Chan­tal Rou­leau dé­nonce le pro­ces­sus d’oc­troi des contrats pu­blics

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Fre­nett■Sa­muel Le­duc- e sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Près d’une se­maine après avoir fait une sor­tie pu­blique contre le pro­ces­sus d’at­tri­bu­tion des contrats pu­blics, la mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière-des-Prai­ries— Pointe-auxT­rembles Chan­tal Rou­leau s’est confiée à L'In­for­ma­teur entre deux séances du conseil mu­ni­ci­pal. Elle a tou­te­fois re­fu­sé de poin­ter du doigt les en­tre­prises sou­mis­sion­naires fau­tives.

« Je fais bien at­ten­tion, je ne peux nom­mer ab­so­lu­ment per­sonne. Les noms, ce n’est pas moi qui les donne », dit-elle. Elle dit qu’elle a pris ren­dez-vous avec des po­li­ciers de l’opé­ra­tion Mar­teau. Cette es­couade spé­cia­li­sée en ma­tière de cor­rup­tion et de mal­ver­sa­tion a été créée en oc­tobre 2009 à la suite des nom­breuses al­lé­ga­tions de col­lu­sion entre les élus, les en­tre­pre­neurs et le crime or­ga­ni­sé dans le monde mu­ni­ci­pal.

« En fait, le pro­blème qu’on a, et le pro­blème qu’il y a à la Ville de Mon­tréal, et par­tout, c’est qu’une en­tre­prise qui est conforme, donc qui ré­pond aux normes contrac­tuelles tech­niques et qui est le plus bas sou­mis­sion­naire, ob­tient le contrat.

« Alors peu im­porte les doutes, les sus­pi­cions, ou si l’en­tre­pre­neur ou l’en­tre­prise est soup­çon­né d’être fau­tif ou peut être ac­cu­sé de choses, on n’a pas le choix. Tech­ni­que­ment, on n’a pas le choix.

« Si on re­fuse de don­ner le contrat, eh bien, on peut être pour­sui­vis. C’est nous qui tom­bons dans l’illé­ga­li­té. Alors il y a un pro­blème ma­jeur », lance la mai­resse.

Dans un re­por­tage dif­fu­sé le jeu­di 29 sep­tembre à la té­lé­vi­sion de Ra­dio-Ca­na­da, le jour­na­liste Alain Gra­vel al­lègue qu’un contrat de 700 000 $ a été oc­troyé à Cons­truc­tion Mi­ra­beau pour des ré­pa­ra­tions d’égout, une firme qui ap­par­tien­drait à un proche de la ma­fia.

Or, Mme Rou­leau af­firme que les contrats de l’ar­ron­dis­se­ment sont uni­que­ment oc­troyés aux en­tre­prises dont les sou­mis­sions sont les plus basses. Un rè­gle­ment qu’elle dit ce­pen­dant ne pas avoir sou­mis à l’éva­lua­tion d’un ex­pert juridique. « Hon­nê­te­ment, je n’ai pas consul­té per­sonne avant de faire cette sor­tie-là, avoue-telle. La ques­tion m’a été po­sée et j’ai ré­pon­du sans filtre. Je n’ai pas consul­té d’avo­cat avant. Ce n’est pas une ques­tion d’avo­cat pour moi. »

Des ap­puis

Mme Rou­leau dit avoir re­çu une vague d’ap­puis non né­gli­geable de­puis sa sor­tie pu­blique. « J’ai re­çu des cen­taines de cour­riels d’ap­puis des ci­toyens, et des élus ici au conseil mu­ni­ci­pal, re­late-t-elle. Il y a des élus de la ma­jo­ri­té, et il y a des élus de l’op­po­si­tion aus­si qui m’ap­puient à 100 %. J’ai aus­si re­çu des ap­puis d’élus au cours de la fin de se­maine. Il y a jus­qu’au maire de Qué­bec qui a ap­puyé toute cette dé­marche-là. »

Des ap­puis qui pour­raient être as­som­bris par des me­naces? « Non, je n’ai pas eu de me­naces. En fait, ce que j’ai fait, c’est de dé­non­cer un sys­tème qui existe et un sys­tème qui est au dé­tri­ment des contri­buables. »

Elle a pour­tant confié avoir eu des craintes lors de la dif­fu­sion du re­por­tage à Ra­dioCa­na­da. « Mais là, avec tout l’ap­pui de la po­pu­la­tion, et des élus, et tout l’écho qu’il y a eu de cette sor­tie-là, je suis beau­coup plus ras­su­rée, es­time-t-elle. Il n’y en a pas de dan­ger. »

Du­ches­neau et cie

Le rap­port de l’an­cien po­li­cier Jacques Du­ches­neau dé­voi­lé, la mai­resse croit, comme la plu­part des élus au Qué­bec, qu’il est im­pé­ra­tif de te­nir une com­mis­sion d’en­quête sur la cons­truc­tion. « Ce qu’il dit dans son rap­port est plu­tôt dé­plo­rable, men­tionne-t-elle. Il di­sait que le mi­lieu mu­ni­ci­pal était tou­ché et ef­fec­ti­ve­ment le mi­lieu mu­ni­ci­pal est tou­ché. »

« Vi­sion Mon­tréal dé­pose à peu près à chaque conseil une mo­tion pour que una­ni­me­ment le conseil de Mon­tréal de­mande une en­quête pu­blique sur la cons­truc­tion et le maire Trem­blay re­fuse de ré­pondre fa­vo­ra­ble­ment à cette de­mande », in­siste-t-elle en fai­sant ré­fé­rence à la de­mande for­mu­lée par Louise Ha­rel, la chef de son par­ti à la Ville­centre, la se­maine der­nière.

(Pho­to : ar­chives)

La mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment Ri­viè­redes-Prai­ries—Pointe-aux-Trembles, Chan­tal Rou­leau

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