De la plume...

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La pein­ture est ap­pli­quée sur du pa­pier car­ton­né trou­vé alors qu’elle étu­diait les arts vi­suels à l’UQAM il y a une di­zaine d’an­nées. C’est à cette époque qu’elle a eu l’idée d’écrire un poème sur le­quel elle pein­drait ces femmes.

« Un soir, je li­sais L’ava­lée des ava­lés de Ré­jean Du­charme. Quand je l’ai ter­mi­né, j’ai dit “wow!”, quelle le­çon de li­ber­té, lance-t-elle pour ex­pli­quer l’ori­gine de son idée. Le len­de­main ma­tin, je me suis ré­veillée et c’est comme s’il y avait un res­sort en moi. D’un seul jet, j’ai écrit le texte. »

Ce texte, qu’elle a in­ti­tu­lé sim­ple­ment Écrire, est une ode à l’art, à la créa­tion et à la li­ber­té. « Ça parle de la so­li­tude », dit-elle aus­si.

« En pre­mier, c’est juste écrire pour écrire, per­mettre l’ex­tra­va­gance. » Sauf que ce texte, qua­si sa­lu­taire, se­ra à la base d’une oeuvre com­plète.

« C’est un texte que je porte en moi. À un mo­ment, je suis à l’uni­ver­si­té, et le pro­fes­seur nous dit qu’il n’y au­ra pas de mo­dèle vi­vant. J’étais un peu frus­trée. J’ai dé­ci­dé d’écrire le texte sur du pa­pier car­ton­né », ajoute-t-elle. Il s’agit du même texte qui lui avait été ins­pi­ré par la lec­ture du ro­man de Ré­jean Du­charme.

Il est d’ailleurs pos­sible d’en­tendre in­té­gra­le­ment ce texte dans une vi­déo à l’entrée de la salle d’exposition. « Je suis l’im­pu­dique vierge. Je pé­ris en en­fer du pé­ché de leurs soup­çons. Je pé­ris en en­fer du pé­ché de leurs cons soup­çons », y dé­clame-t-elle. Ou en­core cet autre vers : « Se faire bouche-à-bouche, se res­pi­rer, voi­là le mag­ma de l’amour. »

Mme Ga­lar­neau a dé­ci­dé d’illus­trer la femme parce que c’est ce qu’elle connaît le mieux. La nu­di­té est une fa­çon de mon­trer les choses comme elles le sont réel­le­ment. « Je ne pense même pas aux vê­te­ments. Pour moi, c’est le mou­ve­ment [qui compte]. Le corps parle par lui-même, jus­ti­fie-t-elle. Quand on est nus, on est nous, […] on est réels. »

La Prai­ri­voise d’adop­tion a fait pas moins de 30 ex­po­si­tions dans sa car­rière. Celle qui dit être née ar­tiste pour­suit son che­mi­ne­ment ar­tis­tique à plein temps. « Ça évo­lue dans le temps. Mais c’est tou­jours en rap­port à l’uni­vers féminin. »

Elle est d’ailleurs tou­jours en mode créa­tif. « J’ai amor­cé un tra­vail qui touche à la vio­lence qui peut être faite aux femmes. »

Bien qu’elle ne puisse pas vendre ses pein­tures sur place, Mme Ga­lar­neau n’ex­clut pas de le faire à l’ex­té­rieur. Mais une chose est sûre : son poème ne se­ra ja­mais édi­té. Elle veut le gar­der pour elle-même et l’ex­ploi­ter sous tous ses angles.

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