Ca­dillac AT

En­trée de gamme, classe mon­diale

L'Informateur - - L'ESSAI DU MOIS -

Jus­qu’ici, le mo­dèle d’en­trée de gamme de Ca­dillac (s’il en est un) de­meu­rait donc la CTS. Re­nou­ve­lée pour 2008, cette ber­line est celle qui a per­mis à la marque de brillam­ment s’illus­trer sur di­vers mar­chés, par­tout à tra­vers le monde.

En re­vanche, le pro­blème de la CTS, c’est qu’elle de­meure as­sise entre deux chaises. Plus vo­lu­mi­neuse qu’une BMW de Sé­rie 3, mais plus pe­tite qu’une BMW de Sé­rie 5. C’est donc dans l’op­tique de s’ajus­ter face au mar­ché de ses ri­vales al­le­mandes que Ca­dillac lance la nou­velle ATS, lé­gè­re­ment plus com­pacte que la CTS, qui vise car­ré­ment la clien­tèle des A4, Sé­rie 3 et Classe C de ce monde.

Men­tion­nons au pas­sage que la CTS se­ra pour 2013 en tran­si­tion, puisque la nou­velle gé­né­ra­tion se­ra dé­voi­lée en cours d’an­née comme mo­dèle 2014. Et cette der­nière se­ra plus vo­lu­mi­neuse, jus­te­ment pour mieux ri­va­li­ser avec les ber­lines de luxe in­ter­mé­diaires les plus ré­pu­tées. Pen­dant des an­nées, voire des dé­cen­nies, ja­mais on au­rait pu croire au suc­cès de Ca­dillac en de­hors des fron­tières nord-amé­ri­caines. Les mo­dèles étaient pour la plu­part soit trop tra­di­tion­nels ou car­ré­ment mal adap­tés aux mar­chés eu­ro­péens et asia­tiques. Et en ce qui concerne les mo­dèles d’en­trée de gamme, c’est en­core pire. En fait, Ca­dillac n’a ja­mais vrai­ment joué dans ce cré­neau, sauf au cours des an­nées 80 où on avait en­di­man­ché une vul­gaire Che­vro­let Ca­va­lier pour créer la Ci­mar­ron. Ai-je be­soin de vous dire quel en a été le suc­cès? Avez-vous l’oeil ai­gui­sé? Lors du lan­ce­ment mé­dia­tique de l’ATS, le ha­sard a vou­lu qu’en re­gar­dant par la fe­nêtre d’une chambre d’hô­tel, j’aper­çoive tout en bas deux Ca­dillac. La pre­mière était une ATS, l’autre, une CTS. Et croyez-moi, il fal­lait avoir l’oeil bien ai­gui­sé pour réus­sir à dif­fé­ren­cier les deux voi­tures. Les di­men­sions sont sem­blables, les lignes sont qua­si iden­tiques, tout comme les pro­por­tions. C’est réel­le­ment en s’ap­pro­chant qu’on constate que l’ATS est un peu plus à jour, avec un grille de ca­landre aus­si mo­derne que ma­gni­fique, et des traits d’une éton­nante flui­di­té.

Et bien sûr, l’ATS n’a pas l’âme aus­si amé­ri­caine dans son ap­proche, af­fi­chant un peu moins de chrome ou d’élé­ments brillants, his­toire de plaire en­core une fois da­van­tage à une clien­tèle plus in­ter­na­tio­nale.

Chose cer­taine, si la CTS avait su me char­mer lors de son dé­voi­le­ment en jan­vier 2007, l’ATS réus­sit le même ex­ploit. Qu’im­porte l’angle sous le­quel on la re­garde, elle est splen­dide. Re­haus­ser les stan­dards de qua­li­té En ou­vrant la por­tière, deux fac­teurs frappent au pre­mier coup d’oeil. D’abord, la qua­li­té de fi­ni­tion est dé­sor­mais à la hau­teur des meilleures al­le­mandes, ce qui n’était pas en­core le cas avec la CTS. Mais on constate aus­si que l’es­pace in­té­rieur est pas­sa­ble­ment li­mi­té. Te­nez-vousle pour dit, ce n’est pas une ber­line à vo­ca­tion fa­mi­liale.

Ce­ci dit, le conduc­teur est choyé par une po­si­tion de conduite des plus agréables, par des sièges bien sculp­tés, par une pré­sen­ta­tion in­té­rieure soi­gnée ain­si que par un équi­pe­ment très cos­su, à condi­tion bien sûr de se plier au jeu des options. Il faut d’ailleurs men­tion­ner que l’ATS est dis­po­nible en quatre ni­veaux de fi­ni­tion, soit Stan­dard, Luxu­ry, Performance et Pre­mium, et qu’il n’existe pas moins de six com­bi­nai­sons de teintes in­té­rieures. Ajou­tez à ce­la un choix de boi­se­ries, d’ap­pli­qués d’alu­mi­nium ou de fibre de car­bone, et vous voi­là dans une for­mule ty­pi­que­ment al­le­mande.

L’ATS pro­pose éga­le­ment le nou­veau sys­tème CUE de Ca­dillac, qui consiste en une ap­proche tech­no­lo­gique der­nier-cri. Ain­si, en plus de bé­né­fi­cier d’une très grande ma­jo­ri­té de com­mandes tac­tiles (à l’écran comme sur la console), on pro­pose une mul­ti­tude de fonc­tions na­tu­rel­le­ment très ten­dances, à l’ère des té­lé­phones in­tel­li­gents. Vous pour­rez par exemple tra­cer un iti­né­raire de tra­jet avec Goo­gleMaps sur votre por­table ou votre ta­blette, pour en­suite l’ache­mi­ner par cour­riel à votre voi­ture, qui l’in­té­gre­ra di­rec­te­ment dans votre sys­tème de na­vi­ga­tion. Et ce n’est là qu’une ap­pli­ca­tion par­mi tant d’autres.

Mal­heu­reu­se­ment, cer­tai­ne­ment com­mandes de­meurent in­uti­le­ment com­plexes à uti­li­ser. Et men­tion­nons la sen­si­bi­li­té par­fois en­ra­geante des com­mandes tac­tiles, avec les­quelles on doit sou­vent se battre pour par­ve­nir à ses fins. Comme on dit, c’est bien beau la tech­no­lo­gie, mais pour aug­men­ter le vo­lume de la ra­dio, quoi de mieux qu’une bonne vieille rou­lette? Avan­tage V6 Ca­dillac nous pro­pose d’en­trée de jeu un quatre cy­lindres de 2,5 litres de 202 che­vaux dont la puis­sance est cor­recte, dans la me­sure où vous n’êtes pas en quête de sen­sa­tions fortes. On mise tou­te­fois da­van­tage sur le quatre cy­lindres tur­bo­com­pres­sé de 2,0 litres, pro­dui­sant 70 che­vaux sup­plé­men­taires, et qui se­lon Ca­dillac, se com­pare à ce qui se fait de mieux chez la concur­rence.

Per­son­nel­le­ment, j’ai des ré­serves. Son manque de couple à bas ré­gime, sa puis­sance plus im­pres­sion­nante sur pa­pier qu’en réa­li­té et sa so­no­ri­té peu en­vou­tante me laissent sur mon ap­pé­tit. Qui plus est, il re­quiert du car­bu­rant « su­per », ce qui n’est pas le cas des autres mo­to­ri­sa­tions. Pou­vant être ju­me­lé à la trac­tion

Newspapers in French

Newspapers from Canada

© PressReader. All rights reserved.