La fon­da­tion Jean-Grou est

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Frenette sa­muel.le­duc-frenette@trans­con­ti­nen­tal.ca

La fon­da­tion Jean-Grou, qui vi­sait jus­qu’à tout ré­cem­ment à fi­nan­cer cer­tains achats au pro­fit des élèves de l’école, n’est plus. Par manque de re­lève, ses fon­da­teurs se sont ré­si­gnés à l’abo­lir. Exit, donc, les cé­lèbres soi­rées vins et fro­mages et les tour­nois de golf.

« C’est sûr que si ça avait été ren­table tout le temps, j’au­rais peut-être conti­nué, avoue Gi­nette Rous­seau, res­pon­sable à la vie étu­diante et co­fon­da­trice de la fon­da­tion. Parce que c’est du temps, c’est de l’éner­gie. […] C’est sûr qu’à un mo­ment don­né, on de­ve­nait es­souf­flé. »

Por­tant à bout de bras la fon­da­tion de­puis les der­nières an­nées, Mme Rous­seau a bien es­sayé de pas­ser le flam­beau à d’autres membres du per­son­nel de l’école. Mais peine per­due. À la réunion gé­né­rale des en­sei­gnants, per­sonne ne vou­lait prendre la re­lève.

« Il y a un chan­ge­ment de men­ta­li­tés, concède-t-elle pour es­sayer d’ex­pli­quer les rai­sons pour les­quelles au­cun en­sei­gnant ne s’est le­vé. C’est sûr aus­si que les tâches sont lourdes. » Beau­coup ont de jeunes en­fants, et n’ont donc pas né­ces­sai­re­ment le temps de s’in­ves­tir au­tant.

Elle ajoute ce­pen­dant que les en­sei­gnants se sont tou­jours gran­de­ment im­pli­qués au­près de la fon­da­tion, et ce, à titre bé­né­vole.

Mme Rous­seau es­time aus­si qu’il y a eu une baisse d’af­fluence aux ac­ti­vi­tés de la fon­da­tion au cours des der­nières an­nées. Les gens ne com­pre­naient pas tou­jours pour­quoi ils de­vaient payer pour ça. Ils ne com­pre­naient pas que ça re­ve­nait à leurs en­fants au bout du compte, sou­tient-elle.

La crise éco­no­mique a pu avoir un im­pact dans cette baisse d’af­fluence, puisque les groupes cor­po­ra­tifs, qui au­tre­fois étaient très pré­sents, se sont faits plus rares.

« Il y a des choses qui fonc­tionnent un temps, et puis à un mo­ment don­né il faut pas­ser à autre chose, lance-t-elle. Je n’ai pas de re­grets. »

Une fon­da­tion qui a fait ses preuves

Fon­dée en 1996, la fon­da­tion Jean-Grou a tou­jours at­ti­ré de nom­breux ci­toyens à ses ren­dez­vous an­nuels.

« Je sais qu’on était très en­viés par les écoles. Les di­rec­tions des autres écoles nous trou­vaient très chan­ceux d’avoir une fon­da­tion, dit-elle. On avait une belle clien­tèle, To­ny To­mas­si, Pierre Bourque, Pa­blo Ro­dri­guez. » Sans comp­ter cer­taines en­tre­prises du quar­tier, tels Sa­ni­max ou la Caisse po­pu­laire Des­jar­dins.

En près de 15 ans, la fon­da­tion au­rait amas­sé au moins 300 000 $. L’ini­tia­tive est née d’un be­soin criant alors que l’école n’ar­ri­vait pas à se payer elle-même cer­tains ma­té­riels de base. « On ne pou­vait pas se payer des ins­tru­ments de mu­sique, des chaînes sté­réo, donne-t-elle comme exemple. C’est un quar­tier qui était dif­fi­cile. »

En cher­chant des so­lu­tions pour trou­ver des fonds né­ces­saires, Mme Rous­seau et ses aco­lytes ont op­té pour le concept de fon­da­tion, ce qui leur per­met­tait de re­mettre des re­çus d’im­pôt à ceux qui par­ti­ci­paient à leurs ac­ti­vi­tés de fi­nan­ce­ment.

L’ac­ti­vi­té vins et fro­mages est pro­ba­ble­ment l’évé­ne­ment le plus cou­ru de la fon­da­tion. Les cou­verts, qui se ven­daient 45 $ à la fin des an­nées 1990, se ven­daient 85 $ dix ans plus tard.

Cette ac­ti­vi­té très cou­rue ac­cueillait 200 per­sonnes à gui­chet fer­mé chaque mois de fé­vrier. Une seule soi­rée pou­vait rap­por­tait à ses or­ga­ni­sa­teurs de 10 000 à 15 000 $.

« On a ai­dé la bi­blio­thèque, on a ai­dé pour la mu­sique, lance au bout du fil Louise Ber­nard, co­fon­da­trice de la fon­da­tion JeanG­rou et main­te­nant pré­si­dente de la So­cié­té his­to­rique de Rivière-des-Prai­ries. Les en­sei­gnants pou­vaient faire des de­mandes et nous on ré­pon­dait à ces de­mandes. »

Au cours des an­nées, l’ar­gent amas­sé a per­mis à l’école de se pro­cu­rer des ap­pa­reils de mus­cu­la­tion, de fa­bri­quer une serre, d’ache­ter des livres pour sa bi­blio­thèque et de four­nir à quelques classes des ta­bleaux in­ter­ac­tifs ain­si que des pro­jec­teurs mul­ti­mé­dias.

Mme Ber­nard re­grette cette dis­pa­ri­tion. « C’est un ou­til très im­por­tant pour al­ler cher­cher de l’ar­gent dans la com­mu­nau­té, dit-elle. Ça sor­tait l’école de son iso­le­ment et en fai­sait une de son quar­tier. »

Elle croit que c’était un ex­cellent moyen de re­joindre les gens des mi­lieux cor­po­ra­tifs qui, au­tre­ment, ne s’in­té­res­se­raient pas for­cé­ment au mi­lieu de l’édu­ca­tion. « J’ai tou­jours trou­vé que les gens d’af­faires ai­maient ça », in­dique-t-elle.

De son cô­té, Mme Rous­seau de­vrait se tour­ner vers d’autres pro­jets au cours des pro­chaines an­nées. « C’est sûr qu’avant de prendre ma re­traite, je vais re­faire quelque chose de gros », as­sure-telle.

Dé­jà, le 18 no­vembre, une par­tie de po­ker ca­ri­ta­tive se­ra or­ga­ni­sée au pro­fit de l’école. Des bourses d’une va­leur de 2 500 $ se­ront aus­si oc­troyées lors du ga­la Mé­ri­tas 2012. Mais il s’agi­ra des der­nières sommes is­sues de la fon­da­tion, et la di­rec­tion de l’école de­vra prendre le re­lais lors des pro­chains ga­las Mé­ri­tas.

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

Gi­nette Rous­seau n’a pas réus­si à trou­ver une re­lève à la tête de la fon­da­tion Jean-Grou.

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