La dé­mo­cra­tie en ques­tion

La So­cié­té his­to­rique pré­sente une pre­mière confé­rence thé­ma­tique

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Frenette sa­muel.le­duc-frenette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Il y a d’autres places dans le monde où les gens se battent pour la dé­mo­cra­tie. »

En­suite, il y a une « es­pèce de désa­bu­se­ment ou de manque de confiance » qui ca­rac­té­rise tout le pro­ces­sus dé­mo­cra­tique en gé­né­ral et la classe po­li­tique en par­ti­cu­lier.

« On a peut-être be­soin de se pen­cher sur ce qu’est la dé­mo­cra­tie », clame-t-il, avant de rap­pe­ler l’idée de base de la dé­mo­cra­tie po­pu­laire, qui consiste en un « gou­ver­ne­ment du peuple, par le peuple, pour le peuple ».

Le sys­tème élec­to­ral uni­no­mi­nal à un tour, ou ce que les pays à l’hé­ri­tage po­li­tique bri­tan­nique ap­pellent com­mu­né­ment le first past the post, est aus­si se­lon M. Ri­chard un fac­teur de désa­bu­se­ment de la po­pu­la­tion vis-à-vis du po­li­tique.

« Le pro­blème avec le first past the post, c’est que tu peux avoir quel­qu’un qui est élu avec moins de voix que les autres, avance-t-il. Un gars peut ar­ri­ver à 30 %, et les trois autres se par­tagent le reste des 70%.

« Ce sys­tème-là est conçu pour un sys­tème Qu’est-ce que la dé­mo­cra­tie? C’est la ques­tion que se pose de­puis plu­sieurs an­nées le spé­cia­liste en di­dac­tique de l’his­toire Jean-Pierre Ri­chard. Ce der­nier est l’hôte d’une confé­rence in­ti­tu­lée « La dé­mo­cra­tie et le ci­toyen à tra­vers le temps, avec un ac­cent par­ti­cu­lier sur notre his­toire », or­ga­ni­sée par la So­cié­té his­to­rique de Rivière-des-Prai­ries (SHRDP) le 30 no­vembre, à 19 h, au centre com­mu­nau­taire (9140, bou­le­vard Per­ras).

« Je ré­flé­chis à la dé­mo­cra­tie de­puis de nom­breuses an­nées, et il y a beau­coup de choses qui me fa­tiguent », dit M. Ri­chard. Se­lon lui, il y a deux pro­blèmes ma­jeurs ac­tuel­le­ment : d’abord, il y a un faible taux de par­ti­ci­pa­tion aux urnes lors des élec­tions. Or, laisse-t-il en­tendre, la dé­mo­cra­tie est en mau­vaise san­té lorsque les gens com­mencent à s’en dés­in­té­res­ser.

« Si tu avais été Athé­nien, tu au­rais vo­té 40 fois dans l’an­née, donne-t-il comme exemple. où il y a deux par­tis. […] À par­tir du mo­ment où il y a plus de par­tis, tu te ra­masses avec un pro­blème. »

Que fau­drait-il donc faire pour amé­lio­rer ce sys­tème? Se­lon M. Ri­chard, il faut non pas ré­duire le nombre de par­tis comme cer­tains le vou­draient, mais plu­tôt in­tro­duire une cer­taine dose de pro­por­tion­na­li­té dans les suf­frages.

« Là tu au­rais une re­pré­sen­ta­tion cor­recte de la po­pu­la­tion, des dif­fé­rentes ten­dances de la po­pu­la­tion. […] C’est plus res­pec­tueux des idées du peuple, et ça oblige les dif­fé­rentes ten­dances à né­go­cier entre elles. »

Cette pro­por­tion­na­li­té pour­rait être mise en ap­pli­ca­tion comme en Al­le­magne, dont il cite les listes élec­to­rales en exemple. Ain­si, dès qu’un par­ti po­li­tique ob­tient le seuil mi­ni­mum de votes, il peut en­voyer au par­le­ment une dé­pu­ta­tion pro­por­tion­nelle aux votes qu’il a ré­col­tés.

Une confé­rence ou­verte à tous

M. Ri­chard est in­vi­té par la SHRDP afin de pro­non­cer une confé­rence des­ti­née à tous les pu­blics, qu’il soit éru­dit en la ma­tière ou non. L’homme, pé­da­gogue et his­to­rien de for­ma­tion, a pas­sé sa vie pro­fes­sion­nelle dans le mi­lieu de l’édu­ca­tion.

En une heure et 15 mi­nutes, il pré­voit faire un sur­vol his­to­rique de l’évo­lu­tion de la dé­mo­cra­tie.

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

Le confé­ren­cier Jean-Claude Ri­chard

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