Fi­nis les mau­vais rac­cor­de­ments

La mai­resse Rou­leau veut éra­di­quer le dé­ver­se­ment des égouts dans les cours d’eau

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

La mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière-desP­rai­ries— Pointe-aux-Trembles Chan­tal Rou­leau veut en dé­coudre avec les ca­na­li­sa­tions où se mêlent eaux de pluie et eaux usées. Elle pro­jette ain­si d’as­sai­nir les berges du fleuve à temps pour le ré­amé­na­ge­ment de l’an­cienne ma­ri­na Beau­doin en plage pu­blique, à Pointe-aux-Trembles.

C’est bien connu : il fut un temps où les usines dé­ver­saient di­rec­te­ment leurs re­jets in­dus­triels dans les cours d’eau. Bien que des lois aient cor­ri­gé ces mau­vaises pra­tiques, on re­trouve en­core de nom­breux égouts qui dé­versent di­rec­te­ment leur conte­nu dans les eaux du fleuve Saint-Laurent et de la ri­vière des Prai­ries.

Lors du der­nier conseil d’ar­ron­dis­se­ment te­nu le 5 juillet der­nier, une dé­pense de 61 622,03 $ avait été oc­troyée par l’ar­ron­dis­se­ment à la firme En­vi­ro Da­ta inc. pour des tra­vaux de dé­tec­tion des rac­cor­de­ments in­ver­sés. En d’autres termes, l’en­tre­prise au­ra pour man­dat de dé­pis­ter les connexions entre les égouts et le réseau plu­vial.

« On a un réseau plu­vial et un réseau d’égout, ex­plique la mai­resse. Les eaux usées s’en vont [des égouts] à la sta­tion d’épu­ra­tion et le réseau plu­vial col­lecte les eaux de pluie qui tombent dans les trous d’homme qu’on voit dans la rue […] et s’en vont vers le fleuve ou vers la ri­vière.

« Et lors­qu’il y a un mau­vais rac­cor­de­ment, c’est que le réseau d’égout est bran­ché sur le plu­vial, pour­suit-elle. Ça veut dire que les eaux usées s’en vont di­rec­te­ment vers le fleuve ou la ri­vière. Et ça c’est une pro­blé­ma­tique qu’on a ef­fec­ti­ve­ment dans notre ar­ron­dis­se­ment. C’est un hé­ri­tage d’il y a dix ans, quinze ans, vingt ans, trente ans, cin­quante ans. »

Plu­sieurs rai­sons ex­pliquent ces rac­cor­de­ments in­ver­sés. Ils peuvent être dus à des er­reurs ou à la né­gli­gence de cer­tains cols bleus ou de cer­tains en­tre­pre­neurs pri­vés, qui lors de ré­fec­tion au­raient connec­té ces deux ré­seaux. Il peut aus­si s’agir, se­lon la mai­resse, de ces « bricoleurs du di­manche » qui jouent au plom­bier sur leur pro­prié­té.

Afin de dé­tec­ter ces mau­vais rac­cor­de­ments, les spé­cia­listes doivent in­jec­ter de la fu­mée dans les égouts. Si cette fu­mée sort par l’ou­ver­ture du réseau des eaux plu­viales, c’est que les deux ré­seaux sont connec­tés.

« 61 000 $, c’est un pe­tit mon­tant », dit Mme Rou­leau, qui fait de ce dos­sier une prio­ri­té.

Une plage ur­baine

« La cor­rec­tion des mau­vais rac­cor­de­ments, c’est ce qui a per­mis par exemple de ré­cu­pé­rer la qua­li­té d’eau sur le site de l’an­cienne ma­ri­na Beau­doin », pré­cise la mai­resse dans le cadre d’une en­tre­vue ac­cor­dée ex­clu­si­ve­ment à L’In­for­ma­teur.

Elle af­firme que le projet, ins­pi­ré par le rap­port du Co­mi­té Zone d’in­ter­ven­tion prio­ri­taire ( ZIP) Jacques-Car­tier sur l’amé­na­ge­ment d’une plage à Pointe-aux-Trembles, est en­core sur les planches à des­sin.

« Il faut qu’on iden­ti­fie le plan d’amé­na­ge­ment de ce site-là. On sait que der­niè­re­ment, on a pro­cé­dé à un chan­ge­ment de zo­nage du site qui était stric­te­ment ré­si­den­tiel », dit-elle en par­lant du site de l’an­cienne ma­ri­na Beau­doin, si­tué au bout de la 94e Ave­nue. « C’est un site qu’on avait iden­ti­fié comme ayant un po­ten­tiel très in­té­res­sant d’ac­cès au fleuve pour la po­pu­la­tion de notre ar­ron­dis­se­ment. »

Comme le rap­por­tait L’In­for­ma­teur la se­maine der­nière, la qua­li­té de l’eau du fleuve est « très bonne » à cet en­droit, même si la plage n’y est pas en­core amé­na­gée.

Il n’est pas pos­sible d’avoir de date pré­cise au­près de la mai­rie quant à l’ou­ver­ture of­fi­cielle de la plage. « Je ne peux pas dé­voi­ler main­te­nant parce qu’on est en train de tra­vailler sur ce qu’on veut faire, dit-elle. C’est un tra­vail pro­gres­sif. »

Mais il de­meure pos­sible « qu’il y ait une ac­ti­vi­té qui se fasse l’été pro­chain. On va tra­vailler là-des­sus », af­firme-t-elle, sans tou­te­fois ap­por­ter plus de pré­ci­sions.

Elle pré­voit d’ailleurs faire des consul­ta­tions pu­bliques qui por­te­raient sur l’amé­na­ge­ment des berges de l’ar­ron­dis­se­ment. « On va al­ler en consul­ta­tion au­près de la po­pu­la­tion, pré­vient-elle. On veut évi­ter les dé­ve­lop­pe­ments anar­chiques ou du n’im­porte quoi. On veut vrai­ment avoir un cadre bien dé­fi­ni pour le dé­ve­lop­pe­ment des berges. »

En ce qui concerne le dé­ve­lop­pe­ment des berges de la ri­vière des Prai­ries, il n’est pas non plus pos­sible d’ob­te­nir une échéance pour les tra­vaux ni de sa­voir de quelle na­ture se­ront ces tra­vaux.

« Il y a des choses qui sont en pré­pa­ra­tion pour les pro­chains mois et qui se­ront pré­sen­tées, mais il y a énor­mé­ment de tra­vail qui a été réa­li­sé jus­qu’à main­te­nant et on est tou­jours en train de dé­ve­lop­per », avance-t-elle.

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