Un rat­tra­page qui coû­te­ra cher

L'Informateur - - GRANDS DOSSIERS - Be­noit Cha­rette suite à la page sui­vante

Ceux qui suivent un peu le mi­lieu de l’au­to­mo­bile se rendent compte que, de­puis peu, les construc­teurs font des ef­forts mar­qués pour ré­duire la consom­ma­tion de car­bu­rant. Les cy­lin­drées di­mi­nuent, les V8 dis­pa­raissent au pro­fit des V6, et les V6, au pro­fit des 4 cy­lindres. Nous l’avons sou­li­gné dans d’autres chro­niques. Mais sa­vez-vous qui est res­pon­sable de cette si­tua­tion. C’est le CAFE, non pas ce­lui que vous bu­vez, CAFE est l’acro­nyme de Cor­po­rate Ave­rage Fuel Eco­no­my, un stan­dard mis sur pied par le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain en 1975 à la suite du pre­mier choc pé­tro­lier pour for­cer les construc­teurs d’au­to­mo­biles de De­troit à di­mi­nuer de moi­tié la consom­ma­tion de car­bu­rant sur une pé­riode de dix ans. C’est à Richard Nixon qu’on doit cette ini­tia­tive. Le gou­ver­ne­ment a fixé à 6,6 litres aux 100 ki­lo­mètres la moyenne de consom­ma­tion des vé­hi­cules lé­gers d’ici 2016 et à 4,3 litres aux 100 ki­lo­mètres la moyenne en 2025. C’est sur­tout ce der­nier chiffre qui a en­traî­né une cer­taine pa­nique dans le mi­lieu de l’au­to­mo­bile de­puis peu. Le lais­ser-al­ler des gou­ver­ne­ments qui ont sui­vi ce­lui de Richard Nixon ju­me­lé à l’aban­don de bien des normes dans les an­nées 80 a conduit à un dé­ve­lop­pe­ment ef­fré­né des ca­mions et à la course à la per­for­mance. Entre 1980 et 2000, les voi­tures ont, en moyenne, ga­gné plus de 1000 ki­los, et leur puis­sance a pris 100 che­vaux, et ce, tout en of­frant sen­si­ble­ment la même consom­ma­tion. C’est donc dire que la tech­no­lo­gie a ser­vi es­sen­tiel­le­ment à amé­lio­rer la puis­sance et la sé­cu­ri­té des vé­hi­cules et très peu la consom­ma­tion. On de­mande main­te­nant, après un re­lâ­che­ment de plu­sieurs an­nées, aux construc­teurs d’au­to­mo­biles de conser­ver la même per­for­mance, la même sé­cu­ri­té, mais de ré­duire sub­stan­tiel­le­ment la consom­ma­tion de car­bu­rant. Les pre­mières normes CAFE ont per­mis aux voi­tures ja­po­naises d’en­trer triom­pha­le­ment dans le mar­ché nor­da­mé­ri­cain. Les Toyo­ta, Hon­da et Dat­sun pos­sé­daient dé­jà le sa­voir-faire des pe­tites voi­tures et n’ont rien eu à chan­ger pour re- spec­ter les normes plus sé­vères de consom­ma­tion. Pen­dant ce temps, les Amé­ri­cains ont dé­ve­lop­pé un nombre gê­nant de pou­belles comme la Ford Pin­to, la Che­vro­let Ve­ga ou la Cor­vair, sans suc­cès. De­troit s’est ra­pi­de­ment tour­né vers les ca­mions, ex­clus des normes CAFE, et a lais­sé le che­min tout grand ou­vert aux construc­teurs ja­po­nais qui ont conquis le mar­ché des pe­tites voi­tures. Qua­rante ans plus tard, les Amé­ri­cains com­mencent à peine à com­bler le fos­sé qui les sé­pare des construc­teurs ja­po­nais. Mal­gré une éco­no­mie dif­fi­cile des deux cô­tés de la fron­tière, les ca­mions conti­nuent à se vendre et à se dé­ve­lop­per.

