En­fants dis­pa­rus: pour qu’ils ne tombent pas dans l’ou­bli

L'Informateur - - VIE DE QUARTIER - Jo­sianne Des­jar­dins

Des cen­taines de pa­rents d’en­fants dis­pa­rus, dont cer­tains vivent le pire cau­che­mar sur de nom­breuses an­nées, trouvent du ré­con­fort au­près de la di­rec­trice gé­né­rale de l’or­ga­nisme En­fant- Re­tour Qué­bec, Pi­na Ar­ca­mone. De­puis 18 ans, la ré­si­dente de Mon­tréal-nord fait sa marque en tra­vaillant d’ar­rache-pied avec la po­lice et la com­mu­nau­té pour les re­trou­ver, mais aus­si pour évi­ter que d’autres jeunes ne su­bissent le même sort. Voi­ci quelques ex­traits d’une en­tre­vue réa­li­sée avec elle.

Tout d’abord, ex­pli­quez-nous quel est votre rôle au­près des fa­milles.

« Je fais de l’ac­com­pa­gne­ment émo­tion­nel en étant tou­jours pré­sente pour les pa­rents lors­qu’ils ont be­soin de nous. Je suis aus­si le porte-voix de ces fa­milles en m’as­su­rant que l’en­quête avance pour que les pa­rents puissent connaître un dé­noue­ment.

« En nous ap­pe­lant, ce n’est pas un thé­ra­peute qu’ils re­cherchent. Par­fois, c’est parce que ça fait long­temps qu’ils n’ont pas eu de nou­velle de leur en­quê­teur. Ils peuvent pen­ser que leur dos­sier n’est plus im­por­tant parce qu’il y a eu un cas de dis­pa­ri­tion plus ré­cent. »

Quelle est votre re­la­tion avec la po­lice?

« Une par­tie im­por­tante de notre tra­vail, c’est de faire com­prendre aux dif­fé­rents corps de po­lice ce que les fa­milles vivent lors­qu’ils sont dans l’at­tente, qu’ils n’ont pas de ré­ponse et que le temps avance. On est aus­si bien pla­cé pour com­prendre ce que les po­li­ciers vivent, lors­qu’il y a une autre dis­pa­ri­tion cri­mi­nelle ou lors­qu’il n’y a plus d’in­for­ma­tion qui ali­mente un dos­sier.

À la dif­fé­rence des po­li­ciers, notre rôle n’est pas de faire de l’en­quête et nous de­vons faire com­prendre aux pa­rents les li­mites de celle-ci. »

Que fau­drait-il faire de plus pour re­trou­ver les en­fants por­tés dis­pa­rus?

« Avoir des per­sonnes res­sources, des en­quê­teurs che­vron­nés à leur re­traite qui col­la­borent et se rendent sur les lieux d’une dis­pa­ri­tion, comme ce que fait l’es­couade spéciale en On­ta­rio. Tant qu’un en­fant manque à l’ap­pel, on a pas tout fait pour lui. Il faut for­mer les po­li­ciers en conti­nu et leur rap­pe­ler que les pre­mières heures d’un si­gna­le­ment sont cru­ciales. En très peu de temps, l’en­fant peut se re­trou­ver dans une autre pro­vince. »

Re­con­naître les si­tua­tions à risque

En­fant- Re­tour réus­sit à re­joindre plus de 10 000 jeunes chaque an­née à tra­vers les Com­mis­sions sco­laires ou en­core les Centres de la pe­tite en­fance par l’en­tre­mise de son pro­gramme de pré­ven­tion, mis sur pied par Mme Ar­ca­mone.

« On y va à tra­vers le jeu, avec des ma­rion­nettes pour les tout-pe­tits et des mises en si­tua­tion pour les plus grands. Nous de­vons les ou­tiller pour qu’ils puissent re­con­naître les si­tua­tions à risque », ex­plique-t-elle. Ils doivent sa­voir que s’ils ne se sentent pas en sé­cu­ri­té, ils ont le droit de dire non. On cherche aus­si à fa­vo­ri­ser leur es­time de soi », pour­suit-elle.

L’or­ga­nisme cible aus­si quelques cen­taines de pa­rents et d’in­ter­ve­nants so­ciaux en or­ga­ni­sant des ate­liers pour pré­ve­nir le risque d’en­lè­ve­ment parental, no­tam­ment dans les centres d’hé­ber­ge­ment pour femmes.

À ce­la s’ajoute les cli­niques d’iden­ti­fi­ca­tion où En­fant-re­tour re­met gra­tui­te­ment aux pa­rents un car­net d’iden­ti­té dans le­quel se trouve toute l’in­for­ma­tion per­met­tant d’ac­cé­lé­rer les re­cherches en cas de dis­pa­ri­tion.

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