Les dames

De coeur

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette

De­puis la fin de la Se­conde Guerre mon­diale, et plus par­ti­cu­liè­re­ment de­puis la Ré­vo­lu­tion tran­quille, les Québécoises ont fait de nom­breux gains : le droit de vote, le droit à l’avor­te­ment et le droit de dis­po­ser de son corps ne sont que quelques exemples de vic­toires du­re­ment rem­por­tées. Le 8 mars pro­chain, ce se­ra l’oc­ca­sion pour le Centre des femmes de Ri­vière-des-Prai­ries de rap­pe­ler à ses membres que des com­bats res­tent à être me­nés.

« Il y a en­core beau­coup de tra­vail à faire. Il y a des choses que les femmes ont ac­quises, mais ces ac­qui­si­tions sont éphé­mères », in­dique Yo­laine Fris­ko, ad­jointe ad­mi­nis­tra­tive et an­cienne di­rec­trice de l’or­ga­nisme fon­dé en 1984.

« Tous ces droits-là sont en dan­ger. Quand on ouvre le jour­nal, chaque se­maine on le constate », ajoute de son cô­té Isa­belle Ri­vard, agente de mo­bi­li­sa­tion.

À la Chambre des com­munes, au dé­but du mois de fé­vrier, un dé­pu­té conser­va­teur de l’On­ta­rio a pro­po­sé de re­dé­fi­nir ce qu’est la vie. Une fa­çon pour l’op­po­si­tion de ré­vi­ser le droit à l’avor­te­ment. Ce­la in­quiète gran­de­ment les deux femmes.

Elles croient aus­si que même si les femmes sont à éga­li­té po­li­ti­que­ment avec les hommes, des ini­qui­tés de­meurent sur le plan so­cioé­co­no­mique.

« Dans la vie pri­vée, c’est quand même les femmes qui res­tent avec les tâches mé­na­gères », es­time Mme Ri­vard. Elle rap­pelle aus­si le pa­ra­doxe vou­lant que les femmes soient plus nom­breuses sur les bancs d’école tout en oc­cu­pant des em­plois moins payants que les hommes.

« C’est un sys­tème de valeur », dit-elle. Com­battre cer­taines po­li­tiques fis­cales peut aus­si être un moyen de com­battre la pau­vre­té des femmes en­gen­drée par cette in­éga­li­té so­cio-éco­no­mique.

« On parle de plus en plus de taxe san­té », évoque Mme Fris­ko. Cette taxe a d’ailleurs été maintes fois dé­criées par les as­so­cia­tions de femmes en 2011.

Confu­sion au­tour d’un man­dat

Même si le re­grou­pe­ment existe de­puis 1984 à Ri­vière-des-Prai­ries, beau­coup de mys­tère de­meure au­tour du rôle qu’il joue dans la com­mu­nau­té. Et ce­la, même s’il compte 500 vi­si­teuses par an­née, dont 200 membres ins­crits.

« On est iden­ti­fié aux res­sources d’hé­ber­ge­ment. Mais on n’est pas un centre d’hé­ber­ge­ment, on est une res­source de jour », men­tionne Mme Fris­ko pour dé­mon­trer la confu­sion qui règne par­fois.

Les gens ont peur de ve­nir, re­marque Mme Ri­vard. « Il y en a plein qui vien­draient mais qui ne viennent pas pour toutes sortes de rai­son. » Elle ajoute que le terme « fé­mi­niste » a été gal­vau­dé au fil des an­nées, c’est-à-dire qu’il a été as­so­cié à des po­si­tions ex­tré­mistes, ce qui lui donne une conno­ta­tion né­ga­tive aux oreilles de plu­sieurs.

Les deux pro­ta­go­nistes re­jettent ces éti­quettes qu’elles trouvent in­ap­pro­priées, et ré­af­firment l’im­por­tance de la mis­sion du Centre des femmes.

« Notre but prin­ci­pal, c’est bri­ser l’iso­le­ment des femmes, tra­vailler pour l’équi­té des femmes et contre la pau­vre­té », in­dique Mme Ri­vard.

Les deux veulent aus­si s’ou­vrir aux mi­no­ri­tés eth­niques, qui par­fois ne fré­quentent pas spon­ta­né­ment l’or­ga­nisme.

Le 8 mars, elles en pro­fi­te­ront pour ou­vrir leurs lo­caux aux femmes du quar­tier à par­tir de 14 h 30. Des ate­liers et un sou­per se­ront au me­nu.

(Photo : Pa­trick Des­champs)

Des membres et des em­ployées du Centre des femmes de Ri­vière-des-Prai­ries.

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