Du com­post pour tous

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Je­ter ou com­pos­ter ? Telle est la ques­tion que les ré­si­dents des Ha­bi­ta­tions Main­bourg n’au­ront plus à se po­ser de­puis que l’Éco de la Pointe-aux-Prai­ries les a ai­dés à se pro­cu­rer des bacs à com­pos­tage. L’éco-quar­tier sou­li­gnait d’ailleurs leur inau­gu­ra­tion of­fi­cielle le jeu­di 28 juillet.

La cor­po­ra­tion Main­bourg, qui re­groupe les ha­bi­ta­tions pour per­sonnes âgées, bé­né­fi­cie de­puis l’été der­nier de deux mo­dules com­po­sés cha­cun de trois bacs de com­pos­tage. Ceux-ci, com­mu­né­ment ap­pe­lés « com­pos­teur » ou « com­pos­tière », sont dis­po­sés à deux en­droits : dans la cour ar­rière de la cui­sine des ré­si­dences et tout près des lo­ge­ments com­mu­nau­taires.

Même s’ils sont ac­ces­sibles de­puis l’an der­nier, ce n’est que cette an­née que des por­te­pa­roles de l’Éco de la Pointe-aux-Prai­ries sont ve­nus pré­sen­tés les bien­faits du com­pos­tage. « On a vrai­ment com­men­cé cette an­née, vers le mois d’avril, à avoir des gens qui par­ti­cipent et qui com­mencent à dé­po­ser leurs ma­tières à l’in­té­rieur, dont le ser­vice de cui­sine et les ré­si­dents », dit Ma­thieu Gra­ve­line, qui est agent de dé­ve­lop­pe­ment au sein de l’or­ga­nisme tour­né vers la sen­si­bi­li­sa­tion en­vi­ron­ne­men­tale.

Ve­nu don­ner un cours sur le re­cy­clage avec un col­lègue à une qua­ran­taine de ré­si­dents, il a pro­fi­té de l’oc­ca­sion pour ré­pondre aux ques­tions con­cer­nant les bacs de com­pos­tage. « On leur re­met un pe­tit pa­pier sur le­quel est ins­crit les choses qu’ils peuvent mettre de­dans, dit-il, ain­si qu’un seau dans le­quel ils peuvent mettre leurs ma­tières en at­ten­dant de ve­nir les por­ter dans le com­pos­teur. »

Sauf qu’il reste beau­coup à faire avant de convaincre la plu­part des ré­si­dents de com­pos­ter. « C’est peut-être des gens qui sont dif­fi­ciles à convaincre, mais tran­quille­ment on voit qu’il y a un in­té­rêt. Je pense qu’à force de ve­nir ici, de leur par­ler, de leur dire les bien­faits de cette chose-là, tran­quille­ment on va avoir de plus en plus de par­ti­ci­pants.

Ro­ger Bour­get est le ré­sident res­pon­sable de la ges­tion des bacs de com­pos­tage. Il croit aus­si qu’il y au­ra beau­coup à faire avant de convaincre la masse cri­tique de son voi­si­nage. « Ils sont as­sez âgés quand même. Il y en a qui n’aiment pas ça, [qui trouvent que] c’est trop loin et ain­si de suite. Mais là ça com­mence. À force de les mo­ti­ver, on va avan­cer. »

En at­ten­dant d’autres pro­jets comme ce­lui-ci, les ci­toyens de l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière- desP­rai­ries—Pointe-aux-Trembles peuvent se ra­battre sur les for­ma­tions en com­pos­tage dis­pen­sées par l’Éco de la Pointe-aux-Prai­ries. Au menu, d’ici la fin de l’été, le ver­mi­com­pos­tage. Cette tech­nique fait ap­pel aux vers et est pra­ti­quée à même son do­mi­cile. Cette séance au­ra lieu le 11 août, à 18h, au Centre ré­créa­tif de Ri­vière-des-Prai­ries.

Le b.a.-ba du com­pos­tage

Le com­pos­tage per­met gé­né­ra­le­ment de ré­duire de moi­tié le conte­nu de nos pou­belles. Les res­tants de table, qui sont gé­né­ra­le­ment je­tés aux re­buts, sont en grande par­tie com­pos­tables : les viandes, pro­duits lai­tiers et autres ali­ments in­fects ex­cep­tés, il est pos­sible de ré­cu­pé­rer les fruits et lé­gumes, le pain, les pâtes alimentaires, le riz, les sacs de thé ou les filtres à ca­fé. « On peut aus­si mettre des ma­tières qui pro­viennent du net­toyage des jar­dins : pe­louse, feuilles mortes, ré­si­dus de jar­di­nage en gé­né­ral, etc. », dit l’agent de dé­ve­lop­pe­ment de l’Éco de la Pointe- aux- Prai­ries Ma­thieu Gra­ve­line. Les plumes, le pa­pier et… les che­veux sont éga­le­ment com­pos­tables.

Les « com­pos­teurs » ou « com­pos­tières », qui servent à em­ma­ga­si­ner la ma­tière or­ga­nique, peuvent être fa­bri­qués en bois de cèdre, en plas­tique, en briques, etc. Il est conseillé de les mettre lé­gè­re­ment à l’ombre, tout près de la mai­son ou sur son bal­con. Lorsque la ma­tière est fon­cée et gra­nu­leuse et qu’elle sent la terre, le com­post est prêt à être épan­du. Mais « ça peut prendre jus­qu’à un an avant que le com­post soit mûr », dit Ma­thieu Gra­ve­line. La ma­tière or­ga­nique de­ve­nue com­post consiste en un « amen­de­ment na­tu­rel, donc un en­grais na­tu­rel qui va ai­der à ali­men­ter la terre. »

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

Gas­ton Lam­quin et Ro­ger Bour­get des ha­bi­ta­tions Main­bourg ac­com­pagnent Ma­thieu Gra­ve­line, de l’éco-quar­tier de la Pointe-aux-Prai­ries.

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