Can­cer du sein : pro­gres­sion, dé­fis et ap­pren­tis­sage

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Jo­sianne Des­jar­dins jo­sianne.des­jar­dins@trans­con­ti­nen­tal.ca

Le nombre de cas de can­cer du sein dé­tec­té a aug­men­té de­puis les der­nières an­nées au Qué­bec, sauf que les femmes tendent à né­gli­ger l’au­to-exa­men des seins, re­marque le Dr Pierre Au­det- La­pointe, pré­sident de la Coa­li­tion prio­ri­té can­cer.

Avant même de pen­ser à l’exa­men mé­di­cal an­nuel et une mam­mo­gra­phie dès l’âge de 50 ans, les femmes de­vraient d’abord se ré­fé­rer à la bonne vieille mé­thode de dé­pis­tage, es­time M. Au­det-La­pointe.

« On se rend compte que l’ap­pren­tis­sage a été lais­sé pour compte, comme si cette étape n’était plus ju­gée aus­si im­por­tante qu’on le pen­sait avant. Mais on doit pré­co­ni­ser l’au­toexa­men des seins quand même », af­firme-t-il.

Ce­lui-ci sug­gère donc aux femmes de pro­cé­der à cet au­to-exa­men tous les mois, en­vi­ron cinq jours après le dé­but des mens­trua­tions sous la douche. Les tis­sus se­ront plus di­la­tés et per­met­tront de dé­ce­ler plus fa­ci­le­ment des ano­ma­lies.

De­puis le dé­but de l’an­née, 6200 cas de can­cer du sein ont été dé­pis­tés au Qué­bec, alors que 5000 cas avaient été re­cen­sés il y a dix ans.

Même si le Pro­gramme qué­bé­cois de dé­pis­tage du can­cer du sein (PQDCS) peut en­cou­ra­ger la pré­ven­tion chez les femmes les plus à risque -50 à 69 ans-, ce­lui-ci doit cé­der sa place à d’autres ser­vices lors­qu’une femme re­çoit un pre­mier diag­nos­tic.

« Les femmes de­vraient toutes par­ti­ci­per à ce pro­gramme. Il ré­pond bien aux be­soins et aide à di­ri­ger les pa­tientes pour les exa­mens sub­sé­quents. Par contre, si une femme pré­sente des lé­sions anor­males, elle en­tre­ra par la suite dans une vé­ri­table course à obs­tacles », sou­tient-il.

En ef­fet, c’est à par­tir de ce mo­ment que s’en­clenche le pro­ces­sus mé­di­cal, mais sur­tout psy­cho­lo­gique.

Ma­la­die de l’in­cer­ti­tude

On fait sou­vent ré­fé­rence à la lutte et la sur­vie lors­qu’il est ques­tion d’un can­cer. Pour Ma­ri­ka Au­det-La­pointe, pré­si­dente du re­grou­pe­ment des on­co­psy­cho­logues du Qué­bec (ROPQ), les femmes at­teintes du can­cer du sein doivent « ar­rê­ter de se mettre une pres­sion sur les épaules ».

« Elles ont toutes la convic­tion qu’elles doivent com­battre. Elles se de­mandent aus­si ce qu’elles ont mal fait pour en ar­ri­ver là. L’on­co­lo­gie est une ma­la­die tel­le­ment com­plexe et elles doivent com­po­ser avec l’in­cer­ti­tude et l’an­xié­té qui l’ac­com­pagne», es­time-telle.

De plus, les trai­te­ments de chi­mio­thé­ra­pie ont sou­vent un ef­fet sur la vi­tesse de ré­ac­tion du cer­veau, ce qui ajoute un élé­ment de dif­fi­cul­té à l’épreuve de la ma­la­die.

Dans 85% des cas, les on­co­logues ne peuvent ex­pli­quer les rai­sons pour les­quelles la ma­la­die s’est ma­ni­fes­tée. Et puis­qu’il n’existe pas de « re­cette ma­gique » pour la gué­rir, Mme Au­det-La­pointe sug­gère à ces femmes de se concen­trer sur des as­pects qu’elles peuvent contrô­ler.

« Faire face à la ma­la­die tous les jours, c’est le dé­fi le plus im­por­tant pour les pa­tientes. Mais il ne faut pas pas­ser à cô­té de la vie. Il faut conti­nuer à rê­ver et se pro­je­ter dans le fu­tur », in­siste-t-elle.

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