Rê­ve­ries sur toile

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Par contre je triche un peu je prends le noir », plai­sante-t-il.

Étant don­né qu’il tra­vaille à temps plein dans le mi­lieu de l’in­for­ma­tique, il des­sine sur­tout les soirs de se­maine. Pour lui, il s’agit plus que d’un passe-temps. C’est une ma­nière de re­laxer, une sou­pape pour dé­com­pres­ser de la vie quo­ti­dienne.

Parce qu’il peint à l’huile, il doit lais­ser sé­cher ses cou­leurs entre chaque couche de pein­ture. Il peut donc lui prendre deux se­maines pour com­plé­ter un ta­bleau. « Nor­ma­le­ment, c’est en­vi­ron une di­zaine de toiles par an­née », éva­lue-t-il.

« Di­sons que je com­mence à vou­loir vendre parce que je n’ai plus de place sur mes murs », s’es­claffe-t-il, lui qui es­time à 35 le nombre de ta­bleaux qu’il a réa­li­sés jus­qu’à ce jour.

S’il veut vendre, il de­vra da­van­tage s’ex­po­ser. Bien qu’il ex­pose pour la pre­mière fois à Ri­vière-des-Prai­ries, ses toiles sont dé­jà sor­ties de chez lui à quelques re­prises.

« J’ai par­ti­ci­pé à une ex­po­si­tion au sym­po­sium Plaines Cou­leurs », dans un pe­tit parc an­nexé aux plaines d’Abra­ham, à Qué­bec, ex­plique-t-il. Une ex­po­si­tion qui s’est fi­na­le­ment sol­dée par deux jours de pluie in­tense. À Mon­tréal, il a ex­po­sé à la ga­le­rie Crys­tal Ra­cine, dans le Pla­teau-Mont-Royal.

Il a aus­si sou­mis ses toiles au vote po­pu­laire par l’en­tre­mise d’In­ter­net. « Je fai­sais par­tie d’un groupe d’ar­tistes sur In­ter­net, in­dique-t-il. Je vou­lais sa­voir si mes toiles plai­saient. Chaque mois on pou­vait sou­mettre nos toiles au vote du pu­blic. Et presque toutes mes toiles ont ga­gné. »

Coup de pouce de l’ar­ron­dis­se­ment

« C’était un concours qui est pas­sé dans le jour­nal de l’ar­ron­dis­se­ment, men­tionne-t-il à pro­pos de l’ex­po­si­tion en cours. On en­voyait des pho­tos sur In­ter­net. »

Très heu­reux de voir que l’ar­ron­dis­se­ment avait à coeur les ar­tistes lo­caux, M. Bé­land a sou­mis quelques toiles à ce concours. « Je pen­sais que l’art n’était pas re­pré­sen­té du tout », dit-il.

M. Bé­land s’in­té­resse beau­coup à l’âme hu­maine, aux per­son­nages rê­veurs et an­ti­thé­tiques. « C’est un peu le mé­lange entre le rêve et le réel, es­time-t-il. J’ai fait un pay­sage, mais ce n’est pas mon da­da. »

En ef­fet, presque tous ses ta­bleaux mettent en scène des per­son­nages réels ou fi­gu­rés. Ses filles sont sou­vent uti­li­sées lorsque vient le temps de por­trai­tu­rer quel­qu'un.

Les re­flets sont aus­si pri­mor­diaux, puisque c’est dans la glace et dans l’eau qu’ap­pa­raissent les per­son­nages op­po­sés aux per­son­nages réels, comme dans cette toile où la femme de M. Bé­land per­çoit, lors­qu’elle se re­garde dans le mi­roir, sa fille en train de se pré­pa­rer pour al­ler à son bal des fi­nis­sants.

Les cou­leurs de ses ta­bleaux sont vives. Ses per­son­nages baignent dans la lu­mière. « Il y a des gens qui m’ont dit que ma marque de com­merce, c’était mon bleu. »

« Tant que je vais ai­mer ça je vais conti­nuer, dit-il avant de lais­ser le jour­na­liste. C’est la seule chose qui me fait dé­com­pres­ser après le tra­vail. Il y en a que c’est le sport, moi c’est l’art. »

L’ex­po­si­tion Ré­flexion a lieu jus­qu’au 30 jan­vier à la salle d’ex­po­si­tion de la bi­blio­thèque Ri­vière-des-Prai­ries.

(Pho­to : Pa­trick Des­champs)

Syl­vain Bé­land peint de­puis quatre ans.

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