Ma­rie-Vic­to­rin change de dé­cor

Le cé­gep se do­te­ra de nou­velles salles pour son pro­gramme de théâtre

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Le cé­gep Ma­rie-Vic­to­rin au­ra dès jan­vier 2012 de nou­velles salles de ré­pé­ti­tion et de pro­duc­tion pour ses étu­diants du pro­gramme de théâtre. L’In­for­ma­teur a ren­con­tré le prin­ci­pal ins­ti­ga­teur du pro­jet, qui af­firme qu’il s’agit d’ins­tal­la­tions scé­niques com­pa­rables à ce qui se fait de mieux dans les grands théâtres mon­tréa­lais.

« Les élèves vont ap­prendre sur des ins­tal­la­tions pro­fes­sion­nelles. Ils vont ap­prendre sur des or­di­na­teurs et sur des consoles d’éclai­rage comme dans les théâtres de Mon­tréal », lance Pierre Bro­deur, pro­fes­seur et res­pon­sable du pro­gramme pré­uni­ver­si­taire de théâtre du cé­gep.

La nou­velle grande salle, qui est en cours d’amé­na­ge­ment sur le site d’une an­cienne salle d’en­traî­ne­ment, se­ra com­po­sée de plu­sieurs pièces mul­ti­fonc­tion­nelles. La par­tie cen­trale, aus­si ap­pe­lée la « boîte noire », est une salle de re­pré­sen­ta­tion mu­nie d’une grande scène et d’un par­terre de 86 places. Le tout est amo­vible. C’est une salle à géo­mé­trie va­riable, où il est pos­sible de dé­cons­truire l’es­pace, af­firme M. Bro­deur.

Aux deux ex­tré­mi­tés se trouvent res­pec­ti­ve­ment une loge et une ré­gie. Du cô­té gauche de la « boîte noire » se suc­cèdent trois salles de ré­pé­tions de gran­deur dif­fé­rente et deux dé­pôts d’ac­ces­soires tan­dis que du cô­té droit sont amé­na­gés deux classes de pro­duc­tion.

« Il va y avoir une com­mu­nion, une sy­ner­gie », évoque M. Bro­deur. Car tous les étu­diants, qu’ils soient au dé­but ou à la fin de leur cur­sus sco­laire, vont pou­voir col­la­bo­rer en­semble. « Les élèves en pro­duc­tion vont pou­voir ex­pé­ri­men­ter l’éclai­rage », alors que d’autres joue­ront sur la scène. Si la pièce cen­trale pour­ra être re­con­fi­gu­rée au goût des étu­diants, ceux-ci pour­ront aus­si se ser­vir de celles qui sont at­te­nantes. Comme des salles de ré­pé­ti­tion qui pour­ront se trans­for­mer en cou­lisses le temps de jouer un acte.

De­puis qu’il a fon­dé le pro­gramme de théâtre il y a 17 ans, M. Bro­deur n’a ces­sé de ré­cla­mer des ins­tal­la­tions adé­quates. Il a d’abord eu des lo­caux tem­po­raires en lieu et place d’an­ciens en­tre­pôts. En­suite, il y a cinq ans, une salle de ré­pé­ti­tion lui a été of­ferte. En­core que celle-ci était trop exigüe, en plus de man­quer de loges, d’éclai­rage ef­fi­cace et d’une chaîne stéréo.

Puis, il y a quelques an­nées, le cé­gep a don­né sa bé­né­dic­tion au pro­jet. En 2010, « les pro­fes­seurs de théâtre ont pro­po­sé l’amé­na­ge­ment aux ar­chi­tectes ». En jan­vier 2011, ces der­niers ar­rivent avec un plan, et en mai, le chan­tier est lan­cé. L’ou­ver­ture of­fi­cielle de­vrait avoir lieu en jan­vier 2012, à temps pour le re­tour en classe.

Un pro­gramme qui a du suc­cès

« Par­mi toutes les écoles pré­pa­ra­toires, on est celle qui au­ra les meilleures ins­tal­la­tions et les plus adé­quates, dit fiè­re­ment M. Bro­deur. Ce qui fait notre par­ti­cu­la­ri­té […], c’est qu’on est le seul pré­uni­ver­si­taire à of­frir à la fois l’in­ter­pré­ta­tion, la pro­duc­tion et la scé­no­gra­phie. […] On leur en­seigne ce qui se fait, et non pas la théo­rie. »

Le pro­gramme en arts et lettres a la par­ti­cu­la­ri­té d’of­frir des séances concen­trées de théâtre. « Au­jourd’hui le cours com­mence à 9 h. À par­tir de 8 h, ils ar­rivent pour s’échauf­fer. Le cours se ter­mine à 16 h, et cer­tains res­tent jus­qu’à 18 h pour ré­pé­ter », donne-t-il comme exemple d’une jour­née type. Ce ré­gime a cours d’une jour­née à une jour­née et de­mie par se­maine. Des 25 à 30 étu­diants qui ter­minent le pro­gramme chaque an­née, en­vi­ron une quin­zaine veut de­ve­nir co­mé­dien. « Ça nous per­met d’écré­mer pour les écoles su­pé­rieures de théâtre. »

Ce cur­sus semble por­ter ses fruits. « Il y a quatre ans, l’École na­tio­nale de théâtre du Ca­na­da a re­çu 1170 de­mandes. Sur les 12 ad­mis, il y en avait trois qui sor­taient d’ici. » En plus de cette école, les fi­nis­sants du cé­gep Ma­rie-Vic­to­rin peuvent être ad­mis à l’UQAM, aux conser­va­toires de Qué­bec et de Mon­tréal ain­si qu’aux cé­geps de Saint-Hya­cinthe et de Sainte-Thé­rèse.

« Quand on a mis le pro­gramme sur pied, c’était pour ré­pondre aux at­tentes des écoles su­pé­rieures de théâtre qui ju­geaient que ceux qui ar­ri­vaient aux au­di­tions étaient trop jeunes et pas as­sez pré­pa­rés.

« Ce qu’ils nous ont don­né comme man­dat, c’est de don­ner l’heure juste sur comment ça fonc­tionne dans les écoles de théâtre et éven­tuel­le­ment dans le mé­tier, ajoute-t-il. On ne peut pas en­trer à 17 ans dans une école su­pé­rieure, car on se fait man­ger la laine sur le dos. »

M. Bro­deur es­père qu’avec cette nou­velle salle ses étu­diants conti­nue­ront d’avoir du suc­cès au­près des écoles su­pé­rieures de théâtre ain­si que dans leur fu­ture car­rière de co­mé­dien.

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

Le pro­fes­seur Pierre Bro­deur est der­rière le pro­jet d’amé­na­ge­ment de la grande salle de théâtre.

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