Dé­lé­ga­tion du Bré­sil à Ma­rie-Vic­to­rin

Le cé­gep vou­drait ac­cueillir des étu­diants bré­si­liens dans ses pro­grammes tech­niques

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette sa­muel.le­duc-fre­nette@trans­con­ti­nen­tal.ca

Afin de fa­vo­ri­ser les échanges in­ter­na­tio­naux en édu­ca­tion post­se­con­daire, le cé­gep Ma­rieVic­to­rin a été l’hôte du deuxième Fo­rum Bré­sil-Ca­na­da sur l’édu­ca­tion pro­fes­sion­nelle et tech­no­lo­gique le mer­cre­di 16 no­vembre. Au moins une tren­taine de dé­lé­gués du ré­seau fé­dé­ral de l’édu­ca­tion du Bré­sil ont as­sis­té à des confé­rences et vi­si­té le col­lège.

Le thème du Fo­rum or­ga­ni­sé par l’As­so­cia­tion des col­lèges com­mu­nau­taires du Ca­na­da (ACCC) était double : il vi­sait à la fois à concer­ter entre les deux pays la re­cherche ap­pli­quée et à fa­vo­ri­ser da­van­tage les échanges d’étu­diants. Le cé­gep Ma­rie-Vic­to­rin en­ten­dait contri­buer à la dis­cus­sion en abor­dant la re­con­nais­sance des ac­quis et des com­pé­tences dans le cadre de ces échanges.

Rap­pe­lons que Ma­rie-Vic­to­rin a conclu des en­tentes dans des pro­vinces chi­noises en 2010 afin de mettre sur pied une double di­plo­ma­tion si­no-qué­bé­coise. Une ex­per­tise que l’ins­ti­tu­tion de l’est de Mon­tréal compte bien mettre à pro­fit dans ses dis­cus­sions avec le Bré­sil.

« On veut ex­por­ter notre sa­voir-faire, af­firme Ni­cole Rouillier, di­rec­trice gé­né­rale du cé­gep de­puis 2003. Là, on dis­cute des en­tentes de ré­ci­pro­ci­té. »

Mme Rouillier rap­pelle que son cé­gep est le seul à of­frir trois pro­grammes dans le do­maine de la mode au Qué­bec.

« Nous, on a dé­jà une en­tente dans le do­maine du vê­te­ment, dit-elle. On a en­voyé une en­sei­gnante dans une foire com­mer­ciale.

« On ai­me­rait ça ac­cueillir des en­sei­gnants bré­si­liens et eux ai­me­raient bien re­ce­voir des en­sei­gnants qué­bé­cois et ca­na­diens. »

L’an der­nier, Mme Rouillier était vice-pré­si­dente de l’ACCC. C’est à ce titre qu’elle a si­gné le pre­mier pro­to­cole d’en­tente entre l’ACCC, qui re­groupe en­vi­ron 150 col­lèges, et le Con­seil na­tio­nal des ins­ti­tu­tions du ré­seau fé­dé­ral de l’édu­ca­tion pro­fes­sion­nelle, scien­ti­fique et tech­no­lo­gique (CONIF) du Bré­sil.

Cette en­tente per­met de res­ser­rer les liens entre les ins­ti­tu­tions des deux pays, comme en font foi les quelques ini­tia­tives dé­ployées par Ma­rie-Vic­to­rin pour or­ga­ni­ser des échanges en ma­tière d’édu­ca­tion en mi­lieu car­cé­ral.

« Les Bré­si­liens veulent connaître notre ex­pé­rience, et nous al­lons or­ga­ni­ser un sé­mi­naire de cinq jours au mois de mars, an­non­cet-elle. Eux autres vou­draient faire de la re­cherche avec nous. »

Le cé­gep a d’ailleurs inau­gu­ré en sep­tembre une pre­mière Chaire UNES­CO de re­cherche ap­pli­quée pour l’édu­ca­tion en pri­son, dont l’un des man­dats est jus­te­ment de fa­vo­ri­ser le ré­seau­tage in­ter­na­tio­nal.

Le Bré­sil, terre d’ave­nir

« Nous, on veut don­ner la pos­si­bi­li­té aux étu­diants de s’ou­vrir sur le monde, lance Mme Rouillier en par­lant du fo­rum. Le Bré­sil est un pays ex­trê­me­ment in­té­res­sant et ou­vert à des col­la­bo­ra­tions. »

Paul Bren­nan, qui est vice-pré­sident des pro­grammes de par­te­na­riats in­ter­na­tio­naux, abonde dans le même sens. « Il y a un ar­ri­mage et un in­té­rêt qui s’est dé­ve­lop­pé, in­dique-t-il. Le Ca­na­da, c’est leur pays de pré­fé­rence. […] Le fait que 32 per­sonnes viennent à leurs frais au fo­rum est un bon té­moi­gnage de ça. »

M. Bren­nan cite en exemple le pro­gramme d’édu­ca­tion bré­si­lien Mille femmes. Il s’agit d’un pro­jet-pi­lote su­per­vi­sé par l’ACCC par le­quel des gens en dif­fi­cul­té se voient ou­vrir les portes des ins­ti­tuts ou col­lèges bré­si­liens.

L’ACCC a ai­dé ses par­te­naires en ce qui a trait par exemple à la re­con­nais­sance des ac­quis et à la concep­tion de pro­grammes sur me­sure. La pré­si­dente du Bré­sil, Dil­ma Rous­seff, a tel­le­ment été im­pres­sion­née par ce pro­jet qu’elle veut que Mille femmes de­vienne Cent mille femmes.

C’est ain­si que la chef d’État a an­non­cé la créa­tion de 75000 bourses pour fi­nan­cer les étu­diants qui vou­draient faire un an de for­ma­tion à l’étran­ger.

« Ça leur per­met d’al­ler voir le monde, ce qui se fait ailleurs, et d’amé­lio­rer leur fran­çais ou leur an­glais, men­tionne M. Bren­nan. On es­père ac­cueillir les pre­miers 200 Bré­si­liens au mois de juin l’an­née pro­chaine. »

Ceux-ci pour­ront donc suivre des cours de langue du­rant l’été, suivre un se­mestre d’études du­rant l’été et ef­fec­tuer un stage en mi­lieu pro­fes­sion­nel du­rant l’hi­ver.

Mais il faut faire vite, car de nom­breux pays sou­haitent re­ce­voir ce contin­gent d’étu­diants bré­si­liens. D’où l’in­té­rêt pour les par­te­na­riats entre les deux pays, sou­ligne M. Bren­nan.

Le Fo­rum, qui s’est te­nu une pre­mière fois l’an­née der­nière à Rio de Ja­nei­ro, était cette fois-ci or­ga­ni­sé dans la grande ré­gion mont­réa­laise. En plus de Ma­rie-Vic­to­rin, les cé­geps Édouard-Mont­pe­tit et du Vieux-Mon­tréal et l’Ins­ti­tut de tech­no­lo­gie agroa­li­men­taire-cam­pus de Saint-Hya­cinthe ont re­çu la dé­lé­ga­tion du CONIF.

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

En­vi­ron une cin­quan­taine de par­ti­ci­pants ont pris part au deuxième Fo­rum Bré­sil-Ca­na­da sur l’édu­ca­tion pro­fes­sion­nelle et tech­no­lo­gique au cé­gep Ma­rie-Vic­to­rin.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.