Le lo­ge­ment so­cial et la jeu­nesse

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

La nou­velle dé­pu­tée d’Ho­no­ré- Mer­cier Pau­li­na Aya­la en­tend dé­fendre vi­gou­reu­se­ment l’ac­cès au lo­ge­ment so­cial dans la cir­cons­crip­tion. Elle veut aus­si mettre l’ac­cent sur l’in­té­gra­tion de la jeu­nesse au cours de son pre­mier man­dat. C’est du moins ce que la dé­pu­tée du Nou­veau Par­ti dé­mo­cra­tique (NPD) a ré­vé­lé au cours d’un en­tre­tien ac­cor­dé à L’In­for­ma­teur ré­cem­ment.

Le lo­ge­ment so­cial

« Le lo­ge­ment so­cial, c’est une né­ces­si­té. Ça touche des fa­milles ça. Moi-même en ayant des en­fants ce n’était pas fa­cile de trou­ver des lo­ge­ments, parce que les en­fants, ça dé­range beau­coup de monde », dé­clare Mme Aya­la, qui connaît la pro­blé­ma­tique de près.

Elle vou­drait faire en sorte que tous aient ac­cès à un lo­ge­ment, peu im­porte le re­ve­nu. Elle dit aus­si vou­loir pri­vi­lé­gier la pro­prié­té plu­tôt que la lo­ca­tion, comme le dé­si­rent souvent les nou­veaux ar­ri­vants. Se­lon Sta­tis­tique Ca­na­da, en­vi­ron la moi­tié des do­mi­ciles d’Ho­no­ré-Mer­cier sont lo­ca­tifs.

« Je pri­vi­lé­gie beau­coup les co­opé­ra­tives, parce que les gens prennent en charge leur en­vi­ron­ne­ment. Parce que dans une co­opé­ra­tive, tu n’es pas pro­prié­taire, mais tu n’es pas non plus lo­ca­taire. Tu as une res­pon­sa­bi­li­té. Ça te donne beau­coup de di­gni­té aus­si. »

C’est jus­te­ment cette prise en charge col­lec­tive que veut fa­vo­ri­ser Mme Aya­la. « Le ci­toyen se sent plus par­tie pre­nante dans l’af­faire, dit-elle. Tout le monde prend des dé­ci­sions. Je pense qu’il faut en­cou­ra­ger ça. Il faut pri­vi­lé­gier cette voie. » Elle ajoute même pré­fé­rer les co­opé­ra­tives aux HLM—ou ha­bi­ta­tions à loyer mo­dique—où « tu ne peux pas prendre des dé­ci­sions pour toi ».

Même si elle avoue ne pas connaître en­core ce dos­sier dans le dé­tail, elle croit que ses pro­po­si­tions au­ront beau­coup de suc­cès, car, « au Qué­bec, la co­opé­ra­tive, ça fait par­tie de la cul­ture ». Comme elle l’in­dique au jour­nal, la jeu­nesse va prendre beau­coup de place dans son dis­cours. « Il faut prendre conscience du rôle de nos jeunes, dit-elle. [Pour] que les jeunes aus­si prennent leur place. »

Elle veut in­té­res­ser les jeunes à la po­li­tique, comme lors­qu’elle en­sei­gnait l’his­toire à ses élèves de l’école se­con­daire Hen­ri-Bou­ras­sa de Mon­tréal-Nord. « Dans les dé­ci­sions po­li­tiques que nous pre­nons au­jourd’hui, c’est eux qui vont payer le prix », sou­ligne-t-elle pour jus­ti­fier son em­pres­se­ment d’agir.

Elle veut créer un dia­logue in­ter­gé­né­ra­tion­nel. Et en ce sens, elle croit que la di­ver­si­té des ori­gines et des âges de ses col­lègues du NPD est une bonne chose. « Je suis tel­le­ment fière qu’il y ait au­tant de jeunes dans mon par­ti, as­sure-t-elle. Quand je re­garde de l’autre cô­té dans le Par­le­ment, je vois beau­coup de per­sonnes plus âgées. »

Plus concrè­te­ment, elle veut que les jeunes aient plus de lieux de loi­sir et de so­cia­li­sa­tion. « Si les parcs sont faits pour qu’il n’y ait pas de place pour les jeunes, c’est sûr qu’ils se sentent re­je­tés, dit-elle. Et c’est pas moi qui avance ça, ce sont les gens qui tra­vaillent dans des or­ga­nismes de­puis long­temps. Ils disent qu’il n’y a pas de place pour les jeunes ici, même pour les amu­ser pour qu’ils puissent jouer au bas­ket­ball. »

Elle croit par ailleurs que l’in­té­gra­tion réus­sie des nou­veaux ar­ri­vants fa­ci­lite celle de leurs en­fants. « Si on est ca­pable de créer des pro­grammes qui fa­ci­litent les stages des nou­veaux ar­ri­vants dans leur do­maine, chose qui n’est pas faite en­core, ça va fa­ci­li­ter l’in­té­gra­tion de leurs pa­rents, donc les en­fants vont se sen­tir contents d’être ici. »

Mais dans tous les cas, ce sont les or­ga­nismes sur le ter­rain qui vont faire la dif­fé­rence. « Il y a des or­ga­nismes qui tra­vaillent dé­jà et qui ont été ca­pables de ci­bler les be­soins des jeunes, comme à Bos­co­ville [à Ri­vière-desP­rai­ries], in­dique-t-elle. Moi, je ne peux pas fi­nan­cer d’or­ga­nismes, mais peut-être que je peux al­ler co­gner aux portes dans un mi­nis­tère pour al­ler cher­cher une sub­ven­tion. »

Se­lon Ser­vice Ca­na­da, il n’existe pas de dé­par­te­ment au sein du gou­ver­ne­men­tal fé­dé­ral ex­clu­si­ve­ment dé­dié à la jeu­nesse. Le gou­ver­ne­ment du Qué­bec pos­sède en re­vanche son propre Se­cré­ta­riat à la jeu­nesse.

(Pho­to : Ala­rie Pho­tos)

La dé­pu­tée Pau­li­na Aya­la (en avant-plan), en­tou­rée de gauche à droite, de Da­nièle Cre­vier, ad­jointe aux ser­vices aux ci­toyens, de To­by La­mon­tagne, ad­joint po­li­tique, et d’Adria­na Po­ma­re­da, ad­jointe aux ser­vices aux ci­toyens.

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