Les Iro­quois et Ri­vière-des-Prai­ries

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Jean-Claude Ri­chard So­cié­té His­to­rique de Ri­vière-des-Prai­ries

Jus­qu’en 1671, nous dit Wi­ki­pé­dia, il avait été im­pos­sible de son­ger à éta­blir une pa­roisse du cô­té de la ri­vière des Prai­ries, car les Iro­quois pé­né­traient dans l’île de Mon­tréal par cette ri­vière. C’est pour­quoi les Sul­pi­ciens, sei­gneurs de l’île, au­raient, cette an­née-là, éta­bli deux fiefs et concé­dé des terres à quelques co­lons « ca­pables de se faire sol­dats au be­soin », afin d’en for­ti­fier le bout et de mettre fin à ces in­cur­sions. La pre­mière terre, concé­dée à Jean Grou, se trou­vait au bout de l’île et fut le théâtre, le 2 juillet 1690, d’une ba­taille op­po­sant 25 Fran­çais et une cen­taine d’Iro­quois. Faits pri­son­niers, Grou et trois autres com­pa­gnons furent ame­nés au vil­lage des On­neyouts où, se­lon le Père Millet, mis­sion­naire jé­suite, ils au­raient été brû­lés.

Ce fait n’est pas iso­lé : les écrits du XVIIe siècle re­gorgent de ré­cits rap­pe­lant la « bar­ba­rie » des Iro­quois, l’achar­ne­ment avec le­quel ils at­ta­quaient les Fran­çais et leurs al­liés amé­rin­diens et la ter­reur qu’ils ins­pi­raient aux co­lons. La ré­gion de Mon­tréal, proche du ter­ri­toire iro­quois, fut par­ti­cu­liè­re­ment vi­sée par ces at­taques. Mais, qu’est-ce qui ex­plique l’at­ti­tude des Iro­quois?

Rap­pe­lons d’abord que lors du pre­mier contact entre ces au­toch­tones et les Fran­çais, Cham­plain, al­lié à leurs en­ne­mis, dé­char­gea son ar­que­buse sur eux. D’autres ren­contres de même na­ture se pro­dui­sirent dans les an­nées sub­sé­quentes. Sans ju­ger du bien-fon­dé des gestes de Cham­plain, on peut com­prendre que les s Iro­quois l’aient ran­gé, lui et ses com­pa­triotes, au nom- bre de leurs ad­ver­saires.

D’autres élé­ments doivent tou­te­fois être pris en n consi­dé­ra­tion. D’abord, le fait que les Cinq-Na­tions et t les Hu­rons-Wen­dats « se bat­taient de­puis plus de cin­quante ans quand Sa­gard vi­si­ta la Hu­ron­nie (sic), au dix-sep­tième siècle » , écrit l’his­to­rien amé­rin­dien Ber­nard As­si­ni­wi. Ce der­nier ajoute que les Fran­çais chas­saient sur le ter­ri­toire iro­quois, ce qui dé­ran­geait les Agniers, et qu’ils ve­naient de plus en com­pé­ti­tion com­mer­ciale avec les Cinq-Na­tions qui ven­daient des peaux de cas­tor aux Hol­lan­dais, mais de­vaient les ache­ter aux Al­gon­quins et aux Wen­dats. Ces der­niers, tou­te­fois, n’ac­cep­taient de vendre qu’aux Fran­çais, bien que le prix of­fert fut moins avan­ta­geux. « Alors, conclut As­si­ni­wi, les Iro­quois n’ont pas le choix. » Rien n’est ja­mais simple!

Ce n’est qu’après la conclu­sion de la Grande Paix de Mon­tréal, en août 1701, que la si­tua­tion fut telle que des éta­blis­se­ments purent se dé­ve­lop­per dans un cli­mat plus se­rein. La for­ma­tion du vil­lage de Ri­vière-desP­rai­ries, en 1731, s’ins­crit dans ce contexte.

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