MYCHÈLE AMBERG, FEMME DE TÊTE ET DE COEUR

L'Informateur - - CHANGEONS LE MONDE ! -

«Lorsque j’ai de­vant moi une per­sonne at­teinte d’Alz­hei­mer, je la re­garde et j’ima­gine. Vous sa­vez, il y a des ta­bleaux à cô­té de leur porte de chambre, alors on a un aper­çu de qui était cette per­sonne. Il avait un es­prit in­tel­li­gent, il a contri­bué à la so­cié­té. Je trouve ce­la triste, mais il faut tou­jours les trai­ter comme s’ils com­pre­naient. Car on ne sait ja­mais. On ne sait ja­mais à quel mo­ment, à quelle se­conde, ils se­ront conscients.» Res­pect et re­con­nais­sance. Voi­ci les deux mots d’ordre qui dé­fi­nissent le tra­vail de la bé­né­vole Mychèle Amberg à l’hô­pi­tal Sainte-Anne. Cet hô­pi­tal si­tué à Sainte-Anne-de-Bel­le­vue s’oc­cupe uni­que­ment des vé­té­rans, il est le der­nier du genre au Ca­na­da. Mme Amberg ha­bite tout près, et elle s’y rend plu­sieurs fois par se­maine de­puis 1987. «Lors de ma première visite, j’ai été tel­le­ment im­pres­sion­née par l’at­mo­sphère cha­leu­reuse, fa­mi­liale. Le per­son­nel, leur dé­voue­ment. Ils trai­taient les pa­tients comme des membres de la fa­mille. J’ai réa­li­sé qu’ici, c’était comme une mai­son.» Cette mère de la fa­mille tra­verse une pé­riode trouble. Mychèle Amberg est tout juste de re­tour au pays, après avoir pas­sé près de 15 ans aux quatre coins du monde. Le tra­vail de son ma­ri l’exi­geait alors. «Lorsque je suis re­ve­nue, je croyais que j’au­rais le temps de voir ma mère. Elle est dé­cé­dée du can­cer en 1986. J’ai res­sen­ti un grand vide, une grande dé­so­la­tion.» Une bé­né­vole «en or» Mme Amberg fait par­tie de la ca­té­go­rie des bé­né­voles en or, comme le sou­ligne l’ac­tuelle di­rec­trice du ser­vice des bé­né­voles de l’hô­pi­tal Sain­teAnne, Jo­hanne Gre­nier. «C’est une per­sonne ex­tra­or­di­nai­re­ment gé­né­reuse, et bien ai­mée de nos ré­si­dents et bé­né­voles», af­firme Jo­hanne Gre­nier. Entre autres choses, Mychèle Amberg fe­ra par­tie de ceux qui met­tront sur pied la Fon­da­tion de l’hô­pi­tal Sainte-Anne en 1998, avec Jacques Du­puis et Noël­la Pa­ri­sé. Mme Amberg a fait par­tie du co­mi­té mul­ti­dis­ci­pli­naire de soins en fin de vie, elle ac­com­pa­gne­ra plu­sieurs ré­si­dents jus­qu’aux portes de la mort. Elle a aus­si sié­gé au conseil d’ad­mi­nis­tra­tion du ser­vice des bé­né­voles, dont elle a été la pré­si­dente pour deux man­dats. Au­jourd’hui, son im­pli­ca­tion est plus tran­quille, c’est-à-dire qu’elle ne va à l’hô­pi­tal que trois fois par se­maine, en moyenne. Elle y ren­contre main­te­nant d’an­ciens col­lègues de la fon­da­tion, au­jourd’hui ré­si­dents de l’hô­pi­tal, comme M. André Du­mas. Elle par­ti­cipe et fait par­ti­ci­per les ré­si­dents et bé­né­voles à la messe de fin d’après-mi­di, elle est là pour l’ate­lier de chan­sons an­ciennes. Au cours de toutes ses an­nées de ser­vice, Mychèle Amberg a ob­te­nu le prix du Gou­ver­neur gé­né­ral pour l’en­traide en 1996, et une Men­tion élo­gieuse du mi­nistre des An­ciens Com­bat­tants en 2008. «Je suis croyante. La vie a été bonne pour moi. [Mon tra­vail] , c’est une fa­çon de re­mettre ce que j’ai re­çu», ex­plique-t-elle, sim­ple­ment.

Ma­rie-Hé­lène Ver­ville ma­rie-he­lene.ver­ville@trans­con­ti­nen­tal.ca

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.