La culture haï­tienne se ra­conte

L'Informateur - - VIE DE QUARTIER -

si­tua­tion pré­vaut de­puis que Re­né Pré­val—son cou­sin—, a re­pris le pou­voir de 2006 à 2011.

Un par­cours aty­pique

M. Pré­val n’a pas de for­ma­tion en his­toire stricte. À son ar­ri­vée comme étu­diant à Mon­tréal, en 1972, il avait en poche un di­plôme d’études en beaux-arts. Dans la mé­tro­pole, il a étu­dié le des­sin in­dus­triel dans une école spé­cia­li­sée avant de pour­suivre un bac­ca­lau­réat en de­si­gn de l’en­vi­ron­ne­ment, mi­neure en en­vi­ron­ne­ment, de même qu’une maî­trise spé­cia­li­sée en conser­va­tion et pa­tri­moine.

Au cours de sa car­rière, il a en­sei­gné en Haï­ti de 1986 jus­qu’au coup d’État de 1991. De­puis son re­tour, il a tra­vaillé dans plu­sieurs or­ga­nismes du mi­lieu com­mu­nau­taire à faire de l’édu­ca­tion à la ci­toyen­ne­té.

Dans ses écrits, son in­té­rêt porte d’abord sur l’eth­no­cul­ture haï­tienne. Pour preuve, avant d’écrire un livre d’his­toire po­li­tique, il avait abor­dé l’his­toire de la culture mu­si­cale haï­tienne dans un pré­cé­dent ou­vrage.

Mais sa for­ma­tion plu­ri­dis­ci­pli­naire et l’in­té­rêt que lui ont trans­mis ses pa­rents—tous deux ont étu­dié l’An­ti­qui­té à l’uni­ver­si­té de la Sor­bonne—ont fait de lui un cher­cheur dé­ter­mi­né qui n’a pas hé­si­té à al­ler fouiller les ar­chives de Port-au-Prince, Pa­ris ou Mon­tréal pour étayer ses écrits.

Manque de culture

L’au­teur d’His­toire de la culture haï­tienne veut que son livre soit lu de tous : au­tant les Qué­bé­cois que les Haï­tiens de la dia­spo­ra ou ceux qui de­meurent dans leur île sont in­vi­tés à le faire.

Au cours de l’en­tre­vue, il trace d’ailleurs cer­tains pa­ral­lèles entre les so­cié­tés qué­bé­coise et haï­tienne, comme les liens his­to­riques qui ont uni les deux peuples.

« On a des Des­ma­rais en Haï­ti, nomme-t-il en ré­fé­rence à la puis­sante fa­mille der­rière la so­cié­té Po­wer Cor­po­ra­tion. On a des Lé­vesque aus­si. »

D’ailleurs, lors­qu’il est ques­tion de culture comme dans son livre, M. Pré­val sou­hai­te­rait une plus grande fier­té de la part des Haï­tiens. Un peu comme ce qu’il constate chez les Qué­bé­cois.

« S’il y a un mo­dèle que les Haï­tiens de­vraient suivre, c’est le mo­dèle qué­bé­cois. Parce que quand on pro­nonce “Qué...”, [on n’a pas en­core pro­non­cé] “Qué­bé­cois”, et tous les Qué­bé­cois se sont re­tour­né. Quand tu dis “Haï­tien”, l’Haï­tien garde la tête droite, car il ne veut pas être [as­so­cié à cette iden­ti­té]. »

S’il trouve que les jeunes Haï­tiens ont un sen­ti­ment d’ap­par­te­nance fort, ce n’est pas le cas de l’élite in­tel­lec­tuelle et de la bour­geoi­sie du pays an­tillais.

« Si l’élite s’iden­ti­fie à cette culture, elle va au­to­ma­ti­que­ment faire corps avec la classe dé­fa­vo­ri­sée. Ils veulent gar­der une dis­tance. Ces gens-là pré­fèrent s’iden­ti­fier à d’autres cultures étran­gères », dé­plore-t-il. Un su­jet pour un pro­chain livre? Le livre His­toire de la culture haï­tienne est nor­ma­le­ment dis­po­nible à la li­brai­rie Oli­vie­ri (5219, che­min de la Côte- des-Neiges) et à la bou­tique Car­ré d’arts (5357, boul Hen­riBou­ras­sa Est).

(Pho­to : pa­co­pho­to.ca)

Guer­dy Jacques Pré­val ha­bite Mon­tréal de­puis 1972. D’abord ins­tal­lé au coin des rues St-De­nis et Bé­lan­ger, il vit dé­sor­mais à Ri­vière-des-Prai­ries.

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.