En­core un in­cen­die chez AIM

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Si­mon Bous­quet

Un im­mense tas de com­po­santes de voi­tures broyées a pris feu jeu­di ma­tin, dans la cour d’AIM à Mon­tréal-Est. C’est la deuxième fois en moins de six mois qu’un in­cen­die se dé­clare sur ce ter­rain si­tué en bor­dure du parc d’Anjou et du quar­tier de Ri­vière-des-Prai­ries.

Un peu avant 4 h, le feu a pris dans « l’amon­cel­le­ment de ré­si­dus d’au­to­mo­biles broyées : plas­tique, rem­bour­rage de sièges et de fils élec­triques » d’une cir­con­fé­rence de 450 m par 25 m de hau­teur, se­lon le Ser­vice de sé­cu­ri­té in­cen­die de Mon­tréal (SIM).

Vers 6 h 45, les pom­piers ont dû uti­li­ser de la ma­chi­ne­rie pour éteindre le feu en pro­fon­deur et ce n’est que vers 10 h que les pom­piers ont quit­té les lieux. Les causes de l’in­cen­die n’ont pas été iden­ti­fiées, mais le di­rec­teur en­vi­ron­ne­men­tal d’AIM, Ma­thieu Ger­main, as­sure qu’une en­quête in­terne se­ra me­née. « Les tem­pé­ra­tures in­ha­bi­tuelles se­raient une cause pré­li­mi­naire pos­sible. »

Qu’est-ce qui brule?

La pile contien­drait les ré­si­dus de broyage au­to­mo­bile ( RBA), aus­si ap­pe­lé fluff, un mé­lange vo­la­tile et in­flam­mable. Se­lon la fiche vé­hi­cules de Re­cyc-Qué­bec, cette sub­stance est « consti­tuée prin­ci­pa­le­ment de la par­tie non mé­tal­lique du vé­hi­cule [soit un mé­lange] de dif­fé­rents types de plas­tiques, de mousses de rem­bour­rage, mais aus­si de mé­taux, de ca­ou­tchouc, de tis­sus, de fils élec­triques, de verres, de bois, de par­ti­cules de rouille et de pein­ture; le tout pou­vant être conta­mi­né par des res­tants de fluides lors du recyclage. »

Du cô­té d’AIM, le di­rec­teur en­vi­ron­ne­men­tal af­firme que la sub­stance en cause ne se­rait pas du fluff mais bien « des ré­si­dus de pro­duc­tion et des ré­si­dus non fer­reux. » Ce­lui­ci pré­cise qu’il n’y a au­cune li­mite sur la quan­ti­té que la com­pa­gnie peut en­tre­po­ser.

Conforme aux règles?

La com­pa­gnie AIM au­rait sto­cké plus de 500 000 tonnes de fluff, non sé­pa­rées des mé­taux fer­reux, en pré­vi­sion de la mise en marche d’une uni­té de trai­te­ment ré­cem­ment construite, es­time un avo­cat spé­cia­li­sé dans le recyclage des mé­taux, Éric Bou­cher.

Se­lon le cer­ti­fi­cat d’au­to­ri­sa­tion de construc­tion et d’ex­ploi­ta­tion du centre de tri de mé­taux non fer­reux et de re­buts mé­tal­liques émis par le mi­nis­tère de l’En­vi­ron­ne­ment du Qué­bec, « les quan­ti­tés maxi­males de fluff­fi­nal [soit du fluff­sé­pa­ré des mé­taux fer­reux] en­tre­po­sées en tout temps à l’usine se­ront de l’ordre de 840 000 kg [ 840 tonnes]. » M. Bou­cher es­time donc qu’AIM ne contre­vient pas né­ces­sai­re­ment à la loi, mais bien à l’es­prit de celle-ci.

Du cô­té du mi­nis­tère, une en­quête se­ra me­née dans les pro­chains jours afin de dé­ter­mi­ner si AIM a contre­ve­nu aux règles, as­sure le di­rec­teur du Centre de contrôle en­vi­ron­ne­men­tal de Mon­tréal, Luc St-Mar­tin.

Quant au feu qui avait écla­té dans la cour de l’en­tre­prise en mars der­nier, M. Ger­main as­sure qu’il ne s’agit pas de la même sub­stance, ni de la même cause. Le tas qui avait alors brû­lé conte­nait du fi­lage et des ma­tières non fer­reuses.

(Pho­to: Maxime Car­rière)

Les pom­piers ont com­bat­tu les flammes qui consu­maient un im­mense tas d’une sub­stance ex­traite de vé­hi­cules broyés.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.