Sa­ni­max: état sa­ni­taire

L’en­tre­prise d’équar­ris­sage veut ré­duire son im­pact en­vi­ron­ne­men­tal

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Sa­ni­max, qui traite les car­casses d’ani­maux de bé­tail, est si­tué dans le quar­tier Ri­vière-desP­rai­ries de­puis une cin­quan­taine d’an­nées. L’In­for­ma­teur s’est en­tre­te­nu avec le di­rec­teur de l’en­vi­ron­ne­ment de l’en­tre­prise afin de dé­ter­mi­ner quelles sont les me­sures adop­tées pour di­mi­nuer les re­jets li­quides et les éma­na­tions mal­odo­rantes de l’usine.

Jean-Luc Plante fait va­loir d’en­trée de jeu que l’en­tre­prise a in­ves­ti 40 mil­lions $ au cours de la der­nière dé­cen­nie afin de di­mi­nuer son im­pact sur l’en­vi­ron­ne­ment. Cette somme a ser­vi à amé­lio­rer les in­fra­struc­tures de l’usine et à mo­der­ni­ser son équi­pe­ment.

« On s’est do­té d’un ba­lai mé­ca­nique, qui ra­masse tout ce qui peut tom­ber sur le sol et as­perge éga­le­ment la sur­face as­phal­tée d’un neu­tra­li­sant d’odeurs, dit-il. On a agran­di la ré­cep­tion des ma­tières pre­mières pour mettre le dum­page des ma­tières pre­mières à l’in­té­rieur. » Sa­ni­max évite ain­si que les car­casses entrent en contact avec l’air ex­té­rieur.

À ce su­jet, l’en­tre­prise s’est aus­si do­tée d’un épu­ra­teur d’air et d’épu­ra­teurs ther­miques qui pu­ri­fient l’air vi­cié. « C’est une ef­fi­ca­ci­té de trai­te­ment qua­si par­faite », tient-il à pré­ci­ser.

La ma­tière pre­mière de ce type d’en­tre­prise est la car­casse ani­male. Sa­ni­max, pré­sent à plu­sieurs en­droits au Qué­bec et en Amé­rique du Nord, ré­cu­père les boeufs, les porcs et les pou­lets. Il les trans­forme en gra­nules qui ser­vi­ront, par exemple, à fa­bri­quer de la nour­ri­ture pour les ani­maux do­mes­tiques.

Co­mi­té de vi­gi­lance

Afin de co­or­don­ner la ges­tion des re­jets in­dus­triels, l’an­cien maire de Ri­vière-des-Prai­ries— Pointe-aux-Trembles Cos­mo Ma­cio­cia a mis sur pied en mai 2005 un co­mi­té de vi­gi­lance. Com­po­sé de 12 per­sonnes is­sues au­tant de l’en­tre­prise que de l’ar­ron­dis­se­ment et du grand pu­blic, le co­mi­té se réunit de quatre à cinq fois par an­née.

« Il y a un agen­da type qui re­vient souvent, dit M. Plante. D’abord, on fait tou­jours un sui­vi des comptes ren­dus pré­cé­dents. On s’as­sure qu’il y a une conti­nui­té qui se passe d’un co­mi­té à l’autre. […] On ra­mène aus­si tous les in­di­ca­teurs de per­for­mance qu’on a eus. Es­sen­tiel­le­ment les plaintes d’odeur qu’on a re­çues. […] On fait éga­le­ment le sui­vi du pro­gramme en­vi­ron­ne­men­tal qui a été dé­po­sé à la Ville. »

À la Ville de Mon­tréal, où l’on traite les plaintes re­la­tives aux odeurs ou aux dé­ver­se­ments, on ap­plau­dit ce genre d’ini­tia­tive. « Je pense que c’est un bon moyen pour faire le sui­vi de ce qui est fait au ni­veau de cette com­pa­gnie-là pour mi­ni­mi­ser les désa­gré­ments pour les ci­toyens du sec­teur », af­firme Va­lé­rie De Ga­gné, re­la­tion­niste.

Car, mal­gré les in­ves­tis­se­ments, de nom­breuses plaintes sont lo­gées chaque an­née à la Di­vi­sion des re­jets in­dus­triels. En 2009, 2010 et 2011 (en date du 18 juillet), il y a eu res­pec­ti­ve­ment 91, 32 et 26 plaintes.

« Le ma­té­riel qu’on a est dé­jà dé­gra­dé d’avance, in­dique M. Plante. Et nous, on doit le trai­ter ra­pi­de­ment. On a l’obli­ga­tion de le trai­ter parce qu’on est un ser­vice es­sen­tiel de­puis 1994. […] Je di­rais que 99,9 % [des plaintes], c’est pour les odeurs. » Une don­née que confirme Mme De Ga­gné.

À l’ar­ron­dis­se­ment, on s’as­sure que l’air est tou­jours propre. Sur­tout lorsque des plaintes sont por­tées à l’at­ten­tion des au­to­ri­tés. « C’est souvent quand ils vont faire un chan­ge­ment de tech­no­lo­gie, pour s’as­su­rer que ce soit cor­rect », pré­cise aus­si Ma­rio La­pointe, di­rec­teur de ca­bi­net de la mai­resse d’ar­ron­dis­se­ment Chan­tal Rou­leau.

Il ajoute que, plus sys­té­ma­ti­que­ment, des tests sont ef­fec­tués sur l’eau, à rai­son de quatre fois par an­née. « C’est à la sor­tie de l’usine, dans les égouts, qu’ils vont faire des tests. »

Une zone tam­pon?

Si les odeurs qui se dé­gagent de l’usine af­fectent au­tant cer­tains ré­si­dents, c’est peut-être parce qu’au­cune zone tam­pon n’a été pré­vue entre les deux. C’est du moins l’avis de MM. Plante et La­pointe. « À l’époque, dit M. La­pointe, il n’y avait pas de bâ­ti­ments au­tour de cette usine-là. Peut-être que les ad­mi­nis­tra­tions pré­cé­dentes ont er­ré en lais­sant cons­truire si proche, sans lais­ser de zones tam­pons. »

« On a le désa­van­tage ici d’être ados­sés à un quar­tier ré­si­den­tiel l’autre bord de la rue, ce qui ne fa­vo­rise pas, je di­rais, une co­ha­bi­ta­tion fa­cile », lance pour sa part M. Plante.

Entre-temps, Sa­ni­max de­vra se dé­brouiller seul en jus­tice, puisque un re­cours col­lec­tif lui est in­ten­té par un ci­toyen de­puis 2004. La rai­son : des odeurs, des conta­mi­nants et du bruit. Il n’a pas été pos­sible de par­ler à l’avo­cat en charge du dos­sier.

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