Une mau­vaise pro­gres­sion

Beau­coup blâment le gou­ver­ne­ment amé­ri­cain d’avoir vou­lu agir trop vite dans les an­nées 70 pour en­rayer la dé­pen­dance au pétrole étran­ger, pour un, et le lais­ser-al­ler du même gou­ver­ne­ment quand la pre­mière crise est pas­sée, pour deux. Il au­rait mieux va­lu dans un ef­fort concer­té de ré­par­tir sur une plus longue pé­riode les ob­jec­tifs à at­teindre. Avec des cibles réa­listes aux 10 ans, nous se­rions pro­ba­ble­ment à une moyenne de consom­ma­tion proche des 6 litres aux 100 ki­lo­mètres au­jourd’hui. Et même si, avec beau­coup d’ef­forts, les construc­teurs, pour la plu­part, ar­ri­ve­ront à res­pec­ter les 6,6 litres aux 100 ki­lo­mètres de moyenne en 2016, le coût pour y ar­ri­ver est as­tro­no­mique, et ce, en pleine pé­riode d’in­cer­ti­tude éco­no­mique et de ra­len­tis­se­ment pla­né­taire. En­core une fois, les ca­mion­nettes sont ex­clues des ob­jec­tifs pour la moyenne de consom­ma­tion des vé­hi­cules, ce qui fa­vo­rise for­te­ment les construc­teurs amé­ri­cains qui règnent en roi et maître dans ce do­maine. Mais pour être ca­pable de pas­ser d’une moyenne de consom­ma­tion de 6,6 à 4,3 litres aux 100 ki­lo­mètres en 2025, il fau­dra rien de moins qu’une ré­vo­lu­tion au­to­mo­bile. Vous n’êtes pas sans sa­voir qu’une ré­vo­lu­tion coûte cher, très cher

Des construc­teurs dis­pa­raî­tront

Mais il ne faut pas je­ter tout le blâme sur les gou­ver­ne­ments. À chaque fois que l’ad­mi­nis­tra­tion amé­ri­caine a vou­lu vo­ter une loi plus contrai­gnante sur la consom­ma­tion de car­bu­rant, les construc­teurs amé­ri­cains sont al­lés pleu­rer à la Mai­son blanche en s’as­su­rant de gras­se­ment payer leur puis­sant lob­by qui a tou­jours fait plier les ge­noux des dé­mo­crates et des ré­pu­bli­cains. Mais la ré­créa­tion est ter­mi­née, et les construc­teurs ont com­men­cé à rat­tra­per 30 ans de lais­se­ral­ler. Le grand pa­tron de Fiat, Sergio Mar­chionne, sou­tient que l’ef­fort à faire est tel que les construc­teurs qui ne réus­si­ront pas à vendre entre 5,5 et 6 mil­lions de vé­hi­cules par an­née d’ici 2016 dis­pa­raî­tront. C’est ce qui jus­ti­fie l’union de Ch­rys­ler et de Fiat qui, cha­cun de leur cô­té, n’au­raient pu at­teindre un tel ob­jec­tif. Ce qui veut dire que, dans quelques an­nées, se­lon les pa­roles de Mar­chionne, il n’y au­ra plus que six à huit grands construc­teurs qui se par­ta­ge­ront le mar­ché. Des an­nées dé­ci­sives de­vant nous. a) prendre un for­mat plus pe­tit pour une

meilleure adhé­rence b) gar­der le même for­mat que les pneus

quatre sai­sons c) gardes ses pneus quatre sai­sons toute

l’an­née

3- Vous pre­nez une courbe glis­sante et votre voi­ture dé­rape, que fai­tes­vous?

a) J’ap­puie sur les freins sans perdre de

temps b) J’ap­puie sur l’ac­cé­lé­ra­teur pour cor­ri­ger

la tra­jec­toire c) Je di­mi­nue la pres­sion sur l’ac­cé­lé­ra­teur sans tou­cher aux freins et je cor­rige la tra­jec­toire

4- Avant le dé­but de l’hi­ver

a) Je fais faire une mise au point de ma

voi­ture b) Je vé­ri­fie moi-même vi­suel­le­ment si

tout va bien c) Tout va bien, la voi­ture n’a pas be­soin

de ré­vi­sion

5- Lorsque je dé­marre ma voi­ture par temps froid

a) Je prends la route tout de suite sans at

tendre b) Je laisse le mo­teur tour­ner une mi­nute

avant de par­tir c) Je laisse le mo­teur tour­ner au moins 5

mi­nutes avant de par­tir

6- Dans la neige, les freins ABS…

a) ont be­soin d’une plus grande dis­tance pour im­mo­bi­li­ser le vé­hi­cule b) mettent moins de temps à im­mo­bi­li­ser le vé­hi­cule c) sont com­pa­rable aux freins or­di­naires

(Pho­to : Gra­cieu­se­té)

La Au­di Q5 hy­bride

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