Conces­sion A25 : des fac­tures mal adres­sées...

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Sa­muel Le­duc-Fre­nette

Après avoir été cri­ti­qué pour la mau­vaise vi­si­bi­li­té de ses pan­neaux et pour exi­ger des frais d’ad­mi­nis­tra­tion de 5 $ aux usa­gers qui n’ont pas d’abon­ne­ment, Conces­sion A25 est en­core dans la tour­mente : plu­sieurs fac­tures au­raient été en­voyées à des pro­prié­taires de voi­tures qui n’ont ja­mais em­prun­té le pont de l’au­to­route 25.

Gé­rald Côté ha­bite la ville de Qué­bec. En fé­vrier, il a re­çu une lettre par la poste. C’était une fac­ture que le ges­tion­naire du pont de l’au­to­route 25 lui en­voyait. On lui ré­cla­mait 6,80 $, soit 1,80 $ pour le péage et 5 $ en frais ad­mi­nis­tra­tifs. Or, M. Côté pro­clame haut et fort qu’il n’a ja­mais em­prun­té ce pont de­puis son inau­gu­ra­tion, en mai der­nier.

« Le pro­blème, c’est que j’ai ja­mais été là, à La­val, je n’ai ja­mais pas­sé de ma vie sur l’au­to­route 25, af­firme-t-il. Je n’étais même au cou­rant qu’il y avait un pont à péage à La­val. »

Son pas­sage da­te­rait du 4 fé­vrier, à 17 h 01 pré­ci­sé­ment. « Moi, à 16 h 30, je com­man­dais une piz­za ici. Je man­geais avec mon frère et ma fa­mille, dit-il. J’ai un bon ali­bi. »

M. Côté a com­mu­ni­qué avec l’en­tre­prise pour contes­ter cette fac­ture, mais dans une lettre qui lui a été ren­voyée, Conces­sion A25 main­tient sa po­si­tion.

En outre, la voi­ture iden­ti­fiée comme lui ap­par­te­nant ne sort ja­mais de la ca­pi­tale. « Ce vé­hi­cule-là [une Dodge Ca­ra­van], je ne le sors ja­mais de Qué­bec. On fait juste des pe­tites dis­tances avec. »

La pho­to prise par les ca­mé­ras de sur­veillance du pont qui per­mettent à l’en­tre­prise d’iden­ti­fier les pas­sants qui n’ont pas de trans­pon­deur (une vi­gnette élec­tro­nique que les abon­nés fixent dans leur pare-brise) n’est pas li­sible. M. Côté en a d’ailleurs fait par­ve­nir une co­pie à l’In­for­ma­teur. Cette pho­to, in­cluse avec la fac­ture, est la seule preuve dont dis­pose l’en­tre­prise pour col­lec­ter le péage.

« Si j’avais eu une pho­to claire de ma plaque, là j’au­rais pu dire que j’ai un pro­blème, qu’il y a quel­qu’un qui a une deuxième plaque et qui se pro­mène. »

Un pro­blème pos­sible, mais rare

Pierre Brien, le di­rec­teur des com­mu­ni­ca­tions de Conces­sion A25, ne nie pas qu’il puisse y avoir des er­reurs de fac­tu­ra­tion. Comme ce­la peut être le cas pour ceux dont la plaque d’im­ma­tri­cu­la­tion a été dé­ro­bée ou fal­si­fiée.

« Ce n’est pas im­pos­sible que quel­qu’un qui cir­cule avec une fausse plaque, ce qu’on ap­pelle le phé­no­mène des plaques cou­pées ou les gens qui se sont pa­ten­tés une plaque, etc., ça peut ar­ri­ver, et je ne dis pas que ce n’est ja­mais ar­ri­vé. »

Il peut s’agir aus­si tout sim­ple­ment d’une mau­vaise lec­ture de plaque par un pré­po­sé. « Ça, il peut y avoir trois ou quatre cas par jour », éva­lue M. Brien. Dans ce cas, la per­sonne qui se sent lé­sée peut com­mu­ni­quer avec l’en­tre­prise.

« Le taux de fia­bi­li­té du sys­tème, il est très, très haut, juge-t-il. [Mais] s’il y a un doute, et qu’on n’est pas ca­pable de prou­ver que c’est vous, on va re­je­ter la tran­sac­tion. »

Sauf que M. Côté a dé­jà contac­té l’en­tre­prise, qui a re­je­té sa ver­sion des faits. « Je trouve ça aber­rant, déses­père-t-il. Si per­sonne ne fait rien et tout le monde paye, ça n’avan­ce­ra pas ce dos­sier-là. »

Il n’em­pêche que si M. Côté ne paye pas ra­pi­de­ment sa fac­ture, il pour­rait re­ce­voir une amende. « Dans les pro­chaines se­maines, on va com­men­cer à émettre les rap­pels par cour­rier re­com­man­dé qui donnent une der­nière chance de paie­ment, et après ça, c’est l’étape sui­vante, qui est un rap­port trans­mis au mi­nis­tère de la Jus­tice, qui, lui, émet un constat d’in­frac­tion », pré­vient M. Brien.

(Pho­to : Patrick Des­champs)

Le pont de l’au­to­route 25 est à nou­veau au centre d’un conten­tieux.

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