La ren­trée à Ci­té des Prai­ries

Le Centre jeu­nesse offre les mêmes ins­tal­la­tions qu’une école ré­gu­lière

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

C’était la ren­trée sco­laire il y a deux se­maines pour près d’un mil­lion d’élèves au Qué­bec. Si la ma­jo­ri­té d’entre eux iront dans une école ré­gu­lière, quelques-uns comme les jeunes des centres jeu­nesse n’au­ront pas à se dé­pla­cer. Comme ceux de Ci­té des Prai­ries, l’une des prin­ci­pales an­tennes du Centre jeu­nesse de Mon­tréal si­tuée en re­trait du bou­le­vard SaintJean-Bap­tiste.

Les 140 jeunes qui y ré­sident sont tous dans l’obli­ga­tion de fré­quen­ter l’école. Du moins, jus­qu’à l’âge de 16 ans comme la loi le pres­crit. Pour ce faire, le centre dis­pose de classes, de gym­nases, de cours in­té­rieures et d’ate­liers pour la for­ma­tion pro­fes­sion­nelle.

Chaque jeune est as­treint à un ho­raire quo­ti­dien, se dé­cli­nant du lun­di au ven­dre­di de 8 h 45 à 15 h 10 ou 16 h 20. Ses cours sont tout ce qu’il y a de plus nor­mal : fran­çais, an­glais, ma­thé­ma­tiques, uni­vers so­cial, etc. Au fi­nal, il re­çoit le même nombre d’heures que ses sem­blables des écoles ré­gu­lières.

« Il faut que ce soit conforme à la Com­mis­sion sco­laire de la Pointe-de-l’Île [CSPÎ], dit Isa­belle La­ver­tu, chef de ser­vice des uni­tés Im­pact et Étoile. Ils vont comme dans une po­ly­va­lente or­di­naire. Il y a des ho­raires sco­laires, des agents d’in­ter­ven­tion qui as­surent le bon fonc­tion­ne­ment des tran­si­tions entre les cours. » Aus­si la CSPÎ four­nit le corps en­sei­gnant du centre.

Mme La­ver­tu connaît bien le pro­gramme qu’ont à suivre les jeunes qu’elle su­per­vise. Les deux uni­tés qu’elle a sous son aile sont com­po­sées cha­cune de 12 jeunes. Tous comme les uni­tés Pont et Phare, les uni­tés Im­pact et Étoile re­groupent des jeunes à la charge de la di­rec­tion de la Pro­tec­tion de la jeu­nesse (DPJ).

Le reste du centre étant com­po­sé de jeunes contre­ve­nants, Mme La­ver­tu ra­conte donc d’abord et avant tout ce qu’elle vit au­près de ceux qui sont pro­té­gés par la loi (de la DPJ).

« On a vé­cu un dé­cloi­son­ne­ment l’an pas­sé, ex­plique-t-elle. Au­pa­ra­vant, les jeunes de chaque uni­té res­taient en­semble pour l’école. On avait un pro­fes­seur qui leur en­sei­gnait toute la jour­née. »

Or, pré­cise-t-elle, « on a vou­lu nor­ma­li­sé le sco­laire, parce que ça stag­nait. Parce que quand ils partent d’ici, il faut qu’ils soient ha­bi­le­tés à en­trer dans une école nor­male. […] L’an­née pas­sée, jus­te­ment, un point po­si­tif au dé­cloi­son­ne­ment, c’est que les jeunes qui avaient plus d’ha­bi­le­tés sco­laires, ils réus­sis­saient mieux ».

Les classes ont cette an­née été ré­duites à cinq ou six garçons. « Pour toutes sortes de rai­sons, de se re­trou­ver avec des garçons à pro­blèmes, ça peut faire de pe­tites bombes », dit-elle. Ça de­ve­nait donc « dif­fi­cile des fois pour eux de se concen­trer avec tous les pro­blèmes qu’ils ont ».

Si la plu­part ont des cours à même l’éta­blis­se­ment, cer­tains jeunes ont ac­cès aux écoles ré­gu­lières. D’autres en­core vont suivre des stages. Il va sans dire que le centre jeu­nesse met beau­coup l’ac­cent sur les ha­bi­le­tés de tra­vail.

« Il y a des pro­fes­seurs qui trouvent ça mieux parce qu’ils n’y a plus d’édu­ca­teurs. Ils sont les seuls à faire de la dis­ci­pline », ajoute Mme La­ver­tu.

Fré­dé­rick, qui a 16 ans, en­tame sa qua­trième se­con­daire. Il ap­pré­cie les chan­ge­ments qui ont été ap­por­tés au ré­gime pé­da­go­gique du centre. « Avant, on avait un prof par classe. Main­te­nant, en maths et en tech­no on en a deux, dit-il. En ce mo­ment, on est en plein chan­ge­ment. Un de nos profs est par­ti en congé. Le nou­veau est hi­la­rant, il est très drôle. »

Il laisse tou­te­fois en­tendre que l’ho­raire est as­sez dif­fé­rent de ce qu’il a dé­jà vé­cu. « Les jour­nées, les heures ne sont pas pa­reilles. On n’a ja­mais comme un ho­raire stable, comme à l’école or­di­naire. »

Il pré­tend aus­si ne pas avoir de de­voirs. « On a à peu près deux fois plus de congés qu’ailleurs, men­tionne-t-il. Des fois, j’ai l’im­pres­sion d’être dans un camp de va­cances. Ici on a à peu près une tren­taine de congés. »

Pour William, 15 ans, qui est en deuxième se­con­daire, il n’y a pas un sys­tème moins exi­geant qu’un autre. Bien au contraire. « Je trouve que c’est plus com­pli­qué qu’à l’école ex­té­rieure. On di­rait que les exa­mens sont plus com­pli­qués. Les tra­vaux sont exi­geants. »

Les deux semblent ce­pen­dant être bien à leur place, alors que Fré­dé­rick quitte le re­pré­sen­tant du jour­nal pour re­tour­ner en classe en quelques se­condes seule­ment.

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

Isa­belle La­ver­tu, chef de ser­vice des uni­tés Im­pact et Étoile au Centre jeu­nesse Ci­té des Prai­ries

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