Re­voir le sys­tème de contrôle ani­ma­lier

L'Informateur - - VIE DE QUARTIER - Si­mon Bous­quet si­mon.bous­quet-ri­chard@trans­con­ti­nen­tal.ca

Les dos­siers de mau­vais trai­te­ments des ani­maux, no­tam­ment par des ser­vices de fourrières ani­ma­lières pri­vées em­bau­chées par les ad­mi­nis­tra­tions mu­ni­ci­pales, ont fait les man­chettes de­puis le prin­temps. « Nous sen­tons que nous avons été écou­tés par les élus, mais il semble y avoir un manque d’ex­per­tise et même si des me­sures ont été prises, le pro­blème n’est pas ré­glé », re­grette Jo­hanne Trem­blay, membre d’un re­grou­pe­ment d’une quin­zaine de ci­toyens du quar­tier unis pour dé­non­cer le mo­dèle ac­tuel des fourrières.

« Nous es­pé­rons vivre dans un mi­lieu qui in­no­ve­ra en pas­sant d’un mo­dèle de contrôle ani­ma­lier (ba­sé sur la cap­ture et l’éli­mi­na­tion et où la ren­ta­bi­li­té prime) à un mo­dèle de ser­vices ani­ma­liers (ba­sé sur la res­pon­sa­bi­li­sa­tion des pro­prié­taires d’ani­maux et sur des me­sures in­ci­ta­tives à le de­ve­nir) », peut-on lire dans la lettre que le groupe de Mme Trem­blay a fait par­ve­nir au jour­nal. Le groupe rap­pelle que Ri­vière-des-prai­ries–pointe-aux-trembles se classe en deuxième po­si­tion des pires ar­ron­dis­se­ments de l’île de Mon­tréal pour le trai­te­ment de ses ani­maux de com­pa­gnie, ba­sé sur le taux d’aban­don et d’eu­tha­na­sie.

De son cô­té, le pré­sident du Ber­ger blanc, Pierre Cou­ture, n’est pas contre la for­ma­tion de groupes de pro­tec­tion des ani­maux, mais croit que ces der­niers de­vraient être com­plé­men­taires aux ser­vices of­ferts par les fourrières, qui ont comme man­dat de pro­té­ger les ci­toyens. « Cha­cun doit avoir son sec­teur. Si le man­dat de la So­cié­té pour la prévention de la cruau­té en­vers les ani­maux (SPCA) est la pro­tec­tion des ani­maux, ils ne peuvent pas faire le re­cen­se­ment des ani­maux pour vendre les li­cences. La four­rière doit être la po­lice des ani­maux et la SPCA ne peut pas faire ça », pré­cise le pré­sident du Ber­ger blanc.

Pour M. Cou­ture, un contrôle ef­fec­tué par la SPCA n’est pas viable puis­qu’elle ne gé­né­re­rait pas les fonds né­ces­saires à l’au­to­fi­nan­ce­ment. Tou­jours se­lon lui, c’est cette ab­sence de res­sources fi­nan­cières qui avait for­cé la so­cié­té à se re­ti­rer, lais­sant place à des en­tre­prises pri­vées. « Ce sont des gens de bonne foi, mais ont-ils la ca­pa­ci­té d’of­frir un ser­vice 24 heures sur 24? Nous re­ce­vons 30 000 ani­maux par an­nées et 72 % doivent être eu­tha­na­siés », ra­conte M. Cou­ture.

« La SPCA est tou­jours pré­sente, mais nos lo­caux ne nous per­mettent pas d’ac­cueillir 3000 ani­maux de plus et ce ne sont pas toutes les mu­ni­ci­pa­li­tés qui sont in­té­res­sées à nos ser­vices », confie la porte-pa­role de la SPCA, Alan­na De­vine. « En ma­tière de contrôle ani­ma­lier, le Qué­bec est très en ar­rière. Ce mo­dèle n’existe plus qu’au Qué­bec », sou­tient Mme De­vine.

Le mo­dèle de contrôle de la SPCA est ba­sé sur la sté­ri­li­sa­tion des ani­maux et l’édu­ca­tion de la po­pu­la­tion. « Ça ne donne rien de juste ra­mas­ser et tuer les ani­maux er­rants, il faut ré­gler le pro­blème à sa source soit en ré­dui­sant le nombre d’ani­maux aban­don­nés », ajoute la porte-pa­role.

La SPCA ai­me­rait tou­te­fois créer un par­te­na­riat avec la Ville. Dé­jà, l’or­ga­nisme s’oc­cupe de l’ar­ron­dis­se­ment de Ver­dun qui, se­lon Mme Trem­blay, est un pion­nier dans le do­maine. Le rè­gle­ment de Ver­dun « in­ter­dit de gar­der dans une uni­té d’oc­cu­pa­tion et ses dé­pen­dances plus d’un chat ou d’un chien ou d’un la­pin non sté­ri­li­sé et non vac­ci­né […] » De plus, le rè­gle­ment pré­cise que les ani­maux en fuite peuvent être ré­cu­pé­rés par leur pro­prié­taire à la con­di­tion que l’ani­mal soit sté­ri­li­sé.

« C’est bien beau de faire des rè­gle­ments, mais il faut qu’ils soient ap­pli­cables, af­firme la conseillère de ville du dis­trict de Pointe-auxT­rembles, Su­zanne Dé­ca­rie. Nous sommes dans un contexte éco­no­mique où il y a des cou­pures par­tout. Il faut faire des choix et des ins­pec­teurs, ça coûte cher. Il de­vrait y avoir un rè­gle­ment à tra­vers l’île. » La Ville-centre de­vrait pré­sen­ter ses orien­ta­tions d’ici la fin de l’an­née. En at­ten­dant, l’ar­ron­dis­se­ment de Ri­vière-des-prai­ries–pointe-aux-trembles se penche sur des pistes de so­lu­tion.

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