Un programme de mam­mo­gra­phies gra­tuites

L'Informateur - - SOUTENONS LA CAUSE... - Si­mon Bous­quet

Mes­dames, à quand re­monte votre der­nière mam­mo­gra­phie? Si la ré­ponse est plus de deux ans, vous êtes en re­tard!

Mais vous n’êtes pas la seule. En 2008, seule­ment 48 % des femmes de 50 à 69 ans qui ré­sident dans l’Est avaient par­ti­ci­pé au Programme qué­bé­cois de dé­pis­tage du can­cer du sein (PQDCS). Ce­la ex­plique peut-être que l’in­ci­dence des can­cers est plus éle­vée sur le ter­ri­toire du Centre de san­té et de ser­vices so­ciaux (CSSS) de la Pointe-de-l’Île que la moyenne mont­réa­laise.

Une lettre qui sauve des vies

Avec le programme « La femme au coeur d’une ap­proche de réseau in­té­gré de ser­vices en pré­ven­tion du can­cer du sein », le CSSS veut s’at­ta­quer à ce pro­blème. La cam­pagne semble por­ter ses fruits puis­qu’en 2011, le nombre de femmes ayant par­ti­ci­pé au programme avait pas­sé la barre du 50 %. Mais beau­coup de che­min doit en­core être par­cou­ru pour que le CSSS at­teigne son ob­jec­tif de 58 % des femmes pour 2015.

La rai­son pour la­quelle le CSSS in­cite les femmes à faire des exa­mens pré­ven­tifs est que « plus le can­cer est dé­tec­té et trai­té tôt, plus les chances de survie sont grandes, et plus les trai­te­ments sont fa­ciles à sup­por­ter », ex­plique la conseillère en pré­ven­tion et pro­mo­tion de la san­té du CSSS, Na­tha­lie Ro­chon.

Pour sen­si­bi­li­ser les femmes à l’im­por­tance de su­bir une mam­mo­gra­phie, le pre­mier ou­til uti­li­sé est une lettre en­voyée au do­mi­cile de chaque femme de 50 ans et plus. Les femmes n’ont alors qu’à prendre un ren­dez­vous chez un mé­de­cin pour su­bir une mam­mo­gra­phie gra­tuite.

Celles qui au­raient éga­ré leur lettre peuvent faire une de­mande et re­ce­vront à nou­veau la lettre. Celles qui n’ont pas at­teint la cin­quan­taine, mais qui vou­draient tout de même par­ti­ci­per au programme de dé­pis­tage doivent al­ler consul­ter un mé­de­cin pour ob­te­nir une or­don­nance. Elles pour­ront en­suite faire une de­mande pour re­ce­voir la lettre.

Alors qu’une mam­mo­gra­phie coûte une cen­taine de dol­lars, « pour celles qui ont la lettre en leur pos­ses­sion, le programme est gra­tuit. Celles qui n’ont pas de mé­de­cin de fa­mille s’en fe­ront at­ti­trer un par le programme », ex­plique la porte- pa­role du programme, Guy­laine Dion. D’ailleurs, l’agente so­cio­com­mu­nau­taire du SPVM, qui est en ré­mis­sion d’un can­cer du sein, in­siste sur l’im­por­tance de re­tour­ner voir le même mé­de­cin pour chaque séance de dé­pis­tage. Se­lon elle, ce­la per­met­trait une meilleure dé­tec­tion des can­cers.

Des ren­contres style tup­per­ware

Par­mi les ac­ti­vi­tés pour sen­si­bi­li­ser les femmes, des ren­contres ca­fé et brioches sont or­ga­ni­sées en collaboration avec les or­ga­nismes lo­caux.

Mais ces ren­contres ani­mées par une in­fir­mière ne se li­mitent pas qu’aux or­ga­nismes. « Si un groupe de femmes veut or­ga­ni­ser une soi­rée chez eux, ils peuvent contac­ter l’in­fir­mière », ajoute Mme Ro­chon.

Pour re­joindre l’en­semble de la population, ces échanges sont adap­tés aux spé­ci­fi­ci­tés cultu­relles. « Nous avons quel­qu’un qui parle créole, ita­lien et es­pa­gnol. [Nos in­ter­ven­tions] sont adap­tées aux par­ti­cu­la­ri­tés cultu­relles des groupes », pré­cise Mme Ro­chon.

Lors de ces ren­contres, les femmes ap­pren­dront no­tam­ment comment pal­per leurs seins, quelle pres­sion exer­cer, etc. À l’aide de pho­tos, l’in­fir­mière ai­de­ra les femmes à dé­mys­ti­fier la séance de dé­pis­tage. « On leur montre la ma­chine parce que plu­sieurs femmes sont stres­sées par la séance de dé­pis­tage », ra­conte Mme Ro­chon.

« L’ob­jec­tif du pro­jet est que les femmes se prennent en main et connaissent le PQDCS », ex­pose Mme Ro­chon. Les or­ga­ni­sa­teurs croient que ce type de ren­contres per­met­tra d’en­le­ver les craintes que les femmes éprouvent à al­ler su­bir une mam­mo­gra­phie.

(Pho­to: Pa­trick Des­champs)

Guy­laine Dion re­çoit ré­gu­liè­re­ment des en­cou­ra­ge­ments lors­qu’elle par­court le sec­teur pour in­ci­ter les femmes à faire exa­mi­ner leurs seins.

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