Chan­tal Rou­leau s’op­pose au bud­get 2013

L'Informateur - - ACTUALITÉS - Si­mon Bous­quet

Le bud­get mu­ni­ci­pal 2013 a été dé­po­sé cette se­maine. La mai­resse de l’ar­ron­dis­se­ment Ri­vière- des- Prai­ries– Pointe- auxT­rembles (RDP-PAT), Chan­tal Rou­leau, s’op­pose fa­rou­che­ment à ce­lui-ci.

« Nous ne pou­vons pas vo­ter en fa­veur de ce bud­get. Je suis ex­trê­me­ment cho­quée, et les ci­toyens aus­si, par l’am­pleur de la ma­gouille […] S’il n’y a pas de me­sures de re­dres­se­ment et de contrôle, nous ne pou­vons pas vo­ter un bud­get concret. »

Rap­pe­lons que la hausse de 3,3 % des taxes mu­ni­ci­pales est pré­vue dans le bud­get de la Ville de Mon­tréal, qui a été dé­po­sé le 30 oc­tobre der­nier. À la suite de nom­breuses cri­tiques, le pré­sident du co­mi­té exé­cu­tif de Mon­tréal, Mi­chael Ap­ple­baum, a an­non­cé le 1er no­vembre que le bud­get se­rait ré­vi­sé.

« Quand ils ont dé­po­sé le bud­get et la hausse des taxes de 3,2 %, lun­di, ils étaient très fiers du bud­get. Comment se fait-il qu’en l’es­pace de 48 heures, ils an­noncent qu’ils vont le re­vi­ser? », se ques­tionne Mme Rou­leau.

Ce que les op­po­sants au bud­get cri­tiquent est, no­tam­ment, la hausse des taxes de 50 % de plus que le ni­veau de l’in­fla­tion, es­ti­mé à 2,2 %, et que le mon­tant de 3 % cor­res­pond au pour­cen­tage qui était pré­le­vé aux en­tre­pre­neurs par le res­pon­sable du fi­nan­ce­ment d’Union Mon­tréal, Ber­nard Tré­pa­nier, se­lon les al­lé­ga­tions de l’an­cien or­ga­ni­sa­teur du par­ti, Martin Du­mont, à la Com­mis­sion Char­bon­neau.

« Quelles sont les bases du bud­get? Il n’y a pas de me­sures [de cor­rec­tion] qui ont été prises, seule­ment une aug­men­ta­tion de taxes », dé­plore Mme Rou­leau, qui est aus­si vice-pré­si­dente de la Com­mis­sion sur l’eau. L’exemple du dos­sier de l’eau est une bonne illus­tra­tion, la « perte de contrôle énorme à la Ville de Mon­tréal », se­lon elle.

« Dans le dos­sier de l’eau, l’ad­mi­nis­tra­tion s’était en­ga­gée à di­mi­nuer de 15 % le coût des tra­vaux* par plus de ri­gueur et de vi­gi­lance dans l’oc­troi, la sur­veillance et les mo­da­li­tés des contrats. J’ai de­man­dé à maintes re­prises à M. Ap­ple­baum de pro­duire un plan d’ac­tion, mais je n’ai ja­mais ob­te­nu de ré­ponses », ex­plique-t-elle.

Plu­sieurs vic­times sont à RDP-PAT

Le bu­reau de la mai­resse a d’ailleurs en­re­gis­tré plu­sieurs plaintes de ci­toyens qui se de­mandent « comment la ville peut aug­men­ter les taxes fon­cières, en­core une fois, avec toute la corruption qui a du­ré pen­dant des an­nées [...] Je suis to­ta­le­ment dé­goû­té » ou en­core « j’ai­me­rais sa­voir ce que je peux faire comme ci­toyen pour em­pê­cher cette hausse de taxes pré­sen­tée au­jourd’hui compte te­nu des pertes énormes que nous avons as­su­mées de­puis des an­nées dans les tra­vaux de voi­rie. » D’autres vont en­core plus loin comme un ci­toyen qui de­mande à être « rem­bour­sé pour toutes les pertes en­gen­drées ».

La mai­resse dit avoir en­ten­du le mes­sage de ces ci­toyens. « Ce sont les ci­toyens qui paie­ront pen­dant 20 ans. Ceux qui ont ache­té des mai­sons à des coûts éle­vés à cause des coûts d’in­fra­struc­ture paie­ront pour la corruption et la col­lu­sion, sur leur hy­po­thèque. Ça, c’est

« Je suis aba­sour­die et en co­lère! »

– Chan­tal Rou­leau

in­dé­cent! », s’in­digne la mai­resse. Elle fait re­mar­quer au pas­sage que puisque l’ar­ron­dis­se­ment est un en­droit où les nou­velles ha­bi­ta­tions se mul­ti­plient, ce sont ces ré­si­dents qui ont dû payer la plus grande part de la fac­ture. « Il y a des mil­liers de dol­lars in­ves­tis chaque an­née pour payer les in­fra­struc­tures des nou­veaux quar­tiers de l’ar­ron­dis­se­ment », pré­ci­set-elle.

« Nous sommes d’ailleurs à vé­ri­fier comment nous pour­rions de­man­der des com­pen­sa­tions par­ti­cu­lières pour les ré­si­dents de RDPPAT », dé­clare Mme Rou­leau.

En­voyer un mes­sage clair

La mai­resse croit que « l’élec­tion par­tielle dans RDP est l’oc­ca­sion pour les gens d’en­voyer un mes­sage clair à l’ad­mi­nis­tra­tion Trem­blay ». De plus, elle ne de­mande pas seule­ment la ré­vi­sion du bud­get. Elle va plus loin en de­man­dant la dé­mis­sion du maire Gé­rald Trem­blay et de ses conseillers. « Nous fai­sons face à un pro­blème ex­trê­me­ment im­por­tant » , af­firme-t-elle.

Mal­gré tout, l’édile as­sure faire tou­jours confiance à la plu­part des fonc­tion­naires, des élus et des en­tre­pre­neurs. « Ça de­meure une mi­no­ri­té. Je sais qu’il y a des per­sonnes res­pon­sables de fautes graves et qui se­ront ju­gées par la loi, mais la grande ma­jo­ri­té de la fonc­tion pu­blique est com­po­sée de gens hon­nêtes. La ques­tion n’est pas de condam­ner l’en­semble des gens. C’est en­core une mi­no­ri­té qui fait payer la ma­jo­ri­té », conclut Mme Rou­leau. * Rap­port du Co­mi­té de sui­vi du pro­jet d’op­ti­mi­sa­tion du réseau d’eau po­table, sep­tembre 2011.

(Pho­to: Pa­trick Des­champs)

« Je suis aba­sour­die et en co­lère », dé­clare Chan­tal Rou­leau en ré­ac­tion au bud­get 2013.

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