Pro­fi­lage ra­cial : « c’est un chan­ge­ment de men­ta­li­té qu’il faut »

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Des­jar­din■Jo­sianne s

Même si le Ser­vice de police de la Ville de Mon­tréal (SPVM) a dé­voi­lé un plan d’ac­tion pour s’at­ta­quer au pro­fi­lage ra­cial et so­cial, le di­rec­teur d’Équipe RDP, Pier­re­son Va­val, es­time qu’il fau­dra en faire plus pour sen­si­bi­li­ser les po­li­ciers à ce pro­blème.

« Ce sont des ac­tions, des ex­pé­riences qui changent les men­ta­li­tés. Il fau­dra fa­vo­ri­ser la créa­tion de contacts po­si­tifs entre les po­li­ciers et les com­mu­nau­tés. Il faut les mul­ti­plier. Plus il y en au­ra, plus les pré­ju­gés vont tom­ber de part et d’autre. Et plus il va y avoir un chan­ge­ment de com­por­te­ment », ex­plique ce­lui qui tra­vaille au­près de jeunes en dif­fi­cul­té.

À son avis, ce tra­vail doit com­men­cer dès la for­ma­tion des jeunes po­li­ciers afin qu’ils soient conscients qu’ils au­ront à évo­luer dans un contexte de di­ver­si­té cultu­relle. « Cer­tains po­li­ciers pro­viennent de ré­gions où ils ne sont pas con­fron­tés à ça. Ils doivent sa­voir que le tra­vail né­ces­si­te­ra d’être en contact avec des gens qui ont d’autres va­leurs », pour­suit-il.

Ce der­nier croit que les nou­veaux po­li­ciers de­vraient avoir l’oc­ca­sion de faire des stages qui leur per­met­traient de tis­ser des liens et que ça ne soit pas tou­jours dans le cadre « d’in­ter­ven­tions po­li­cières ».

M. Va­val se ré­jouit tout de même des me­sures que pré­voit le plan d’ac­tion du SPVM, comme celles de mettre en place plus de for­ma­tion et d'or­ga­ni­ser des ac­ti­vi­tés de rap­pro­che­ment avec les com­mu­nau­tés. Il consi­dère que la « confiance va s’ins­tal­ler de plus en plus dans les com­mu­nau­tés vi­sées ».

Des jeunes qui se sentent « ob­ser­vés »

Le SPVM doit tra­vailler de ma­nière à « sus­ci­ter la confiance » au­près des jeunes is­sus des com­mu­nau­tés cultu­relles qui sortent des Centres jeu­nesse, et qui ont sou­vent « beau­coup d’ap­pré­hen­sion et de mé­fiance », in­siste M. Va­val.

« Ils nous disent qu’ils se sentent ob­ser­vés par les po­li­ciers, qu’ils sentent une pres­sion et qu’ils [les po­li­ciers] leur ac­cordent une at­ten­tion beau­coup plus pro­non­cée qu’aux autres », pré­cise-t-il.

C’est pour­quoi, se­lon le di­rec­teur d’Équipe RDP, il faut amé­lio­rer les in­ter­ac­tions entre les po­li­ciers et les com­mu­nau­tés. « Le SPVM a par­lé de ce qu’il n’ac­cep­te­ra pas de ses po­li­ciers, qu’il va y avoir des con­sé­quences, mais c’est toute la mé­ca­nique qu’il faut re­voir », ajoute-t-il.

En ef­fet, le di­rec­teur du SPVM, Marc Parent, a in­di­qué lors de la confé­rence de presse du 17 jan­vier der­nier que les actes de dis­cri­mi­na­tion com­mis par les po­li­ciers se­ront pu­nis et pour­raient même me­ner à un congé­die­ment.

(Pho­to : ar­chives)

Pier­re­son Va­val, di­rec­teur d'Équipe RDP

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