’au moins dou­bler sa ca­pa­ci­té de pro­di­guer des soins à dis­tance.

De­puis jan­vier 2010, le per­son­nel du CSSS a dis­pen­sé des té­lé­soins à 158 pa­tients at­teints de ma­la­dies chro­niques (pro­blèmes res­pi­ra­toires, dia­bète, in­suf­fi­sance car­diaque, hy­per­ten­sion, etc.).

Jus­qu’à ce jour, les deux in­fir­mières as­si­gnées aux té­lé­soins (l’une qui ins­talle et ex­plique le fonc­tion­ne­ment des ap­pa­reils et l’autre qui re­çoit les don­nées) pou­vaient suivre 80 pa­tients si­mul­ta­né­ment. Grâce à ce don de 200 000 $, le nombre de pa­tients pour­ra au mi­ni­mum être dou­blé. L’ar­gent re­çu per­met­tra de faire l’achat et d’as­su­rer le fonc­tion­ne­ment de 80 nou­velles sta­tions in­for­ma­tiques (ins­tal­lées chez les pa­tients), ce qui per­met­tra aux deux in­fir­mières de suivre 160 per­sonnes, en même temps.

« La po­pu­la­tion de la Pointe-de-l’Île et ses be­soin en soins de san­té ne cessent de croître. On ne pou­vait pas res­ter là à rien faire... Les té­lé­soins nous per­mettent de suivre les gens di­rec­te­ment de leur do­mi­cile. Ils n’ont qu’à en­trer des don­nées dans l’or­di­na­teur et cel­les­ci nous sont trans­mises. L’in­fir­mière re­çoit les don­nées et les ana­lyse. Si elles jugent qu’elles ne sont pas ‘’bonnes’’, elle fait le sui­vi et peut en­voyer quel­qu’un chez le pa­tient », ex­plique le di­rec­teur gé­né­ral du CSSS, An­dré Ga­gnière.

Avec cette nou­velle fa­çon de faire, moins de pa­tients se pré­sen­te­raient à l’ur­gence et les mé­de­cins se­raient du coup moins dé­bor­dés.

Sur le ter­rain

« Souvent, les gens com­prennent mal les symp­tômes de leur ma­la­die chro­nique. Lorsque quelque chose ne va pas, les per­sonnes qui n’ont pas de mé­de­cin de fa­mille ou qui ne sont pas ca­pables d’avoir un ren­dez-vous, vont tout sim­ple­ment se rendre à l’hô­pi­tal. C’est la so­lu­tion fa­cile », dé­plore l’in­fir­mière Na­tha­lie Fer­ron.

C’est elle qui re­çoit les don­nées des pa­tients sui­vis à dis­tance. « Le sys­tème fonc­tionne très bien et les gens ont confiance. Ça leur évite de se dé­pla­cer in­uti­le­ment pour al­ler à l’ur­gence », dit-elle.

« Le seul cô­té né­ga­tif, qui n’en est pas vrai­ment un, c’est que les gens doivent faire face à leur ma­la­die. Gé­né­ra­le­ment, un pa­tient qui a re­cours aux té­lé­soins est ca­pable de faire face à sa ma­la­die, par lui-même, après quatre ou six mois de sui­vi », as­sure l’in­fir­mière.

Avec ses 160 sta­tions, le CSSS s’at­tend à pro­di­guer des soins à dis­tance à une clien­tèle al­lant de 300 à 480 pa­tients par an­née.

Le di­rec­teur gé­né­ral de l’usine Af­fi­ne­rie CCR, Mar­cel Fau­cher, af­firme croire énor­mé- ment en ce pro­jet in­no­va­teur.

« Plu­sieurs de nos em­ployés de­meurent dans cette com­mu­nau­té. Les té­lé­soins sont ef­fi­caces. C’est un pro­jet qui risque, et qui va sans au­cun doute, s’étendre ailleurs », a-t-il in­di­qué, avant de pro­cé­der à la re­mise du chèque de 200 000 $. Le CSSS de la Pointe- de-l’Île pro­digue des soins dans sept éta­blis­se­ments, soit les CLSC de Mer­cier-Est– An­jou, Pointe- aux-Trembles– Mon­tréal-Est et Ri­vière- des-Prai­ries, ain­si que quatre centres d’hé­ber­ge­ment.

(Pho­to: Pa­trick Des­champs)

An­dré Ga­gnière sou­tient que la ca­pa­ci­té des té­lé­soins se­ra au moins dou­blée.

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