Les an­tennes de té­lé­com­mu­ni­ca­tion à l'étude

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Huit per­sonnes ou or­ga­ni­sa­tions ont dé­po­sé un mé­moire dans le cadre des consul­ta­tions pu­bliques sur le pro­jet mon­tréa­lais pour la rè­gle­men­ta­tion de l’ins­tal­la­tion des an­tennes de té­lé­com­mu­ni­ca­tion le lun­di 17 oc­tobre au centre ré­créa­tif de Ri­vière-des-Prai­ries.

Ve­nus ex­po­ser leurs re­com­man­da­tions aux trois com­mis­saires de l’Of­fice de consul­ta­tion pu­blique de Mon­tréal (OCPM), la plu­part des par­ti­ci­pants avaient deux craintes : que les an­tennes en­lai­dissent le pay­sage et qu’elles nuisent à la san­té.

« Oui, il y a réel­le­ment un pro­blème de pro­li­fé­ra­tion des an­tennes en mi­lieu ur­bain, a af­fir­mé Sé­bas­tien Otis, ad­joint de la dé­pu­tée fé­dé­rale de la Pointe-de-l’Île Ève Pé­clet. Dans tous les cas, une an­tenne s’in­tègre plus ou moins bien avec le bâ­ti ur­bain. »

Mme Pé­clet et lui ont dé­po­sé le pre­mier mé­moire de la soi­rée. Ils croient que la Ville de Mon­tréal ne doit pas lais­ser les « joueurs de l’in­dus­trie » éva­luer l’im­pact des an­tennes sur l’ur­ba­nisme.

Un im­pact qui, se­lon eux, peut se re­flé­ter par la dé­va­lua­tion des pro­prié­tés en­vi­ron­nantes. Cer­tains sec­teurs se­raient aus­si su­jets à une très grande pro­li­fé­ra­tion des an­tennes, comme l’est de la Ville, plus in­dus­tria­li­sé.

D’autres par­ti­ci­pants ont aus­si évo­qué ce pro­blème, mais la plu­part ont axé leurs pré­oc­cu­pa­tions sur l’im­pact né­ga­tif sur la san­té que pour­raient avoir ces an­tennes.

Si on sait que de faibles émis­sions ne sont pas né­ces­sai­re­ment nui­sibles pour la san­té, on ne connaît tou­te­fois pas leur im­pact à long terme, a sou­le­vé Thier­ry Le­guay, un ci­toyen de Pointe-aux-Trembles.

Ce­lui-ci ap­puie donc ou­ver­te­ment le pro­jet de rè­gle­men­ta­tion de la Ville, qui pro­pose d’évi­ter d’im­plan­ter des an­tennes dans des zones sen­sibles tout près des ré­si­dences, des gar­de­ries, des écoles, des hô­pi­taux ou des parcs. Les sec­teurs au­to­rou­tiers se­raient donc na­tu­rel­le­ment prio­ri­sés.

Rap­pe­lons que ce pro­jet pro­pose éga­le­ment de faire en sorte que toute an­tenne sur le do­maine pu­blic et toute an­tenne de 10 mètres ou plus sur le do­maine pri­vé fasse l’ob­jet de consul­ta­tions pu­bliques avant d’être ins­tal­lées.

Bri­gitte Blais, de l’As­so­cia­tion qué­bé­coise de lutte contre la pol­lu­tion at­mo­sphé­rique, veut que la Ville ins­crive dans ce rè­gle­ment le prin­cipe de pré­cau­tion. Mon­tréal au­rait donc son mot à dire sur la puis­sance et l’orientation géo­phy­sique des émis­sions des an­tennes.

Il faut te­nir compte de la puis­sance ac­cu­mu­lée plu­tôt que la puis­sance in­di­vi­duelle, a-t-elle te­nu à rap­pe­ler. Les ci­toyens, qui sont sou­vent les pre­miers à consta­ter l’ins­tal­la­tion d’une nou­velle an­tenne, de­vraient donc bé­né­fi­cier d’un tel rè­gle­ment.

« Il ne faut pas ca­cher les an­tennes. Les gens doivent sa­voir où elles sont », a-t-elle ajou­té. Pour les ai­der à les re­pé­rer, Mme Blais sug­gère de car­to­gra­phier les ter­ri­toires re­cou­verts d’an­tennes.

En­fin, Oli­vier Bour­geois, re­pré­sen­tant de l’or­ga­nisme à but non lu­cra­tif Op­tion consom­ma­teurs, a rap­pe­lé qu’il n’existe pas de consen­sus sur l’im­pact réel qu’ont les an­tennes sur la san­té hu­maine.

Maxime Poi­rier-Moi­san, un jeune re­pré­sen­tant de l’en­tre­prise de té­lé­com­mu­ni­ca­tion DASCOM, est quant à lui ve­nu dé­fendre les ac­ti­vi­tés de ses pa­trons. Il a af­fir­mé que les pe­tites an­tennes, qui sont plus fa­ci­le­ment dis­si­mu­lables, s’har­mo­nisent bien avec le mo­bi­lier ur­bain. Plus nom­breuses, elles ont aus­si l’avan­tage d’être moins dom­ma­geables pour la san­té, étant don­né que leurs émis­sions sont moins puis­santes.

Pieds et poings liés?

Cer­tains in­ter­ve­nants sont al­lés au-de­là des pro­blèmes in­hé­rents aux an­tennes et ont rap­pe­lé aux com­mis­saires que c’est In­dus­trie Ca­na­da qui dé­tient réel­le­ment les rênes du pou­voir.

Or, In­dus­trie Ca­na­da n’ap­plique pas le prin­cipe des consul­ta­tions pu­bliques. Mon­tréal se­rait aus­si moins ou­tillée pour ré­pondre aux pré­oc­cu­pa­tions des gens.

Les com­mis­saires de l'OCPM de­vraient ré­pondre à ces ques­tions dans un rap­port de­vant pa­raître à la mi-décembre.

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

Les com­mis­saires se sont réunis le lun­di 17 oc­tobre à Ri­vière-des-Prai­ries. Une der­nière ren­contre avec les ci­toyens a eu lieu le 20 oc­tobre dans le quar­tier Côte-des-Neiges.

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