Un peu de so­li­da­ri­té à RDP

Élec­tion par­tielle dans La­Fon­taine

L'Informateur - - ÉLECTION DANS LAFONTAINE - Sa­muel Le­duc-Frenette

Di­plô­mé en tra­vail so­cial, Sé­bas­tien Ri­vard a fait car­rière dans le mi­lieu com­mu­nau­taire pen­dant 20 ans. Au­jourd’hui co­or­don­na­teur d’un re­grou­pe­ment d’or­ga­nismes, il se pré­sente pour la pre­mière fois sous les cou­leurs de Qué­bec so­li­daire (QS) dans la cir­cons­crip­tion de La­Fon­taine (Ri­vière-des-Prai­ries [RDP]), un quar­tier qu’il connaît sur­tout à tra­vers les contacts qu’il s’est faits dans le mi­lieu com­mu­nau­taire.

M. Ri­vard dit avoir d’ailleurs ins­crit à son agen­da plu­sieurs ren­dez-vous avec les or­ga­nismes prai­ri­vois avant même de com­men­cer sa cam­pagne sur le ter­rain. Un tra­vail qui de­meure tou­te­fois ar­du, étant don­né que QS ne pos­sède pas au­tant de moyens dans La­Fon­taine que son plus im­por­tant ri­val, le Par­ti li­bé­ral du Qué­bec (PLQ), qui rem­porte le com­té élec­tion après élec­tion.

Mais à ce cha­pitre, M. Ri­vard ne s’en fait pas trop. Conscient du dan­ger que re­pré­sente le PLQ pour sa jeune for­ma­tion po­li­tique, le can­di­dat mise sur la nou­veau­té de QS. « Les li­bé­raux partent avec 70 % lors de la der­nière élec­tion », re­con­naît-il, mais QS est jeune et n’est pas in­féo­dé à la vieille po­li­tique.

« Notre arme à nous c’est le chan­ge­ment, ajoute-t-il. [Le dé­pu­té sor­tant To­ny] To­mas­si n’est pas par­ti les mains propres. » Rap­pe­lons que ce der­nier est en at­tente de son pro­cès pour fraude et abus de confiance.

Le can­di­dat so­li­daire té­moigne aus­si de l’exas­pé­ra­tion des élec­teurs quant à la loi spé­ciale adop­tée pour « en­ca­drer » les ma­ni­fes­ta­tions. Une exas­pé­ra­tion qu’il constate chaque fois qu’il prend part au dé­fi­lé des cas­se­roles de RDP.

« Je ne com­prends pas que des élus de l’As­sem­blée na­tio­nale puissent al­ler aus­si loin, men­tionne-t-il. On es­père que les gens vont en­tendre rai­son. C’est un geste com­plè­te­ment dé­rai­son­nable. »

« Ri­vière-des-Prai­ries est très mal des­ser­vie au ni­veau des ser­vices publics. Les ser­vices de san­té sont in­adé­quats, tout comme le trans­port en com­mun. »

Des pistes de so­lu­tion pour RDP

Ce­lui qui a adhé­ré à QS en 2006 voit dans la cir­cons­crip­tion de La­Fon­taine plein de dé­fis que son par­ti est en me­sure de re­le­ver. Se­lon lui, une des pistes de so­lu­tions pour ré­gler les pro­blèmes so­ciaux ré­side dans de meilleurs ser­vices aux ci­toyens. « Ri­vière-des-Prai­ries est très mal des­ser­vie au ni­veau des ser­vices publics. Les ser­vices de san­té sont in­adé­quats, tout comme le trans­port en com­mun » , donne- t- il en guise d’exemples. Ain­si, M. Ri­vard parle de ré­in­ves­tir dans les centres lo­caux de ser­vices com­mu­nau­taires (CLSC) pour de meilleurs ser­vices de proxi­mi­té. Il re­grette aus­si qu’il n’y ait pas d’hô­pi­tal gé­né­ral à Ri­vière-des-Prai­ries, alors que les ci­toyens du bout de l’île doivent tra­ver­ser les ponts ou al­ler plus à l’ouest, à l’Hô­pi­tal Mai­son­neuve-Ro­se­mont, pour avoir ac­cès à des soins hos­pi­ta­liers. S’il re­con­naît que le pont de l’au­to­route 25 a amé­lio­ré la cir­cu­la­tion rou­tière dans le quar­tier, RDP souffre en­core de son ex­cen­tri­ci­té, ce qui nuit au dé­ve­lop­pe­ment du trans­port en com­mun. « Il faut vrai­ment amé­lio­rer la des­serte nord- sud [ entre RDP et Pointe- auxT­rembles], sou­ligne-t-il. Il n’y a pas as­sez d’au­to­bus à RDP. » Pour fi­nan­cer ces pro­jets, pas ques­tion d’exi­ger da­van­tage de la classe moyenne dé­jà lar­ge­ment im­po­sée, pré­vient-il. Il faut plu­tôt « al­ler cher­cher l’ar­gent […] dans la poche des en­tre­prises fi­nan­cières, comme des mi­nières, ou de ceux qui ont de très hauts re­ve­nus. » Il es­time battre en brèche tout ceux qui ac­cu­se­raient QS de ne pas ap­por­ter de so­lu­tions concrètes aux pro­blèmes de fis­ca­li­té du Qué­bec.

Sé­bas­tien Ri­vard

« Si on al­lait cher­cher 0,5 % de taxes sur les tran­sac­tions fi­nan­cières, ça ra­mè­ne­rait plus d’un mil­liard de dol­lars au Qué­bec la pre­mière an­née. » M. Ri­vard ré­pète qu’il veut al­ler cher­cher l’ar­gent où il se trouve, sans nuire aux en­tre­prises plus mo­destes. Il ne veut pas ren­ver­ser le ca­pi­ta­lisme, seule­ment le rendre plus hu­main. « On n’est pas là pour les sai­gner, mais pour ré­équi­li­brer. »

(Pho­to : Pa­co­pho­to)

Sé­bas­tien Ri­vard es­saie de convaincre les Prai­ri­vois que Qué­bec so­li­daire peut ame­ner des so­lu­tions concrètes à cer­tains de leurs pro­blèmes.

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