Une pièce de théâtre qui « frap­pe­rait » en­core plus fort

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Jo­sianne Des­jar­dins jo­sianne.des­jar­dins@trans­con­ti­nen­tal.ca

Des in­ter­ve­nants oeu­vrant au­près de vic­times de vio­lence conju­gale veulent re­joindre un plus grand pu­blic en pré­sen­tant la pièce de théâtre « La larme du si­lence » aux quatre coins de la mé­tro­pole, et sur­tout, dans les écoles se­con­daires en 2012.

C’est l’ob­jec­tif que pour­suivent les membres de la Table de concer­ta­tion en vio­lence conju­gale de la Pointe-de-l’Île. L’une d’entre eux, Da­nielle Mon­geau, qui est aus­si di­rec­trice de la mai­son d’hé­ber­ge­ment Da­lauze, in­dique que des de­mandes de sub­ven­tions ont été sou­mises pour pro­duire à nou­veau cette pièce et l’adap­ter en fonc­tion d’un nou­veau pu­blic.

« Nous vou­lons la rendre dis­po­nible dans le ré­seau des com­mis­sions sco­laires pour évi­ter que les jeunes re­pro­duisent des actes de vio­lence conju­gale ou qu’ils y soient ex­po­sés sans rien dire », men­tionne-t-elle.

De plus, les membres sou­haitent que la pièce puisse être vue et en­ten­due dans d’autres ar­ron­dis­se­ments. Mais pour ce­la, les élus de­vront té­moi­gner de leur bonne vo­lon­té en of­frant un ap­pui fi­nan­cier.

« Ça peut vrai­ment tou­cher tout le monde et les gens doivent com­prendre que la vio­lence conju­gale se dé­voile sous plu­sieurs fa­cettes. Elle n’est pas que phy­sique », pour­suit-elle.

Les membres de la Table songent aus­si à rendre dis­po­nible la pièce de théâtre en DVD.

Des cas ty­piques

La pièce de théâtre d’une du­rée de 45 mi­nutes, réa­li­sée par la com­pa­gnie Cô­té cour, Cô­té jar­din, a sen­si­bi­li­sé quelque 400 spec­ta­teurs à ces sé­vices au prin­temps der­nier avec ses per­son­nages qui re­pré­sentent cer­tains cas ty­piques. Une ado­les­cence vit une re­la­tion de contrôle avec son copain, une femme de 30 ans, mariée et mère de deux enfants de­vient la proie de son conjoint ou en­core une femme de 68 ans qui dé­cide de bri­ser le si­lence après plu­sieurs an­nées de mal­trai­tance.

La pré­sen­ta­tion est en­suite sui­vie d’une pé­riode d’in­ter­ac­tion avec le pu­blic. Un ani­ma­teur, qui est aus­si un in­ter­ve­nant com­mu­nau­taire im­pli­qué au­près de vic­times de vio­lence conju­gale, in­cite le pu­blic à po­ser des ques­tions et faire part de leurs com­men­taires. Les co­mé­diens aus­si sont ap­pe­lés à li­vrer leurs im­pres­sions sur la ma­nière dont ils ont vé­cu leur ex­pé­rience sur scène.

« On leur montre qu’il y a une porte d’es­poir et que c’est pos­sible de s’en sor­tir », lance la met­teure en scène de la pro­duc­tion, Ma­rie-France Ver­di.

Plus de dé­non­cia­tion?

Contac­té à ce su­jet, le com­man­dant Vincent Ri­cher, man­da­taire du dossier Vio­lence conju­gale au Ser­vice de po­lice de la Ville de Mon­tréal (SPVM), es­time que le phé­no­mène de dé­non­cia­tion a pris de l’am­pleur en rai­son des cam­pagnes de sen­si­bi­li­sa­tion, mais qu’en­core beau­coup de vic­times se dé­sistent après avoir dé­non­cé leur agres­seur.

« Il y a beau­coup de cas où les vic­times aban­donnent les ac­cu­sa­tions et mettent un terme au pro­ces­sus ju­di­ciaire. On ne peut pas leur en­le­ver le pou­voir qu’elles ont sur leur vie. Notre man­dat est de ré­fé­rer les vic­times aux bonnes res­sources », ex­plique-t-il.

Sur les 10 000 rap­ports de vio­lence conju­gale qui ont été pro­duits par le SPVM en 2010, en­vi­ron 7500 se sont ren­dus de­vant la jus­tice.

Les cas de vio­lence conju­gale re­pré­sentent en­vi­ron 20% des dos­siers sur les crimes contre la per­sonne au SPVM.

Dans en­vi­ron 15% des cas, ce sont des femmes qui ont com­mis des actes de vio­lence conju­gale sur leur conjoint ou conjointe.

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