IL N’Y A PAS D’ÂGE POUR AI­DER

L'Informateur - - CHANGEONS LE MONDE ! -

Plu­sieurs or­ga­nismes de cha­ri­té oeuvrent à l’ombre des pro­jec­teurs. C’est le cas des pe­tits frères des Pauvres, qui cherchent à sor­tir les per­sonnes âgées de leur so­li­tude. À 51 ans, Lau­rier Ped­neault a pas­sé la moi­tié de sa vie à y tra­vailler. Il co­or­donne au­jourd’hui les ac­ti­vi­tés or­ga­ni­sées plu­sieurs fois par se­maine par l’or­ga­nisme. « Mon rôle est de co­or­don­ner tous les tran­sports, l’ac­cueil et l’ani­ma­tion lorsque nous pla­ni­fions une ac­ti­vi­té », dit ce­lui qui a fait ses pre­miers pas chez les pe­tits frères alors qu’il était étu­diant. Il s’oc­cupe des ac­ti­vi­tés qui sont or­ga­ni­sées au siège so­cial de la rue Gar­nier à Mon­tréal et des sor­ties à la mai­son d’été d’Oka. « Les gens dont les pe­tits frères des Pauvres s’oc­cupent n’ont pas de fa­mille ou ont une fa­mille ab­sente. Et nous, nous la rem­pla­çons. Nous ac­com­pa­gnons les gens jus­qu’à la fin, men­tionne-t-il. Il faut faire en sorte que la per­sonne dans ses vieux jours ait tou­jours quel­qu’un de si­gni­fi­ca­tif au­tour d’elle. « Souvent, on a af­faire aux gens qui n’ont pas eu d’en­fants. […] Il y a aus­si des gens qui en ont eus, mais qui sont par­tis avant eux. » En dé­pit du nom de l’or­ga­nisme, les pe­tit frères des Pauvres s’oc­cupent de toutes les per­sonnes seules, peu im­porte leur sta­tut so­cio-éco­no­mique. « Main­te­nant on parle de pau­vre­té af­fec­tive. Même si la per­sonne a des sous et qu’elle n’a pas de dif­fi­cul­tés ma­té­rielles », dit-il, avant d’ajou­ter que, « pour évi­ter les conflits d’in­té­rêts, tout est gra­tuit. Comme on fe­rait avec nos vieux pa­rents. » L’or­ga­nisme ne re­çoit au­cune sub­ven­tion gou­ver­ne­men­tale et vit seu­le­ment des dons du pu­blic. D’ailleurs, les pe­tits frères font re­vivre cette an­née leur dé­funt « cy­clo­thon ». « Cette an­née, on le fait re­naître après 10 ans. Le par­cours, c’est entre notre mai­son sur la rue Gar­nier et notre mai­son de cam­pagne à Oka. » Le coût de par­ti­ci­pa­tion : 100 $ par cy­cliste. M. Ped­neault sent qu’il fait vrai­ment la dif­fé­rence au­tour de lui. Les per­sonnes res­tées long­temps seules se sentent souvent re­vivre au contact des jeunes et des moins jeunes bé­né­voles qui les ac­com­pagnent. « On fait en sorte que la vie est moins dif­fi­cile à vivre, dit-il. C’est presque in­dis­pen­sable dans la vie d’une per­sonne d’avoir quel­qu’un à qui pen­ser. » Il a lui-même dé­jà ac­com­pa­gné deux per­sonnes, dont une femme qui était âgée de 85 ans. Elle est morte à 101 ans, en sa­chant qu’elle n’était pas seule. « Ça fait tou­jours quelque chose, dit-il. Mais quand on les a ac­com­pa­gnées jus­qu’à la fin, on sait qu’elles vont par­tir heu­reuses. » Il a aus­si été ju­me­lé à un homme qui, lui, s’était com­plè­te­ment « re­ti­ré » du monde. « Je ne sa­vais pas comment il al­lait ré­agir quand je suis en­tré la pre­mière fois. Mais quand je suis re­par­ti, il m’a dit : “Vous, je veux vous re­voir.” » L’or­ga­nisme, fon­dé en 1946 en France, fê­te­ra ses 50 ans de pré­sence à Mon­tréal en 2012. Et comme leur slo­gan « Mar­chands de bon­heur de­puis 50 ans » l’in­dique, les pe­tits frères ont en­core de belles an­nées de­vant eux pour bri­ser la so­li­tude de nos aî­nés.

Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Lau­rier Ped­neault

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.